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Avant la Covid-19 : les pires épidémies que le monde ait connues

D’ores et déjà considérée comme l’une des pandémies les plus dévastatrices de l’Histoire, la Covid-19 est pourtant toujours loin d’avoir fait autant de victimes que certaines de ses aïeules. Retour sur certaines de ces « super-épidémies ».

Avec plus de 2,6 millions de morts et presque 120 millions de personnes ayant déjà été contaminée au 18 mars 2021, la pandémie de coronavirus se fait déjà une place de choix parmi les plus meurtrières de l’Histoire, mais fait pourtant pâle figure face à celles auxquelles nos ancêtres ont dû faire face. A noter que la différence entre une épidémie et une pandémie se situe dans la zone géographique, puisque la dernière citée ne s’arrête pas à une région précise et touche le monde entier. Les pandémies sont donc toutes des épidémies, mais les épidémies ne sont pas forcément des pandémies lorsqu’elle ne touche qu’une seule zone géographique, comme la première citée dans cet article.

Les pandémies les plus meurtrières de l’histoire. / Source image : L’Influx

La peste antonine (166-189)

Apparue en l’an 166 après Jésus-Christ, la peste antonine (ou peste galénique) est responsable de 10 millions de morts au sein de l’empire romain selon les estimations les plus récentes. Cela représentait près de 5% de la population mondiale à l’époque, malgré le fait qu’elle soit restée localisée. Un chiffre considérable lorsqu’il est comparé à celui de la Covid-19 (0,033%).

Pour expliquer le début de cette épidémie considérée comme l’une des raisons ayant provoqué la chute de l’Empire romain, les sources s’accordent à dire qu’elle se déclara lors de la prise de Séleucie du Tigre par les troupes de Lucius Verus menées par Avidius Cassius en 166. Les légionnaires auraient mis à sac le temple d'Apollon à la Longue chevelure d'où se serait alors dégagé un nuage toxique. Aujourd’hui considérée comme proche de la variole, elle reste l’une des épidémies les mieux documentée de l’Antiquité.

La peste de Justinien (541-767)

Seulement quelques siècles après sa prédécesseure, la peste de Justinien est considérée comme la vraie première épidémie de peste bubonique. Ayant débutée en 541 en Egypte, cette dernière s’est répandue tout autour du Bassin méditerranéen pour s’achever en 767. Bien que très peu connue, elle est pourtant l’une des plus mortelles de l’Histoire. En commençant son déclin en 592, cette dernière pouvait malgré tout causer 10 000 morts par jour rien qu’à Constantinople.

Au total, ce sont près de 25 millions qui seraient décédés des suites de la peste de Justinien, soit 12,5% de la population mondiale de l’époque. Un pourcentage 375 fois supérieur à celui de la Covid-19. Il s’agit tout simplement de la 5ème épidémie la plus meurtrière de l’Histoire, la suite risque donc d’être encore pire.

La peste noire (1346-1353)

200 millions de morts. Ce chiffre, bien qu’étant l’estimation la plus haute du nombre de morts dues à la peste noire, est absolument incroyable. L’estimation la plus basse (75 millions de victimes) représenterait la disparition de près de 18% de l’humanité quant à celle citée plus haut… le chiffre serait d’environ 45%.

Et des chiffres impressionnants, il y en a encore beaucoup à donner. Dans le monde médiéval, la peste noire présentait un taux de mortalité égal à 100%, c’est-à-dire qu’il n’y avait aucune chance de s’en sortir vivant après avoir été contaminé. Selon les estimations les plus précises, cette pandémie aurait décimé entre 30 et 50% de la population européenne.

Cette maladie se manifestait par l'apparition brutale de forte fièvre, de maux de tête, une atteinte profonde de l'état général et des troubles de la conscience. Elle était également caractérisée par le gonflement des ganglions lymphatiques, souvent au niveau du cou, des aisselles et de l'aine (les bubons). Dans la majorité des cas, le pestiféré mourrait en quelques jours d'infection généralisée (septicémie).

Surnommée « la grande peste », elle eut d'importantes conséquences démographiques, économiques, sociales et religieuses. A l’époque, c’est tout un système qui mourut avec les hommes. Les campagnes furent ravagées, les villes se vidèrent et l’économie s’effondra. La peste noire fut une véritable calamité et provoqua même la chute de la dynastie Yuan en Chine, affecta l'Empire khmer, et affaiblit encore plus ce qui restait de l'Empire byzantin.

Le masque, la cape et les gants en cuir noirs portés par les médecins de la peste sont aujourd’hui connus de tous. Un accoutrement annonciateur de la mort. / Source image : Santé sur le Net

La variole ( ??? – 1977)

La variole est un cas particulier puisqu’il s’agit d’une maladie recouvrant beaucoup de mutations qui sévit pendant des milliers d’années. Au total, le nombre de personnes ayant été tué par la variole serait de 300 000 000 millions, un chiffre considérable, mais qui s’étant donc sur une période qui l’est également. Pour autant, cette dernière fut malgré tout dévastatrice. Jusqu’au 18ème siècle, elle était responsable de dizaines de milliers de morts par an rien qu’en Europe.

Connue pour les éruptions cutanées fulgurantes qu’elle provoquait, la variole provoquait également une fièvre violente, qui emportait les victimes avec elle. Ses origines sont toujours floues. Certaines momies datant d’il y a 3 000 ans présentent des traces de variole mais certains estiment qu’elle prend ses racines encore plus loin dans le passé. Quoi qu’il en soit, ayant été déclinée en plusieurs formes, la variole pourrait être responsable de la peste antonine évoquée plus haut et de multiples autres épidémies ayant dévastées le monde.

Eradiquée grâce à une campagne de vaccination massive organisée par l’OMS, le dernier cas de variole contracté de manière naturelle fut diagnostiqué à Merca en Somalie, le 26 octobre 1977. L'éradication globale de la variole fut certifiée par une commission d'experts le 9 décembre 1979 et déclarée officiellement par l'OMS le 8 mai 1980.

Ce cliché, pris en 1901 par le docteur Allan Warner, montre deux enfants atteints par la variole afin de prouver l’efficacité du vaccin contre cette maladie. / Source image : Pourquoi Docteur

La grippe espagnole (1918-1919)

S’étant déroulée il y a un siècle, la pandémie grippale de 2018 est aujourd’hui celle que l’on compare le plus à la pandémie de Covid-19. Pourtant, elle fut drastiquement plus dévastatrice. N’ayant durée que deux ans, elle est la plus courte de la liste mais loin d’être la moins virulente. Les estimations les plus basses lui attribuent la responsabilité de 20 à 50 millions de morts et même 100 millions selon des estimations datant de 2020.

La particularité de cette pandémie est donc d’avoir eu un aussi grand impact dans le monde Contemporain. En effet 2,5 à 5% de la population mondiale en serait donc morte et 500 000 000 millions de personnes aurait été contaminés. Cette grippe se caractérise par de la fièvre et un affaiblissement des défenses immunitaires. La plupart des victimes de la grippe espagnole mouraient de surinfection bactérienne au bout d’une dizaine de jours après les premiers symptômes grippaux.

Si elle porte ce nom c’est car l’Espagne fut le premier pays à en parler publiquement, non concernée par le secret militaire. Ayant été créée par la combinaison d’une souche humaine (H1), provenant de la grippe saisonnière H1N8, en circulation entre 1900 et 1917, et de gènes aviaires de type N1, elle se composait de la célèbre souche H1N1 qui frappa également (et dans une mesure plus légère) en 2009. Les régions les plus touchées auraient respectivement été l'Inde, la Chine, l'Europe et les États-Unis.

Hôpital d’urgence au Kansas pendant la grippe espagnole. / Source image : Flickr

La grippe asiatique (1956-1958)

La grippe de 1956 est la deuxième pandémie grippale la plus mortelle de l’Histoire après celle de 1918. Selon l’OMS, elle aurait été responsable de la mort de 1 à 4 millions de personnes dans le monde et notamment 100 000 dans l'Hexagone, soit 20 fois plus qu'une grippe saisonnière classique.

Partie de Chine (d'où son nom), le virus gagne Hong Kong, Singapour et Bornéo, puis l'Australie et l'Amérique du Nord avant de frapper l'Europe et l'Afrique. Il va muter quelques années plus tard en H3N2 pour provoquer une nouvelle pandémie en 1968-1969, surnommée « grippe de Hong-Kong ». Cette dernière marquera les débuts des premiers vaccins antigrippaux efficaces.

Le SIDA (1981-aujourd’hui)

Le syndrome d’immunodéficience acquise est le seul virus de la liste à encore être actif aujourd’hui. Originaire de Kinshasa (République démocratique du Congo), le virus du SIDA apparaît au grand jour en 1981, lorsque l'agence épidémiologique d'Atlanta, aux États-Unis, alerte sur des cas inhabituels de pneumocystose (une pneumonie rare présente chez les patients immuno-déprimés).

Le VIH n'est identifié que deux ans plus tard, en 1983, par une équipe de chercheurs de l'Institut Pasteur. Au plus fort de l'épidémie, dans les années 2000, deux millions de personnes succombaient chaque année du virus. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 36,9 millions de patients qui vivent avec le VIH grâce aux traitements antirétroviraux qui ont permis de réduire considérablement la mortalité. Cependant, à ce jour, aucun vaccin efficace n’a jamais été mis au point pour lutter contre ce dernier. Depuis son apparition, le SIDA a causé 25 millions de morts dans le monde entier, dont 70 % en Afrique. Toujours très présent dans l’esprit des gens, il est cependant moins médiatisé que depuis son pic de mortalité.

Arsène Gay

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