Divorce à l’italienne, une comédie au vitriol

Réalisé en 1961, ce film en noir et blanc, n’en est pas moins coloré par son humour. La musique est une sérénade sicilienne composée par Rustichelli, grand compositeur italien. Pietro Germi a été le chef de file de la « comédie humoristique à l’italienne ». Le film a reçu l’Oscar du meilleur scénario original en 1963. Véritable œuvre militante pour la légalisation du divorce dans une Italie étouffée par l’Eglise.

Le réalisateur

Pietro Germi n’avait connu que peu de succès avant Divorce à l’italienne. Le génie du réalisateur génois s’exprime à travers des thèmes engagés comme les problèmes socio-économiques de l’Italie d’après-guerre. Défenseur des droits humains, il critique la mafia Sicilienne ou encore les conditions de travail des Italiens. Avec ce film, il s’exprime à travers le « politiquement incorrect ». Ensuite, il continuera à dépeindre la société italienne des années 60 avec une ironie piquante. On peut citer Le Disque rouge (1956), Meurtre à l’italienne (1959) ou encore Alfredo Alfredo (1972).

Sicile, années 60, le baron Fernandino Cefalù (surnommé Féfé) n’aime plus son épouse Rosalia. Il tombe secrètement amoureux de sa cousine Angela. Seulement, le divorce est interdit par la loi. La seule option possible : le meurtre par crime passionnel. Les tribunaux étant plus indulgents envers les époux dont l’honneur a été bafoué. Il va alors tout faire pour pousser Rosalia dans les bras d’un amant afin de les surprendre en plein acte adultérin. Toute l’intrigue se déroule sur la préméditation du meurtre de Rosalia avec cynisme.

Une comédie cynique dont on ne se lasse pas

Le film met en scène Marcello Mastroiani (rôle principal de Fernandino Cefalù), Daniela Rocca (l’épouse Rosalia Cefalù) et Stefania Sandrelli (la cousine et amante de Féfé). Fernandino est un homme séduisant de 35 ans. Ses cheveux sont gominés, il porte un fume cigarette et arbore une fine moustache. Rosalia, sa femme, porte également la moustache et un monosourcil. Attachante et exaspérante, elle est tournée au ridicule. Féfé n’a que d’yeux pour Angela, ingénue de 15 ans. On ne s’ennuie pas un seul instant pendant ce film rendu comique par l’air innocent de Féfé. On rentre dans son jeu et l’on oublie qu’il prépare un meurtre. Le réalisateur brosse aussi un portrait de l’Italie archaïque des années 60. Les hommes au bistrot, les femmes à la maison, la messe du dimanche, tous ces sont clichés dépeints avec justesse et dérision. La musique sicilienne sublime l’ensemble stéréotypé. Le film se finit sur un retour de bâton, Féfé se retrouve puni par là où il a pêché.

Le divorce en Italie

Un texte de loi lunaire. L’article 587 du code pénal : « Quinconque cause la mort de sa conjointe, de sa fille ou de sa sœur dans l’acte où il en découvre la relation charnelle illégitime et dans l’état de colère déterminée par l’offense faite à son honneur est puni de 3 à 7 ans de réclusion ». Ce texte n’a été abrogé qu’en 1981. Dans le film, une femme ayant assassiné son mari pour adultère écope de 8 ans de prison, la peine maximale. Simplement parce qu’elle est une femme pauvre. Féfé est un homme et noble baron, il réussit donc à écoper de 3 ans de prison. Ici, on sent le regard critique de Germi sur le machisme des années 60.

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