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Point de vue

JOKER : UN FILM A VOIR ET A REVOIR

Au-delà d’un énième film de super-vilain à la DC Comics, c’est l’histoire d’un système qui prend un homme qui ne rentre pas dans le moule, et qui à coups de désintérêt et d’humiliations s’assure qu’il n’y rentrera plus jamais. Les images sont sombres, la musique jazzy et cinglante, l’ambiance lourde de sous-entendus politiques et sociétaux. Dans un décor des années 80, Philipps critique un système de riches qui écrase les pauvres et enterre les « différents ». Des critiques sur fond de grève des éboueurs et de crise économique qui sonnent plus que jamais d’actualité.

Arthur Fleck, clown de métier, est un homme dont le handicap provoque des crises de rires incontrôlables dans des moments inopportuns. C’est un « vieux garçon » qui essaye de s’intégrer dans une société qui ne veut pas de lui, tout en résidant chez une mère tout aussi névrosée. Loin du manipulateur sanguinaire des films précédents donc… Son évolution ratée dans une vie entre mensonges et réalités le conduit à rencontrer le présentateur d’un talk-show, incarné ni plus ni moins par Robert De Niro. Paradoxalement, c’est déguisé et sous le pseudonyme de Joker qu’il devient réellement lui-même et nous gratifie de ses danses irréelles, désarticulé à la manière d’un pantin.

 

Un film mémorable de justesse

« Le pire quand t’as une maladie mentale, c’est que les gens veulent que tu te comportes comme si t’avais rien du tout » écrit Arthur dans son carnet, un smiley en guise de O. On ne peut s’empêcher d’être mal à l’aise devant ces scènes, peut-être parce que le film sonne trop vrai… Le film secoue, questionne, indispose, et alors qu’on le commence en pensant détester Joker, on le finit en nous détestant nous-mêmes, empreints de culpabilité. Là réside le génie de Todd Philipps : nous horrifier de chaque crime commis par Arthur en même temps que nous les comprenons tous. Car le « clown prince du crime » n’est pas réduit à un simple tueur s’acharnant par plaisir, c’est l’histoire d’une lente vengeance qui suit son court. Dans ce film qui a tout du « cauchemar « américain, Phoenix est parvenu avec brio à donner de la profondeur et une réelle sympathie à un méchant de longue date, dont la folie était le seul trait de caractère. Par une performance renversante de l’acteur, le rire machiavélique du Joker s’est transformé en véritable symbole de la souffrance des marginaux, qui à défaut de pleurer de rire, rient à en pleurer.

Joaquin Phoenix, né le 28 octobre 1974 à Porto Rico, est un acteur américain. Son visage caractéristique et son investissement dans les rôles ont fait de lui un acteur très demandé à la filmographie très large. En plus de Joker pour lequel il remporte l’Oscar du meilleur acteur, vous pourrez notamment le retrouver dans trois films de James Gray : The Yards, La nuit nous appartient et Two Lovers.

Joaquin Phoenix
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