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Point de vue

Le plus savoureux des westerns spaghettis

Troisième et dernier film de la « Trilogie du dollar », le Bon, La Brute et le Truand s’inscrit de manière durable dans les grands classiques du cinéma. Sorti en 1966, ce film germano-hispano-italien, marque un tournant considérable dans l’histoire du cinéma, plus précisément celle du Western. Lassés de ce genre cinématographique depuis maintenant plusieurs années, les américains et l’Europe y reprennent goût grâce à Sergio Leone. Il nous offre ici, le meilleur opus de la trilogie. On retrouve trois acteurs au paroxysme de leur art: Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Eli Wallach, incarnant respectivement les trois rôles éponymes du film. Alors que la guerre de Sécession bat son plein, nos trois héros aux parcours bien différents, un chasseur de primes, un tueur et un bandit, partent à la recherche d’un trésor enfoui par un soldat sudiste. Sublimé par la bande originale mythique du compositeur Ennio Morricone, les trois heures de film passent inaperçues et ne manquent pas de faire vibrer les petits mais surtout les grands.

La renaissance d’un genre cinématographique

Les choix scénaristiques de Sergio Leone et de Luciano Vincenzoni mettent en lumière l’antithèse du héros dépeint dans les Westerns. On retrouve trois anti-héros qui ne reculent devant aucun combat qu’ils rencontrent. « Le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent, toi tu creuses », réplique culte de Blondin censé incarner le Bon, à Tuco, le bandit crédule et cupide. Cette phrase incarne l’idée même du western italien: il n’y a jamais de méchant ou de gentil, mais des êtres humains. C’est aussi le leitmotiv que l’on retrouve en second plan entre sudistes et nordistes. Une guerre civile entre plusieurs états fractionnés, instrumentalisée de manière cynique par nos trois personnages motivés par une seule chose: les 200 000 dollars cachés. Les longs silences et les plans séquences étirés, rien n’est laissé au hasard ou à l’esthétisme pur, les images parlent d’elles-mêmes lorsqu’il s’agit de montrer les horreurs de la guerre. On se souviendra aussi de scènes grandioses comme le duel final qui opposent les trois malfrats à un jeu de regard à en donner le tournis, accompagnée d’une palpitante mélodie qui restera immuable.

Tout simplement, ce film incarne à la perfection le Western moderne, un véritable monument du cinéma que l’on ne se lasse jamais de revoir, malgré les années qui passent.

Si l’on pense surtout à Blondin, Tuco et Sentenza en regardant le film, il faut aussi s’intéresser aux figurants. Le film fut tourné en Espagne, sous l’occupation franquiste dans les années 1960, avec l’assistance de l’armée espagnole. Plus de 1500 soldats locaux participèrent aux tournages mais aussi à l’élaboration des décors, comme la fameuse scène du pont ou encore le cimetière factice dont les traces perdurent encore aujourd’hui.

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