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Les années folles ou la renaissance féminine

Le 2 octobre 1925, le public du Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, découvre une silhouette à la démarche extravagante. Vêtue d’une simple ceinture de plumes, Joséphine Baker fait sensation dans la salle. Elle danse le charleston et multiplie les gestes provocants. En seulement deux soirées, elle devient une figure incontournable du tout-Paris. Ce statut lui confère une place parmi les plus grands. Le 30 novembre, elle entrera au Panthéon. Une décision prise par le Président de la République, Emmanuel Macron le 21 juillet dernier. Danseuse, actrice mais aussi militante, cette américaine de vingt ans est le symbole de la femme libre qui s’affirme lors des années folles dans une société changeante.

La mode se réinvente

Les grands créateurs veulent libérer le corps féminin. On troque les corsets et les chignons bien serrés pour les décolletés et les jupes qui dévoilent les genoux. Les femmes portent des pantalons, autrefois « réservés aux hommes ». Elles fument, conduisent, et se maquillent même en public. Paul Poiret, grand couturier, conçoit de belles robes droites pour habiller les Françaises tandis que Coco Chanel découpe les jupes pour redessiner une nouvelle silhouette à cette femme des années folles. L’émancipation de la française dans la société commence chez le coiffeur. La coupe à la garçonne est l’un des grands symboles des années 20. Dans son livre Les Garçonnes, l’historienne Christine Bard explique ce que symbolise cette coupe de cheveux qui « rejette la féminité traditionnelle » et « échappe aux bornes érigées par les conventions sociales ».

Le quotidien se transforme

Après avoir remplacé l’homme dans les usines tout au long de la Première Guerre mondiale, les femmes s’affranchissent de leurs chaines. Elles enfilent une culotte bouffante pour pratiquer des sports culturellement réservés aux hommes. Le rugby, l’athlétisme, la boxe, ou encore l’haltérophilie, la gent féminine s’essaie à toutes ces activités, mais cela reste mal vu. Les boxeuses sont critiquées. Elles ont l’image d’une femme qui ne se respecte pas, presque d’une prostituée. Sur la scène, la française rayonne. Le plancher du Moulin Rouge vibre sous la voix de Mistinguett tandis que le quartier Montparnasse s’anime avec la présence de Kiki de Montparnasse. Habillée de son célèbre pagne banane, Joséphine Baker enflamme le Théâtre des Champs-Elysées dans le spectacle musical La Revue Nègre. A l’heure des années 20, les femmes bousculent les codes et s’affirment dans une société qui se modernise.

Suzanne Lenglen, joueuse de tennis française, 1924
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