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Montjoie Saint-Denis !


Si passez devant mien logis, est fort possible que vous ouïssiez ce cri... Ne pensez pas que je suis en train de gifler mon banquier. Plus sûrement, je m'apprête à mener la contre-attaque dans une bataille de polochon, ou je me donne du coeur à l'ouvrage avant d'attaquer le ménage, ou une couche débordante particulièrement menaçante.

Le cri de guerre est attesté dans différentes civilisations à un peu toutes les époques. Les hommes en armes le poussaient pour monter à l'assaut, se repérer dans la bataille et surtout se donner du coeur au ventre devant les lames ennemies.

Un Mont Joie est le point d'où, après une marche mystique et souvent pleine d'épreuves, le pèlerin apercevait pour la première fois le but de son pèlerinage. On peut s'amuser à imaginer que le Mont joie de Saint-Denis était il une colline alentour du Stade de France ou plutôt de l'Université Paris VIII.

« Montjoie Saint-Denis ! » n'est pas comme le colporte France Culture « le cris des chevaliers aux croisades » (leur cri était Deus Vult ! Dieuleveut), mais le cri de guerre des rois de France, attesté depuis au moins la Bataille de Bouvines (dont je vous parlais justement) et sur tous les champs de bataille où combattent le roi et nos ancêtres les chevaliers français.

Il fait référence au symbole sacré et au territoire de la Basilique de St Denis, riche et très importante pour la famille royale puisque tombeau de ses ancêtres. On peut deviner que c'est toute la force des ancêtres guerriers, les mânes et l'histoire, St Denis le protecteur de la France ainsi que les souvenirs du fief lointain que l'on convoquait, comme par un rituel initiatique avant une bataille (songez aux hymnes nationaux avant le match ou mieux au haka des joueurs néozélandais). Sauf l'intensité dramatique que l'on laisserait le jour même, ou des compagnons chers, la vie.

Montjoie convoque aussi d'autres souvenirs, parfois légendaires, mais peu importe au temps médiéval, l'essentiel c'est qu'ils soient présents dans les esprits pendant la bataille. Clovis et la bataille au Mont Joie de St Denis justement ou Charlemagne et son épée du sacre appelée aussi... Joyeuse.

Il n'est pas douteux que dans les mentalités merveilleuses du moyen-âge, l'adversaire ne voyait pas seulement débouler des lances et des épées, mais toute cette forêt de symboles qui faisaient le prestige du Roi de France. Ainsi entendre le cri d'une autre meute d'assaillant ne devait pas faire le même effet. Un peu comme à nos époques profanes, au Stade de France l'adversaire voit dans les deux étoiles d'or sur fond de maillot bleu, un message de domination envoyé par l'équipe de France.

C'est à l'Abbaye de Saint-Denis que le roi, partant pour la guerre ou la croisade, venait se recueillir et c'est là qu'il prenait possession de l'oriflamme de Saint-Denis qui y était conservé en temps de paix par l'évêque. Cette bannière était l'un des plus puissants symboles d'alors. Sa couleur rouge (photo), celle du feu et de l'énergie du Dieu Mars, n'est pas sans évoquer, la révolte et le superbe Drapeau Rouge dont on sait que les Communards revendiquaient la descendance puisque « les révoltés du moyen-âge l'ont arboré sur main beffroi. »

A noter que l'étendard du roi était BLEU, que l'étendard de Jeanne d'Arc était BLANC comme les lys aussi, et que l'oriflamme de Saint-Denis était ROUGE... Trois couleurs que l'on était appelé à revoir - rien ne se perd, tout se transforme - au cri de guerre de « Vive la Nation » à Valmy.

En appelant sur lui les forces de l'histoire, « le Régicide » voulait sûrement se donner du courage, mais aussi signifier que de part sa tension avec le peuple, ce président était hors des valeurs de l'histoire de France.

Plus joyeusement, nous autres, joueurs du plus magnifique jeu qui soit, celui de FIEF, nous crions aussi « Monjoie Saint-Denis ! (sus au Bourguignon !) » quand l'occasion se présente avec nos compagnons sans molester qui que ce soit. Mais à l'adolescence j'avais choisi pour mon cri : « Notre-Dame - Cité ! », référence à mon quartier mais aussi voulant dire « Ma Dame et ma ville (Paris) » Et vous, quel est le vôtre ?

Langlois-Mallet

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