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Restitution d’œuvres d’art : un trafic international qui mène au Louvre.

Adrien Courbet Par Adrien Courbet
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Restitution d’œuvres d’art : un trafic international qui mène au Louvre.

C’est un total de 74 œuvres d’art qui ont été restituées à l’Égypte et à l’Italie ces derniers jours. Elles ont été retrouvées pour la plupart d’entre elles au sein du prestigieux Metropolitan Museum of Art (MET) de New York. Ces restitutions sont le fruit d’un long travail d’enquête qui a permis de faire la lumière sur un trafic international d’antiquités. La mise en examen de l’ancien directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez, est directement liée à cette affaire.

Après une cérémonie avec le consul général d’Égypte, le procureur de l’État de New York, Alvin Bragg, a annoncé la restitution au peuple égyptien de 16 antiquités. D’une valeur établie à 4 millions de dollars, la plupart de ces œuvres avaient été saisies au MET au printemps dernier. Lors d’une cérémonie similaire, quelques jours plus tôt, 58 œuvres de l’Antiquité romaine ont, quant à elles, été restituées à l’Italie, dont 21 saisies au MET, pour une valeur marchande estimée à 19 millions de dollars.

Depuis deux ans, la justice américaine mène une vaste campagne de restitution d’antiquités pillées dans le monde. Entre 2020 à 2021, près de 700 pièces ont été rendues à 14 pays, dont le Cambodge, l’Inde, le Pakistan, l’Égypte, l’Irak, la Grèce ou l’Italie. Des pays fragilisés par des guerres ou des soulèvements de populations sont des cibles privilégiées pour les trafiquants. Ainsi, l’Égypte a été littéralement spoliée de ses antiquités durant les manifestations du Printemps arabe en 2011. Ses richesses archéologiques se retrouvent disséminées au quatre coins du globe.

Des antiquités détenues par des collectionneurs.

Si une partie des œuvres se trouvait dans différents musées, une grande part des pièces anciennes était aux mains de collectionneurs peu scrupuleux et encore moins regardants sur la provenance des objets en question. Selon le procureur Alan Brigg, « l’un des plus grands collectionneurs d’art ancien au monde », Michael Steinhardt, détenait une grande partie des œuvres restituées dernièrement. Cet octogénaire new-yorkais a été contraint par la justice — en contrepartie d’une immunité — à restituer 180 antiquités qui provenaient de pillages et de vols. L’estimation de l’ensemble s’élevait à plus de 70 millions de dollars.

Outre-Atlantique, c’est en France que cette affaire a eu des répercussions. Les ramifications tentaculaires de cette enquête ont conduit à la mise en examen du directeur du Louvre pour « complicité d’escroquerie en bande organisée et blanchiment », selon le parquet de Manhattan. Il est en outre accusé d’avoir fermé les yeux sur les faux certificats d’acquisition des œuvres, édités par l’un de ses proches au sein d’une agence privée, France Muséums.

Adrien Courbet

Le fait passé sous presse

Adrien Courbet

Adrien Courbet a été technicien de maintenance ferroviaire avant de reprendre des études de journalisme à trente ans. Il suit les transports, l'actualité et le sport pour Encrage, avec une attention particulière aux chantiers d'infrastructure. Il compare souvent la date annoncée d'une mise en service avec celle qui finit par être tenue. Il supporte le club de rugby de sa ville natale.