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Le retour de Sophie Pétronin au Mali suscite l'incompréhension de la classe politique

Un peu plus d’un an après sa libération en échange de la libération de 200 jihadistes, l’ex-otage d’Aqmi au Mali, Sophie Pétronin serait revenu en Afrique. En effet, une note interne de la gendarmerie malienne publiée le 30 octobre demandait ”à toutes les unités” de l’appréhender et de la ramener “sous bonne escorte” à Bamako. Le signe donc que la travailleuse humanitaire est retournée dans le pays, et ce, en dépit de l’opposition ferme des autorités françaises. D’après plusieurs médias, Sophie Pétronin a rejoint Bamako en passant par le Sénégal en bus. Elle serait retournée au Mali pour revoir sa fille adoptive. À l’issue du Conseil des ministres qui s’est tenu ce matin, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a confirmé le retour de Sophie Pétronin au Mali comme annoncé par plusieurs médias ces derniers jours.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce retour n’est pas du goût de la classe politique française. Gabriel Attal a dénoncé “une forme d'irresponsabilité vis-à-vis de sa sécurité, mais aussi vis-à-vis de la sécurité de nos militaires”. Selon Mediapart, l'ancienne otage est retournée au Mali en mars dernier mais Gabriel Attal n'a pas souhaité faire de commentaires à ce sujet. “Lorsque nous avons des ressortissants qui sont pris en otage à l'étranger, ce sont nos militaires qui vont les secourir au péril de leur vie. Nous avons des soldats qui ont été tués dans le cadre d'opérations pour aller secourir des otages qui avaient été faits prisonniers dans des pays étrangers”, a souligné Gabriel Attal, tout en demandant du “respect pour nos soldats”. Selon lui, le Quai d’Orsay suit de très près la situation de l’ancienne humanitaire âgée de 76 ans.

Du côté de l’opposition, même son de cloche : "Ce comportement n'est pas seulement irresponsable et ingrat, il est indécent et indigne", a dénoncé sur Twitter Marine Le Pen. "200 djihadistes ont été libérés pour sauver Mme Pétronin de sa captivité. Ces ennemis de la France ont pu reprendre les armes contre nos soldats qui exposent leur vie pour notre sécurité". "Irresponsable, surtout lorsqu'on sait que nos soldats ont mis leur vie en jeu pour la retrouver ? Le syndrome de Stockholm n'excuse pas tout", a regretté, également sur Twitter, le président du RN Jordan Bardella. À gauche, les propos sont plus modérés, mais ce retour demeure incompréhensible : "Je dirais à tout le moins, que ça laisse circonspect, dans une forme d'incompréhension", a-t-il commenté sur Sud Radio.

En octobre 2020, sans véritable consultation avec Paris, le nouveau régime malien avait décidé de libérer plusieurs dizaines de prisonniers arrêtés pendant des opérations antijihadistes, contre 4 otages dont la Française Sophie Pétronin. L’humanitaire française avait été enlevée à Gao par un groupe de djihadistes associé à Al-Qaïda. Après près de quatre ans de captivité, elle est libérée le 8 octobre 2020 ; elle était alors la dernière otage française dans le monde.

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