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Interview

Maité, plasticienne de la reliance universelle

Maité est assise près d’un arbre, son oeuvre au dessus d’elle. Nous sommes au festival Prise de Terre ! Pour montrer ce dialogue des arbres, l’artiste a rendu visible la géométrie du vivant. Il y a autour de nous une structure ADN de papier, la seconde vie des livres, les mots se sont échappés de leurs formes rectangulaires, pour une autre lecture de leurs histoires. Cette sculpture est à la jonction du monde scientifique et artistique, elle est la matérialisation de ce qui nous constitue, de ce que l'humanité partage avec le monde végétal, l’ADN. La structure aérienne rend visible la civilisation des arbres. A cet instant, le secret de la clairière se dévoile aux yeux humains, l’oeuvre sensible incite à la redécouverte du vivant. Cette matière utilisée s’inscrit dans un cycle, les livres sont réemployés, pages par pages. Le papier est le support des messages que l’on voit seulement au microscope: un récit qui s’écrit sous nos yeux pour un autre rapport au végétal. Nous pouvons en tant que spectateur nous déplacer lire les mots enroulés, nous pouvons nous inscrire dans un espace, dans une temporalité différente.

"On a une subsistance de la force de la vie”. Maité

La constance de son travail est l’analyse des oeuvres organiques, un rappel des architectures cellulaires communes à tout ce qui fait la vie. Maité construit les ponts nécessaires à la compréhension du monde, elle nourrit sa créativité de connaissances scientifiques, tant par ses lectures que par ses fréquentations. Son interprétation se matérialise avec l’usage des formes géométriques, graphiques, le langage mathématique commun l’inspire. Les approches sont similaires : artistes et scientifiques sont doués d’une audace, capables d’investigations, de déductions, elle y ajoute la poésie. Par le glissement d’une dimension à une autre, la plasticienne contribue à l’éveil d’une conscience sensitive globale. De l’invisible au visible, seule la transformation de la matière rend cela possible. Cette dimension écologique et artistique, elle l’a développée très tôt, forgée tout au long de sa vie. Sensible à la dégradation de nos environnements, ses oeuvres sont des objets révélateurs, elle utilise la matière, la réemploie. Les couleurs de la Terre s'immiscent dans ces tableaux structurés. L’artiste nous raconte chaque jour la transformation du vivant, sa fragilité, son importance pour que nous puissions à notre tour leurs prêter attention. Je vous invite à découvrir cet art visuel fortement universel :

https://maitevilarartiste.wixsite.com/atelier

Merci Maité.

Géa le 16 septembre 2020 au Festival Prise de Terre.

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