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Point de vue

Que retenir de la série Obi-Wan Kenobi ?

“Au secours Obi-wan, vous êtes mon seul espoir !” À l’instar de Leia Organa dans l’épisode IV de Star Wars, beaucoup de fans de la franchise étaient désemparés après le fiasco de la série Boba Fett et attendaient avec impatience le retour du plus cool des jedis : Obi-Wan Kenobi. Il faut dire que le projet était des plus ambitieux. Faire revenir les acteurs de la première heure en les suivant 10 ans après les événements contés dans la Revanche des Sith, de quoi titiller l’aspect nostalgique des amoureux de la postlogie. Attention, spoilers... 

"C'était l'occasion de faire une histoire de Star Wars différente. Sortir un personnage d'une grande franchise et ensuite prendre le temps de l'explorer, pour aller beaucoup plus loin avec ce personnage",  décryptait, il y a quelques semaines, Deborah Chow, la réalisatrice de la série. Un projet ambitieux sur l’un des personnages les plus appréciés de la franchise. 6 épisodes plus tard, le sentiment est partagé. Oui la série de Disney + aura réussi à refaire émerger en nous cette petite nostalgie qui nous habite mais le sentiment de frustration semble avoir pris le pas. Rythmes inégaux, grosses facilités scénaristiques ou des personnages secondaires pas assez exploités, la série Obi-Wan Kenobi ne déroge pas à la règle de son prédécesseur: Boba Fett. Comment ne pas aborder cette course-poursuite ridicule entre la princesse Leia et ses ravisseurs au cours de l’épisode 2, tout droit sorti d’un nanar. Bloqués par des branches, les ravisseurs mettent plus de 5 min à l’écran à capturer la jeune enfant sans défense. Un manque cruel d'idées qui symbolise toutes les faiblesses de la série, bloquée elle-même par son propre projet. Au-delà des facilités scénaristiques, le manque de poids des personnages secondaires est à souligner. Les Haja Estree, Roken ou Tala sont trop peu développés à l’écran pour que les spectateurs s’attachent à eux. La mort de Tala est la parfaite représentation des problèmes de la série à développer les alliés d’Obi-wan dans la série. On ressent très peu d’émotion à son sacrifice. La seule qui arrive à sortir du lot est Leia Organa, jouée par Vivien Lyra Blair. La jeune actrice américaine est parfaite dans ce rôle, impulsant une vraie relation entre Obi-Wan Kenobi et Leia Organa. Non seulement, cela aide la princesse Leia à être une partie importante de la série mais surtout à de nouveau établir un duo qui rappelle singulièrement celui de la série The Mandalorian : Din Djarin et Grogu. 


 

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Retour aux sources 

Si certains de ses défauts sont aussi grossiers, c’est que les qualités de la série les soulignent encore plus. Depuis le premier épisode, les fans n’attendent qu’une seule chose, les retrouvailles entre le maître et son ancien padawan. Véritable armageddon dans la postlogie, le combat entre Obi-Wan Kenobi et Anakin Skywalker sur la planète Mustafar reste une scène culte pour toute une génération de fans de la guerre des étoiles. Assister de nouveau à cet affrontement était donc le paroxysme que pouvait offrir la série aux spectateurs. Un combat mûrit au fil des épisodes entre cuves à bacta et flashbacks à Coruscant pour nous amener aux retrouvailles entre le maître et son ancien padawan. Des scènes malheureusement trop peu présentes dans la série qui auraient pu apporter encore plus de profondeur à la relation remplie d’amour, de rancœur et de tristesse entre Obi-Wan Kenobi et Anakin Skywalker. Si leur première rencontre, dans une nuit sombre où scintillaient dans l’obscurité les sabres lasers de nos deux protagonistes, a laissé un goût amer, leur deuxième rencontre est d’un autre niveau. La série arrive enfin à nous fournir de vraies émotions à travers le combat et nous fait oublier quelques instants son écriture parfois inégale. La rédemption d’Obi-Wan Kenobi face à Dark Vador permet d’offrir aux spectateurs quelques scènes épiques même si la photographie de la série laisse encore à désirer… 


 

Dark Vador à son apogée 

Au-delà de leurs affrontements, c’est un Dark Vador au sommet de son art qui met tout le monde d’accord. Chacune de ses apparitions est parfaite, dans la continuité de ses dernières scènes dans le film Rogue One ou dans le jeu Fallen Order. On ressent parfaitement le sentiment de toute-puissance du personnage. Ce n’est pas encore le Dark Vador sûr de lui qu’on connaît dans la trilogie originale mais un seigneur Sith attaché à son passé et déterminé à détruire son ancien maître. La fin de l’épisode 3, rappelle sa volonté de faire souffrir Obi-Wan Kenobi, sous fond de remake de la fin de La Revanche des Sith. Les rôles sont échangés cette fois et la mise en scène de Déborah Chow propose une partition sobre mais brutale de la douleur que subit le jedi dans le feu face à un Dark Vador impassible aux hurlements de son ancien maître. Plus le temps avance, plus on se dit que Disney aurait dû appeler la série Vador tant sa présence pèse sur le reste. Dark Vador fait oublier à lui seul les inquisiteurs, les autres antagonistes de la série, et renforce encore plus la sensation du plus grand méchant de la franchise. À noter tout de même, la performance de Reeva, incarnée par l’actrice Moses Ingram, qui aura essayé tant bien que mal de représenter une véritable menace à Obi-Wan Kenobi et ses alliés. Ce qui fait la force de Reeva dans cette série, c’est sa place dans la hiérarchie des protagonistes. Ni du côté des méchants, ni du côté des gentils, elle est une justicière à la recherche de sa bénédiction personnelle. Une quête aux allures de rédemption pour l'ancien padawan trahi par ses semblables au cours de l’Ordre 66 exécuté dans le Temple Jedi de Coruscant. Malheureusement, sa quête de vengeance se heurte  à l’évolution de la série qui laisse peu de place au développement d’autres intrigues que celle entre Obi-Wan Kenobi et Dark Vador.


 

Sous fond de frustration et de nostalgie, la série d’Obi-Wan Kenobi aura réussi tout de même à nous laisser envoûter une fois de plus dans la Force. Le pari est certes réussi mais montre, une nouvelle fois, les limites des nouvelles productions Star Wars. À trop vouloir respecter l’univers de George Lucas, la saga risque de faire suffoquer ses spectateurs par son fan-service. 


 

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