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L’Europe à la recherche d’une énergie nouvelle

La flambée des cours du gaz et du pétrole ont confirmé une réalité qui semblait s’être estompée alors que faisait rage l’épidémie de covid-19 mais sans pour autant totalement disparaître : la dépendance de l’Europe du point de vue énergétique. La faiblesse de la consommation pendant la pandémie avait relégué la question au second plan. Mais la reprise de l’activité et de la croissance notamment chinoise a relancé le débat non sans un certain cynisme. S’abreuvant de gaz russe (lesechos.fr : https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses), et s’exposant par la même aux caprices de Vladimir Poutine qui use de la question énergétique comme levier d’influence géopolitique, victime de la hausse des cours du pétrole à l’échelle mondiale, prise en otage par les pays producteurs de pétrole (OPEP) tous aussi attachés que la Russie, qui fait d’ailleurs partie de l’OPEP, à l’influence que génère la production et la vente de pétrole, l’Europe se retrouve aujourd’hui acculée et obligée de recourir à des solutions internes coûteuses pour amortir l’emballement des cours. En France, chèque énergie, allègement des taxes et autres solutions existantes ou à venir sont désormais avancées pour éviter tout ralentissement économique dû à une facture énergétique trop lourde libellée en dollars et non euros.

Transition et impulsion

Pour autant, passé ce constat qui relève plus du leitmotiv que de la proposition de solutions, il convient désormais de s’interroger sur la position de l’Europe face aux producteurs d’énergie dans un contexte de transition énergétique et écologique acté. D’aucuns avancent que le nucléaire présente tous les atouts pour assurer une transition réussie tout en s’affranchissant des fluctuations des énergies fossiles. Certes mais que faire des déchets nucléaires, véritables poisons, dans tous les sens du terme ? L’éolien ? Là encore des levées de boucliers sont à craindre car bien qu’efficaces, les éoliennes se révèlent bruyantes et seulement adaptées à de faibles concentrations de populations. Reste l’hydrogène. Inépuisable, facilement concevable productible et sans résidus carbonés dans l’atmosphère, il se présente comme une solution miracle mais les chaînes de fabrication susceptibles d’en accueillir ne sont en rien encore adaptées et sont loin de l’être tant qu’une impulsion globale ne sera pas donnée dans ce sens. Esseulée dans la compétition énergétique et désarmée face à des Etats-Unis peu enclin à se lancer dans la bataille, face à une Russie et des pays producteurs de pétrole qui voient là l’opportunité de s’affirmer et d’exister à l’échelle internationale dans le jeu géopolitique, l’Europe est contrainte de subir une situation pour l’heure insoluble si aucune solution pérenne de substitution n’est pas trouvée dans les années à venir.

Influence et divergences

Perdant par la même une partie de sa crédibilité et de son influence, déjà l’une et l’autre faibles, à l’échelle mondiale, l’Europe se révèle bien plus passive qu’active sur ce dossier pourtant crucial au carrefour de l’économie, de la diplomatie et de la géopolitique. Sauf à imaginer une remise en question mondiale des intérêts de chacun au regard de la question énergétique, il est peu probable que l’Europe en devienne un acteur majeur. Avancer, comme le fait actuellement le président de la République, Emmanuel Macron, la solution nucléaire renvoie à des problématiques obsolètes de plus de quarante ans alors que la situation appelle à se projeter vers des solutions d’avenir elle-même discutables (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/18/) Et évoquer une remise en question mondiale des intérêts de chacun au regard de la question énergétique supposerait que soit aplanies toutes les divergences politiques, financières et diplomatiques qui éloignent les acteurs du marché de l’énergie. Ainsi, la dépendance énergétique de l’Europe n’est en réalité que l’arbre qui cache la forêt d’une impérieuse décarbonation de l’économie mondiale et ce dans les meilleurs délais. Poussés par cette nécessité désormais acquise, les pays producteurs de pétrole, de gaz ou de charbon entretiennent des cours élevés certes à des fins de rentabilité immédiates mais aussi à long terme, qui par procédé capitalistique d’accumulation, permettra de financer leur propre transition énergétique. Or, à cette heure, la question qui se pose n’est pas tant de savoir qui financera la transition énergétique mais plutôt qu’elles solutions seront à financer. Et pour l’instant….

 

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