Depuis plus de dix ans, les Palestiniens étaient interdits de baignade sur le littoral de Gaza du fait des eaux trop polluées. Après un long travail d’assainissement, les Palestiniens peuvent enfin retourner nager.
Pouvoir se baigner en temps de guerre
Malgré les roquettes qui atterrissent de temps à autre dans la mer Méditerranée, enfants comme adultes profitent d’ores et déjà de la réouverture du littoral. 97% de l’eau disponible à Gaza n’est pas potable, les usines de traitement peinant à remplir leurs fonctions avec les restrictions israéliennes. C’est ainsi que les eaux usées non traitées se déversent dans la Méditerranée, aggravant la situation. Il y a quelques mois, trois nouvelles stations d'épuration sont sorties de terre et un processus concret d’assainissement a été lancé. L’une d'entre elles a été financée par l’Allemagne et traite désormais 60 000 mètres cubes d’eau par jour. Dorénavant, l’enclave où vivent 2,3 millions de Palestiniens épure à 95% ses eaux usées avant de les réintroduire dans l’environnement.
La pollution maritime à son plus bas niveau à Gaza
Jamais le littoral n’a été aussi propre, et 65% de ce dernier est désormais accessible aux baigneurs. Toutes ces réussites sont l'œuvre de l’ONG EcoPeace Middle East, regroupant des Jordaniens, Israéliens et Palestiniens sur le projet. Soixante tonnes de déchets quotidiens auparavant déversés dans la mer sont aujourd’hui récupérés et traités, mais les solutions trouvées pourraient être de courte durée. Si les pompes des stations d’assainissement se détériorent et doivent être remplacées, Gaza devra négocier avec Israël l’importation de chaque pièce. Israël interdit l’importation de produits “à double usage” qui pourraient être utilisés par le Hamas, et cela inclut également les matériaux de construction.
Maud Baheng Daizey
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