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Le plastique, au menu des industriels pour combien de temps ?

Zéro progrès”, le bilan du mouvement Break Free From Plastic.

Les équipes de Break Free From Plastic passe au crible des déchets plastiques abandonnés et livre ses conclusions dans son troisième rapport d’audit des marques, paru début décembre. À l’aide d’un réseau de bénévoles actifs dans plus de 50 pays, 475 000 emballages plastiques abandonnés sont collectés puis analysés. L’objectif ? Répertorier les entreprises à l’origine de ces déchets en recensant pour chaque détritus collecté le nom de la firme qui se cache derrière.

À l'issue de ce grand tri, le classement est établi : Coca-Cola, PepsiCo, Nestlé sont les trois groupes en tête de course. Le géant du soda derrière lequel se cache entre autres, les bouteilles de Coca, de Sprite et de Fanta, conserve la première place pour la troisième année consécutive et sans la moindre perspective d’amélioration selon le collectif. Ce palmarès n’est pas surprenant puisque le groupe produit 200 000 bouteilles par minute [1] , soit 108 milliards de bouteilles par an. Avec cette cadence et selon The Guardian, la multinationale est responsable d’un cinquième de la production mondiale de bouteilles en PET (poly téréphtalate d'éthylène, plastique pétro-sourcé).

Gouvernement, capitaine d’industrie et consommateur, une responsabilité partagée ?

En France, le gouvernement inaugure de nouveaux dispositifs, souvent jugés insuffisants d’un côté et irréalistes de l’autre. La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire votée en 2020 en est un exemple. Malgré le grouillement des lobbies du plastique, l’interdiction des plastiques à usage unique sera pour 2040 et, mesure centrale pour les embouteilleurs, une réduction de 50% des ventes de bouteilles en plastique est prévue dans les dix prochaines années.

Avec le souci de verdir son image, Coca signe le Pacte national sur les emballages plastiques et s’engage à rendre 100 % des emballages recyclables en 2025. Dans la même lignée, la marque fait la promotion de sa nouvelle bouteille composée à 25 % de déchets marins recyclés, conformément au taux qu’exige l’Union européenne pour 2025. Malgré tout, Bea Perez,  responsable en développement durable du groupe, soutient pour la BBC que les clients ne veulent pas se passer de cette bouteille en plastique, légère et pratique, en ajoutant que « les affaires ne seraient pas les affaires si on ne peut pas contenter les consommateurs ».

Qu’en est-il justement des consommateurs ? D’après WWF, nous ingurgitons l’équivalent d’une carte de crédit en plastique chaque semaine. Lassés de cette alimentation non-désirée, la demande pour un modèle de consommation déplastifié se renforce. L’explosion des ventes de gourdes confirme la tendance, l’enseigne Décathlon se réjouit d’une augmentation de 28% des ventes en 2019. Un récent sondage de l’IFOP montre également que tous les voyants sont au vert du côté des français : 88% d’entre eux seraient favorables à l’interdiction des produits et emballages plastiques non recyclables et à la mise en place d’un système de consigne pour permettre le réemploi des bouteilles et des emballages.

[1] Fondation Ellen MacArthur

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Commentaires

Billon (non vérifié) , jeu 17/12/2020 à 15h45
Très juste, il est temps de faire quelque chose
FOUQUET (non vérifié) , mar 12/01/2021 à 19h16
A quand l'interdiction pur et simple de produire de nouveaux plastiques issu de la pétrochimie, on n'en peut plus, non mais! une carte de credit par semaine, barbie is fantastic, you are sure!!!
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