Rubrique
Point de vue

Les terres rares, enjeu géopolitique et économique majeur !!

   Les terres rares sont devenus un enjeu géopolitique et économique majeur, ils sont essentielles au développement des technologies de pointe (notamment le domaine militaire) et indispensables aux techniques de bas carbone (aimants turbines éoliennes) mais inégalement réparties sur la planète et difficiles à produire, les terres rares sont devenues une source de tensions géopolitiques et économiques.

S'il est possible de trouver des minerais aussi rares dans diverses parties du monde, mais qu'il est très difficile pour les pays d'avoir des réserves à forte concentration ou d'avoir la capacité d'extraire ces métaux, c'est ce que fait la lutte pour les contrôler et les posséder entre les deux forces économiques les plus puissantes : la Chine et les États-Unis. Bien que l'équilibre soit plus probable pour la Chine qui est la force dominante sur le marché de ces minerais, elle contrôle les chaînes d'approvisionnement en devenant le plus grand producteur et exportateur dans le monde.

Les réserves de terres rares sont détenues à plus des trois quarts par trois pays seulement – La Chine, le Brésil et la Russie – sans pour autant être aussi concentrées que la production minière de terres rares. En 2017, l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS) évaluait à 120 millions de tonnes les réserves de terres rares dans le monde, dont 44 millions en Chine (la plus grande réserve au monde), 22 millions au Brésil, et 18 millions en Russie. Des réserves importantes sont également comptabilisées en Vietnam et en Inde. 

L’Union européenne se lance aussi dans la course, l’alliance européenne pour les matières premières (Erma), lancée par la Commission européenne en 2020, a identifié 14 projets d’extraction ou de recyclage des terres rares en Europe. De quoi assurer 20 % des besoins européens à moyen terme.

L'US Geological Survey estime que Pékin contrôle plus de 90 % de la production des terres rares à cause de la baisse des coûts de main-d'œuvre et des réglementations environnementales moins strictes en Chine. 
 
Ce qui a incité les États-Unis à intensifier leurs efforts pour mettre fin à la domination chinoise du marché de ces minerais, en prenant de grandes mesures, pour faire progresser la chaîne d'approvisionnement de terres rares et de développer des alternatives à l'extraction de ces éléments car la production américaine de ces minerais est d'environ 38 000 tonnes métriques, soit 16 % de sa production.

Jusqu'à la fin du siècle dernier, le terme de terres rares n'était pas familier aux non-spécialistes des domaines de la chimie et de la géologie et de l'ingénierie, mais avec l'avènement de la technologie moderne, ces matières minérales très spéciaux ont pris de l'ampleur en raison de leurs propriétés uniques et de leurs utilisations importantes. 

  • Et s'il est vrai que ces minerais ne sont pas vraiment rares comme leur nom le paraît, l'US Geological Survey indique qu'ils sont « relativement abondants dans la croûte terrestre ».
  • Certaines terres rares sont moins abondantes que d’autres. On distingue de cette façon les terres rares légères produites en plus grandes quantités (le néodyme par exemple) et les terres rares lourdes (dont le dysprosium et le terbium), dont la valeur de marché est plus élevée car leurs faibles teneurs dans les minerais les rendent plus difficiles à produire (Ademe, 2020).
  • La liste de ces terres rares comprend 17 métaux répartis en sous-groupes légers et lourds en fonction de leurs poids atomiques : lanthane, cérium, praséodyme, néodyme, prométhium, samarium, europium, gadolinium, terbium, dysprosium, holmium, erbium, thulium, ytterbium et lutet scandium et yttrium.

Paradoxe de la transition énergétique, les terres rares polluent. L’extraction et le raffinage entraînent le rejet de métaux lourds, d’acide sulfurique voire d’uranium dans l’environnement, les mines dégagent de la radioactivité, ce qui rend problématiques les systèmes industriels et les rapports avec les populations.
 La revue Géo rappelle que les villages près de la mine de Baotou, en province chinoise de la Mongolie intérieure, ont une radioactivité mesurée de plus de 30 fois le niveau normal, contre 14 à Tchernobyl.

Adel Lux, Conseiller en géopolitique.

Application Mobile

Téléchargez Encrage Media sur votre mobile pour ne pas manquer nos dernières publications !

Commentaires

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.