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Afghanistan : les Américains s’envolent, l’incertitude et la peur planent

Pour la première fois en 20 ans, plus aucun soldat américain n'est présent sur le sol afghan. Les talibans ont célébré leur départ à coups de tirs de mortiers et d’artifices, tandis qu’une question demeure : et maintenant ? À l’aéroport de Kaboul, un responsable des talibans, Anas Haqqani, s’est félicité du retrait américain, arguant que “cette victoire est la nôtre à nous tous. Nous avons écrit l’Histoire.” Le président Joe Biden s’exprimera ce soir à ses concitoyens, alors que beaucoup se demandent quel bilan dresser de ces 20 ans de guerre. Selon le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, cette victoire des talibans est “un coup très dur pour l'Occident, pour les États-Unis.” Pour lui, la défaite américaine est due “sans doute à un manque d'anticipation, d'appréciation de la situation, de la réalité de ce qu'était l'État afghan.” Le New-York Times rappelle ce matin que “des centaines d’Afghans” ont été laissés sur le tarmac de l’aéroport, incluant “des membres des forces afghanes et des alliés qui attendent la validation de leur passeport pour les Etats-Unis."

Selon le quotidien, cette guerre n’était qu’une “occupation, qui s’est soldée par la reprise complète du pays par un ennemi que les militaires américains ont passé 20 ans à combattre.” Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a déclaré cette nuit que les Américains “travailleront” avec les talibans “s’ils tiennent leurs engagements, à savoir de respecter la démocratie, les droits des femmes et des minorités. Le journaliste Abdul Wadud Salangi, présent à Kaboul, détaille une vie bien triste à Kaboul : “les gens sont désespérés et inquiets. Les explosions et attaques se succèdent et très peu de femmes osent sortir de chez elles. Les talibans ont mis en place des check-points et certains déplacés dorment dans les parcs de la ville.”

Le double-attentat à l’aéroport de Kaboul jeudi dernier a d’autant plus terrorisé les habitants, avec plus de 180 victimes et des centaines de blessés. Les universités, restaurants, écoles et parcs sont fermés depuis plusieurs jours, tandis que les denrées alimentaires ont connu une hausse des prix, de 10 à 20% selon les habitants. Amnesty International fait état de nombreux signalements "d'abus, d’enlèvements ciblés et de meurtres commis par des talibans.” Les premières victimes sont les minorités, les femmes, les journalistes et les activistes. Beaucoup d’alliés de l’Occident doivent régulièrement changer de planque, du fait des “visites ciblées” des talibans. Pour un politicien afghan anonyme, "le pays s’est vidé de toutes les forces vives dont il disposait. Qu’est-ce que les talibans pouvaient-ils espérer de plus que de voir partir les plus éduqués ? Ils ont les mains libres, la communauté internationale a fait le travail à leur place."

Maud Baheng Daizey

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