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AFGHANISTAN : LES FILLES PRIVEES DE RENTREE SCOLAIRE.

La rentrée scolaire dans les collèges et lycées du pays se fera sans elles. Le communiqué du ministère de l’éducation Afghan, vendredi 17 septembre, annonçant que « tous les professeurs hommes et les élèves » du secondaire pourraient retrouver, dès ce samedi, le chemin de leurs établissements, laisse planer de sérieux doute quant à l'intention du gouvernement taliban de scolariser les filles du pays. En effet, aucune mention n'a été faite par cette institution de ce qu'il adviendrait des enseignantes, des collégiennes, et des lycéennes qui attendent, dans une angoisse grandissante, de pouvoir rejoindre leurs salles de classe. L'histoire va-t-elle se répéter ? La brutale politique des talibans à l'égard des femmes quand ils étaient au pouvoir en 1996, sera-t-elle également celle de 2021 ? Seront-elles à nouveau privées d'éducation, condamnées aux seuls travaux ménagers dans le huis clos de leurs demeures devenues prisons ?

Le doute est permis, et la déclaration du ministère de l’éducation Afghan n'est pas sans inquiéter grandement la population du pays mais également la communauté internationale. La réaction de l'Unicef, par la voix de sa directrice exécutive Henrietta Fore, ne s'est pas fait attendre et le même vendredi, si elle se félicitait de la réouverture des écoles secondaires dans le pays, elle a fermement tenu à souligner que « les filles ne doivent pas être laissées de côté ». Un communiqué de l'agence onusienne insiste sur le fait qu' « il est essentiel que toutes, y compris les plus âgées, puissent reprendre leur éducation sans plus de retard, et que les enseignantes puissent elles aussi continuer à enseigner ». Ce rappel à l'ordre sera-t-il suivi d'effet, rien n'est moins sûr, car s'ils avaient promis que « les femmes seraient très actives dans notre société », les actes et décisions des nouveaux maîtres du pays semblent au contraire indiquer que la condition féminine sera peu ou prou la même que sous l'ancien régime.

Et s'il en est pour preuve, la disparition inquiétante du ministère des Affaires Féminines remplacé par celui de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, ministère de sinistre réputation tant sous le premier gouvernement taliban, ses sbires faisaient régner la terreur dans les rangs de la population. Interdiction d'écouter de la musique, de regarder la télévision, interdiction absolue pour les femmes de sortir sans être accompagnées d'un homme de leur parenté, obligation pour ces dernières de se recouvrir d'une burqa, le manquement à l'une de ces règles édictées par la charia vous faisait encourir les redoutables foudres de la police religieuse, la Hisba, dont le souvenir des descentes régulières dans les rues et sur les places du moindre petit village est encore gravé au fer rouge dans les mémoires. En tout état de cause, la résurgence de ce ministère n'augure rien de bon pour la gent féminine et la nomination d' Abdul Salam Hanafi à l'un des postes clés du nouveau gouvernement ne fait que renforcer les craintes légitimes des femmes et des filles Afghanes. Ce fondamentaliste parmi les plus durs, est en effet connu pour être celui qui a interdit l'accès des écoles aux filles à la fin des années 90 et il faut peut-être se demander si son retour aux affaires de l’Afghanistan, n'a pas à voir avec la rentrée scolaire 100% masculine de ce samedi.

Sophie RENAUD

 

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