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Chili : violences lors de la commémoration du soulèvement social de 2019

Plusieurs milliers de Chiliens se sont rassemblés lundi 18 octobre dans les villes du pays pour commémorer le deuxième anniversaire du soulèvement contre les inégalités sociales de 2019. La journée s’est terminée par des pillages, des débordements et des affrontements avec les forces de l’ordre. Selon un rapport préliminaire du gouvernement, au moins 30 personnes ont été arrêtées et cinq policiers blessés lors de cette journée. La police a estimé qu'entre "8000 et 10 000 personnes" ont arpenté la Plaza Italia dans la capitale Santiago, d'où est partie en octobre 2019 la révolte qui a fait plus de trente morts. "Les choses n'ont pas tellement changé, mais les gens sont plus éveillés, davantage prêts à faire entendre leurs voix", a déclaré à l'AFP Valentina Sagredo, une étudiante de 22 ans, parmi les milliers de manifestants réunis sur la Plaza Italia. Une place qui avait été rebaptisée “Place de la dignité” par les manifestants en 2019 qui en avait fait l’épicentre de la contestation.

Les manifestations se sont poursuivies dans la nuit où des milliers de Chiliens ont déambulé à travers la capitale Santiago. Mais rapidement, la commémoration a laissé place à la violence. Un poste de police à Puente Alto, une commune ouvrière du sud de Santiago, a été attaqué avec des pierres. En passant devant le palais présidentiel de La Moneda, à 2 km de la Plaza Italia, les manifestants, jeunes pour la plupart, ont scandé des slogans contre le gouvernement de droite de Sebastián Piñera. Afin de disperser la foule, la police fait usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants qui avaient mis le feu à des barricades, a constaté l'AFP. Un magasin et un restaurant ont été pillés, selon les médias locaux. Au moins 5000 policiers ont été mobilisés dans tout le pays pour encadrer les commémorations. Le gouvernement a condamné les violences provoquées "par un groupe de délinquants". "Cet après-midi, nous avons assisté à une manifestation massive sur la Plaza Italia, mais nous avons également assisté à une série d'actions violentes. Rien ne justifie cette violence et nous la condamnons. Nous sommes beaucoup plus nombreux à vouloir vivre en paix", a déclaré le ministre de l'Intérieur Rodrigo Delgado depuis le palais présidentiel de La Moneda.

Cette commémoration voulait rendre hommage aux 34 personnes décédées lors des manifestations de 2019 qui ont duré quatre mois. Plus de 460 personnes avaient été blessés à l'œil suite à des répressions policières. La dure répression des manifestations a donné lieu à des accusations internationales de violations des droits de l'homme contre le gouvernement Piñera. C’est l’augmentation du tarif du ticket de métro à Santiago qui avait déclenché de nombreuses manifestations étudiantes puis populaires le 18 octobre 2019. Les revendications s'étaient ensuite rapidement élargies contre l'ensemble du modèle économique chilien, critiqué pour favoriser une élite, et un État absent sur les questions sociales comme l'éducation, la santé et les retraites. Ce deuxième anniversaire de “l’explosion sociale" a coïncidé avec le début de la rédaction de la nouvelle Constitution, pour remplacer l'actuelle, héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) et considérée comme un frein à toute réforme sociale de fond. Ces manifestations interviennent également en pleine campagne pour les élections générales du 21 novembre. Le président conservateur Sebastian Piñera, 71 ans, qui a dirigé le pays entre 2010 et 2014, puis depuis 2018, ne peut pas se représenter.

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