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Point de vue

États-Unis-Chine : bataille d'influence géopolitique en Afrique !

 

                   Alors que l'Ethiopie fait face aux rebelles du Tigré, et la Somalie aux mains des Shebabs, la Chine veut jouer un rôle dans le retour de la paix au Kenya. Un envoyé spécial sera nommé a annoncé le chef de la diplomatie chinoise, jeudi au Kenya. "Nous allons continuer à jouer un rôle encore plus grand pour la paix et la stabilité de la région", a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue kenyane Raychelle Omamo à Mombasa, le ministre Wang Yi a noté que la coopération Chine-Afrique était une coopération Sud-Sud, marquée par un soutien et une aide mutuelle entre pays en développement. Pour lui, la Chine n'a jamais attaché de conditions politiques à sa coopération avec l'Afrique et n'a jamais imposé sa propre volonté aux autres.

Concernant les financements de la Chine au Kenya, on trouve la construction du nouveau terminal pétrolier de Kipevu qui représente un investissement de 353 millions de dollars. Pékin a également financé l'infrastructure la plus chère depuis l'indépendance du Kenya, une ligne de train ayant coûté 5 milliards de dollars. Le ministre Wang Yi a souligné que les prêts associés à ces projets représentent un "bénéfice mutuel", rejetant l'idée que son pays tende un piège aux pays africains, déclarant : "C'est une histoire inventée par ceux qui ne veulent pas voir le développement de l'Afrique, et s'il y a un piège, c'est le piège de la pauvreté et du sous-développement."

Le ministre chinois a relevé que le Kenya devait 80% de sa dette extérieure aux institutions financières multilatérales et que sa dette envers la Chine était principalement constituée de prêts concessionnels. Ce soi-disant "piège de la dette" est en réalité un piège narratif imaginé par des forces qui ne veulent pas voir un développement rapide en Afrique, a poursuivi Wang Yi.  Après le Kenya, le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, doit se rendre dans l'archipel des Comores.

 

En 2018, lors de sa tournée dans cinq pays africains (Ethiopie, Djibouti, Tchad, Kenya et Nigeria), Rex Tillerson, à l’époque secrétaire d’Etat américain sous Trump, n’avait pas hésité à ouvrir le feu sur la Chine, l’accusant d’endetter les Etats africains avec lesquels elle coopère.

En respectant le principe de la continuité de la politique étrangère des États-Unis en Afrique, le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price, avait insisté sur les "partenariats" que son pays offre aux pays africains "sur la base des opportunités et du respect mutuel ", contrastant, selon lui, des projets chinois.

"Nous ne demandons pas à nos partenaires de choisir entre les Etats-Unis et d'autres pays, notamment la République populaire de Chine. Nous ne voulons pas leur imposer de choisir, mais nous voulons leur donner des choix", a-t-il déclaré.

La Chine est l'une des plus grandes nations créancières du monde. Ses prêts aux pays à revenu faible ou intermédiaire ont triplé au cours de la dernière décennie, pour atteindre 170 milliards de dollars à la fin de 2020. Selon, AidData, l'organisme de développement international de l'université William & Mary aux États-Unis, il y a maintenant plus de 40 pays à revenu faible ou intermédiaire dont la dette envers les prêteurs chinois représente plus de 10 % de la taille de leur production économique annuelle (PIB) en raison de cette "dette cachée"

Adel Lux, conseiller en géopolitique.

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