Rubrique
Actualités

Le passé...Simplement.

C’est un fait, passager certes, mais la France et l’Algérie sont en léger froid. La cause ? Les propos du président de la République Emmanuel Macron qui, le 20 septembre dernier à l’Elysée, affirmait le système politico-militaire algérien s’était construit sur une rentre mémorielle sciemment entretenue par les différents gouvernants qui se sont succédé à la tête de l’État d’Afrique du Nord. Tollé de l’autre côté de la Méditerranée suivi d’un rappel de l’ambassadeur d’Algérie en France et d’une interdiction de survol par les avions militaires français du territoire algérien. Pourtant, les propos du président français, partagés par une grande part des Algériens, ont heurté un régime qui cherche encore à masquer son inertie et ses échecs en prétextant des conséquences d’une colonisation jugée, à raison, injuste et inique. Pour autant, passée l’émotion des propos du président français et de la brouille ponctuelle qui finira par s’apaiser sous peu, se cache la difficile tâche pour chaque Etat, et pas seulement la France ou l’Algérie, de mener une politique mémorielle juste, cohérente et en phase avec la réalité historique. (lemonde.fr : https://www.lemonde.fr/afrique/article)

Roman national et remise en question

L’exercice peut se révéler périlleux car il met en jeu des notions délicates telles que celles de l’identité, de regard, du sens et de l’écriture de l’Histoire. Or, le quinquennat d’Emmanuel Macron a tenté, chaque fois que l’occasion se présentait, de mettre en avant ou de nourrir cette politique mémorielle avec un seul objectif : remettre la France à sa juste place dans l’Histoire. Le roman national, cher à la IIIème République, a vécu et ne peut plus servir aujourd’hui de bréviaire encore moins de pilier fondateur à ceux qui souhaitent utiliser l’histoire de la France comme argument politique. Une politique mémorielle intelligemment menée saura s’affranchir des excès et des passions qui peuvent aisément l’envahir au point de la pervertir. Et encore une fois, l’exercice n’est en rien aisé car il suppose une remise en question d’acquis historiques dès lors ouverts à débats et une potentielle réécriture de ces derniers afin de proposer une lecture responsable et responsabilisante de l’Histoire et des faits qui la compose.

Nécessité et gageure

Il ne s’agit en rien d’accabler ou de vénérer qui que ce soit, de minimiser tel ou tel fait, mais de recontextualiser les composantes historiques afin de proposer un espace de réflexion dénué de scories nées d’interprétations hasardeuses. (courrierinternational.com : https://www.courrierinternational.com/article) Le chantier est immense mais nécessaire. Et accepter d’ouvrir une réflexion, aussi douloureuse puisse-t-elle, sur le passé d’une nation relève de la gageure qui, achevée, ouvre le champ à de nouvelles relations diplomatiques et de nouveaux rapports sociaux. Si regarder son histoire en face assure d’un présent et d’un futur plus serein, il est aussi le gage pour les nations périphériques ou liées d’une manière ou d’une autre, d’un espace de dialogue défait de toutes ambiguïtés malsaines ou de non-dits cuits et recuits. Et si dans l’absolu, une démarche de cet ordre est salutaire, encore convient-il que celle-ci soit acceptée et fasse l’objet d’une logique similaire dans les nations impliquées.

Application Mobile

Téléchargez Encrage Media sur votre mobile pour ne pas manquer nos dernières publications !

Commentaires

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.