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Le rapport accablant d’Amnesty International sur les violences au Tigré

Un rapport publié par l’ONG cette nuit rapporte que les militaires éthiopiens et les rebelles tigréens ont violé des centaines de femmes et des filles dans le Tigré. Celles-ci sont également enlevées en grand nombre. Le rapport indique que “des militaires et des miliciens se sont livrés à des viols, des viols collectifs, de l’esclavage sexuel, des mutilations sexuelles et d’autres formes de torture, souvent accompagnés d’insultes à caractère ethnique et de menaces de mort, à l’encontre de femmes et de filles tigréennes.” Les bourreaux seraient “des membres des Forces de défense nationales éthiopiennes (ENDF), des Forces de défense érythréennes (EDF), des Forces spéciales de police de la région Amhara (ASF) et de la milice amhara Fano.

Les forces loyalistes ont infligé des violences sexuelles à des centaines de femmes et de filles

Pour étayer ce rapport, des entretiens avec près de 70 femmes et filles ont été réalisés par Amnesty International, ainsi qu’avec des professionnels de la santé. Une vingtaine de ces femmes et filles dénoncent des exactions commises par “les forces érythréennes seules.” Tous les bélligérants du conflit se servent des violences et de l’esclavage sexuel “comme armes de guerre pour infliger un préjudice physique et psychologique durable à des femmes et des filles dans le Tigré. Des centaines de femmes et de filles ont fait l’objet de brutalités dégradantes et déshumanisantes”, a déclaré la secrétaire générale de l’ONG, Agnès Callamard. Ces violences ont aussi “vocation à terroriser et à humilier” certains groupes ethniques. Elles ont causé “des traumatismes physiques, tels que des saignements persistants, des maux de dos, l’incapacité de se mouvoir ou encore des fistules. Certaines femmes sont porteuses du VIH depuis leur viol. Le manque de sommeil, l’anxiété et la détresse émotionnelle” sont devenus monnaie courante pour les victimes. Les femmes ont également été sujettes à des détentions arbitraires (parfois longues de plusieurs semaines) où elles ont été quotidiennement violées en réunion. Selon le rapport, “deux victimes ont subi des dommages durables et peut-être irréparables occasionnés par de grands clous, du gravier et d’autres morceaux de métal ou de plastique qui ont été insérés dans leur vagin.

Un manque crucial d'unités de soins et de poursuites judiciaires

Beaucoup n’ont pas porté plainte du fait du manque de soutien et des combats ayant toujours lieu, ou n’ont pas pu bénéficier de soins, du fait "de la destruction de centres médicaux et des restrictions relatives à la circulation des personnes et des biens." En conclusion, Agnès Callamard implore que “toutes les allégations de violences sexuelles fassent l’objet d’une enquête efficace, indépendante et impartiale afin que les victimes obtiennent justice, et qu’un programme de réparation efficace soit mis en place. Toutes les parties au conflit doivent également veiller à ne pas entraver l’aide humanitaire”, qui connaît depuis plusieurs mois des embargos. Si "trois militaires éthiopiens avaient été déclarés coupables et 25 avaient été inculpés de viol et d’autres actes de violence sexuelle" en mai, aucun indice sur une possible enquête ou leur peine n'ont pu être découvert par Amnesty International.

Maud Baheng Daizey

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2021/08/ethiopia-troops-and-militia-rape-abduct-women-and-girls-in-tigray-conflict-new-report/

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