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Les étapes du regain de violence entre Israël et la Palestine

Depuis début mai, Israéliens et Palestiniens sont engagés dans l'une des plus importantes escalades de violences de ces dernières années, chacun bombardant l’autre d’une pluie de roquettes. Récit de près de deux semaines sous tension.

 

Au total, plus de 3500 roquettes ont été tirées, faisant plus de 200 morts et 3300 blessés. C’est le bilan de 12 jours de conflits au Proche-Orient, entre Israël et la Palestine. Le Hamas et l'Etat hébreu échangent depuis lundi 10 mai des tirs meurtriers depuis et vers l'enclave palestinienne. Alors que les premiers heurts avaient éclaté le 3 mai, la tension ne retombe pas.
 

L'exclusion de Palestiniens au profit de colons juifs

Le brasier des tensions s’est ravivé le 3 mai au soir alors que des heurts éclatent dans le quartier de Cheikh Jarrah, proche de la Vieille ville à Jérusalem-Est. Ceux-ci sont provoqués en marge d’une manifestation de soutien à des familles palestiniennes menacées d’éviction, au profit de colons juifs. Après des jets de projectiles palestiniens, la police israélienne a indiqué avoir arrêté sept personnes et jugé la situation « sous contrôle ». 

Le 6 mai, Paris, Berlin, Londres, Rome et Madrid demandent à Israël de mettre fin « à sa politique d’extension des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés », qualifiées « d’illégale ». Estimant que la situation était "très préoccupante", l'envoyé spécial de l'ONU a appelé Israël à mettre fin aux expulsions à Jérusalem-Est.

 

Affrontements sur l’esplanade des Mosquées

Le 7 mai, des dizaines de milliers de fidèles se réunissent dans l’enceinte de l’esplanade des Mosquées - appelée Mont du Temple par les juifs - pour la dernière prière du vendredi avant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan. La police israélienne a indiqué que « centaines d’émeutiers ont lancé des pierres, des bouteilles et d’autres objets en direction des officiers qui ont riposté », avec des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc. Le lendemain, de nouveaux heurts ont lieu sur l’esplanade et ailleurs à Jérusalem-Est.

La reprise des violences a coïncidé avec «la Journée de Jérusalem», marquant selon le calendrier hébraïque la conquête de Jérusalem-Est par l’État hébreu (photo d’illustration).

Le 10, le bilan s’élève à plus 500 blessés dans les rangs des Palestiniens et quelques dizaines parmi les policiers israéliens, lors des affrontements notamment sur l’esplanade des Mosquées. Ces heurts coïncident avec la « Journée de Jérusalem », marquant la conquête de Jérusalem-Est par Israël en 1967. Au total, plus de 700 Palestiniens ont été blessés dans des affrontements à Jérusalem-Est.

 

L'escalade entre Israël et le Hamas

Dans la soirée du 10 mai, les heurts se sont mués en salves de roquettes lancées depuis la bande de Gaza vers Israël.  le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans l'enclave palestinienne de la bande de Gaza alors avait menacé d'une nouvelle escalade militaire si les forces israéliennes ne se retiraient pas à 18h de l'Esplanade des Mosquées. A son tour, Israël mène des frappes meurtrières sur l'enclave palestinienne. Le lendemain, le Hamas tire un barrage de roquettes vers Tel-Aviv après la destruction d'un immeuble d'une douzaine d'étages à Gaza, dans lequel des ténors du mouvement avaient leurs bureaux. 

Le 11 au soir, les villes « mixtes » israéliennes, où vivent juifs et Arabes israéliens, connaissent un regain de violence. Représentants environ 20 % de la population d’Israël, les Arabes israéliens sont des Palestiniens restés sur leur terre à la création du pays en 1948.

À Lod, près de Tel-Aviv, l'état d’urgence est décrété après que la police a fait état d'« émeutes », à la suite de la mort violente d’un Arabe israélien. Des scènes de violence ont aussi lieu dans d’autres localités arabes israéliennes. Depuis, près de 1000 membres de la police aux frontières ont été appelés en renfort, et plus de 400 personnes, juives et arabes, ont été arrêtées.  

 

Chars et blindés le long de la frontière avec Gaza

Le 12 mai, la communauté internationale réagit et Washington annonce l'envoi d'un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens. La Russie appelle à une réunion d'urgence du Quartet sur le Proche-Orient (UE, Russie, USA, ONU). Le lendemain, Israël franchit une nouvelle étape dans le conflit, il masse des chars et autres blindés le long de la frontière avec la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d'habitants sous blocus israélien depuis près d'une quinzaine d'années. Le ministère de la Défense donne le feu vert à l'armée pour mobiliser au besoin des milliers de réservistes. Le 14 mai, Israël poursuit ses bombardements et tirs d'artillerie sur ce territoire palestinien. 

Des soldats israéliens déploient des chars et des blindés pour frapper la bande de Gaza, le 13 mai 2021 à la frontière entre l'enclave palestinienne et Israël. © Emmanuel Dunand / AFP

Le 14, Israël poursuit ses bombardements et tirs d’artillerie sur la bande de Gaza. En Israël, où le bouclier antimissile « Dôme de fer » a intercepté plus de la moitié des quelque 2 300 roquettes tirées cette semaine, le bilan est de 12 morts parmi lesquels un enfant et plus de 560 blessés.

 

Des bombardements destructeurs

Les jours qui suivent, tout s'enchaîne et se dégrade entre les deux protagonistes. Le samedi 15 mai, deux femmes et huit enfants périssent dans une frappe israélienne à Gaza. Des tirs de roquette vers la région de Tel-Aviv reprennent, tuant un Israélien. Le même jour, un immeuble de 13 étages de la ville de Gaza qui abritait notamment la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera et l'agence de presse américaine Associated Press (AP) est bombardé par l'aviation israélienne. Cet immeuble était « une cible parfaitement légitime », a déclaré ce dimanche Benjamin Netanyahou, en affirmant se baser sur des informations des services de renseignement.  La direction d'AP s'est dite « choquée et horrifiée » par la frappe israélienne. Al-Jazeera a, quant à elle, accusé Israël de vouloir « faire taire ceux qui montrent les destructions et les morts ».

La tour Jala qui abrite les locaux d’Al-Jazira, ou encore d’Associated Press, a été la cible d’une frappe israélienne, à Gaza le 15 mai 2021. Mahmud Hams / AFP

Quelques heures avant la réunion virtuelle du Conseil de sécurité de l'ONU, dimanche 16 mai, un nouveau palier dans les attaques israéliennes contre le mouvement islamiste palestinien du Hamas a été franchi : l'aviation israélienne a bombardé la maison du chef du Hamas pour la bande de Gaza, Yahya Sinouar. 

Au 8e jour d'un conflit d'une « intensité jamais vue » selon la Croix-Rouge internationale (CICR), les tensions entre Israël et la Palestine ne semblent pas s'atténuer, et les réactions internationales tardent à faire évoluer la situation.

 

Antonin Albert

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