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Opération Barkhane : le Mali et la France divisés

Au lendemain de l’annonce du gouvernement de la fin programmée de l’opération Barkhane au Sahel, différents professionnels ont fait entendre leur avis. Le retrait de la moitié des effectifs de soldats Français est prévu pour 2023. Cette décision intervient après le coup d’Etat contre le gouvernement de transition malien, et la prise de pouvoir du colonel Goïta.

Pour un ancien rebelle du nord signataire des accords de paix de 2015, c’est une catastrophe : “les Bamakois n’ont pas connu la guerre ! Ils crient à la France de partir, sans comprendre que le jour où “Barkhane” se retirera, le Mali sera fini. Les djihadistes s’empareront des villes comme au début de la guerre en 2012.” La Minusma, Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Mali, redoute une aggravation de la situation au Sahel. La suspension de la coopération française avec le Mali pourrait induire un accroissement des tâches de la Minusma. Il est également possible qu’une pression plus forte puisse être exercée sur nos troupes”, ont-ils annoncé par communiqué. D’autres Maliens sont heureux de la décision du président Macron, à l’instar des pays voisins du Mali : “Qu’ils partent, s’ils veulent s’en aller qu’ils s’en aillent. Avec eux, qu’est-ce qui a changé ? Ça a empiré en huit ans. Aujourd’hui, nous sommes au centre et on ne peut même pas bouger. Il a commencé à retirer, il a qu’à emmener la totalité même de Barkhane”, confie un habitant de Bamako. 


En France, la France Insoumise a demandé un débat parlementaire sur la question, jugeant la décision d’Emmanuel Macron “précipitée.” La ministre des Armées Florence Parly a précisé que Barkhane serait remplacée par “une alliance internationale associant les Etats de la région. Nous ne changeons pas d'objectif : il s'agit de continuer la lutte contre le terrorisme.” Pour le général Jérôme Pellistrandi, cette évolution était “perceptible depuis des mois. (...) Le fait est que l'opération Barkhane a dû assumer la faillite de la gouvernance de certains États. (...) Nous sommes depuis huit ans engagés dans cette opération, il est temps de recentrer notre effort sur la lutte contre les groupes jihadistes terroristes, qui reste une réalité.” L'opération Barkhane avait été lancée en 2013 par l’ancien président François Hollande, et déploie actuellement 5 100 hommes et femmes. 

Maud Baheng Daizey

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