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Zoom sur la situation humanitaire à Madagascar

Suffering in silence.

« Suffering in Silence», c’est le nom glaçant du rapport annuel publié par l’ONG Care. Dans son classement des pires crises humanitaires oubliées, sous-médiatisées, Madagascar arrive en tête. Marquée par des épisodes de pénuries, l’île est l’un des 37 pays au monde qui dépendent d’une aide extérieure pour répondre aux besoins alimentaires.

Madagascar n’est pas vouée à disparaître des classements d’aussi tôt car depuis janvier 2020, la région sud de l’Androy traverse un nouvel épisode de « kéré », traduction malgache de famine.

En puisant les ressources nutritionnelles dans les racines, tamarins, cactus et argile blanche, les enfants sont les plus vulnérables. La malnutrition aigüe et ses corollaires sanitaires, diarrhées et paludisme, les atteignent tout particulièrement. Comme l’explique l’ONG Action Contre la Faim, c’est une année particulièrement critique avec une période de soudure qui est arrivée quatre mois en avance. 

La précocité de cette période qui correspond au laps de temps entre la fin des réserves et les nouvelles récoltes a modifié les estimations du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Prix Nobel de la paix pour ses efforts dans la lutte contre la faim depuis octobre 2020, l’organisation alerte :  1,5 million de malgaches ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence, 31 millions d’euros doivent être débloqués d’urgence.

Le facteur climatique, principal auteur de la crise ?

Comment expliquer la recrudescence et l’intensité des pénuries dans le sud de Madagascar ? Comme souvent, les racines d’une crise alimentaire n’appartiennent pas à une seule et unique cause. Une mauvaise gouvernance, un climat d’insécurité et une trop grande dépendance aux apports extérieurs fomentent les pénuries alimentaires.

Néanmoins, le facteur climatique ne peut être éludé lorsque des zones sont privées de pluies et souffrent de la sécheresse depuis janvier 2020. Toujours selon l’ONG Care, environ 80 % des malgaches reposent sur des activités agricoles. Cette dépendance à la terre et au cycle des cultures transforme les chocs climatiques en des évènements redoutés et destructeurs.   

Cette région semi-aride connaît les vents puissants, le manque de pluie, la déforestation avec une disparition de « 44 % des forêts naturelles ces 60 dernières années » selon le CIRAD, et les multiples impacts du changement climatique. En fonction des prochaines émissions de gaz à effets de serre, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) prédit une hausse des températures moyennes de 6,5 °C dans la partie sud du pays d’ici la fin du XXIe siècle.

Au même moment dans les institutions internationales, l’ONU lance un appel humanitaire record de 29 milliards d’euros et le bilan environnemental cinq ans après les Accords de Paris est dressé. Force est de constater que les efforts en matière environnementale doivent être intensifiés pour espérer endiguer les impacts sur la sécurité humaine.

 

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