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Point de vue

BORNE MAINTENUE A MATIGNON MALGRÉ LA TEMPÊTE

C’est une coutume républicaine. Au lendemain des élections législatives , le premier ministre est sommé de rendre sa démission entraînant arithmétiquement celle de son gouvernement. Le président de la république , garant des institutions, dispose d’un pouvoir discrétionnaire en matière de recevabilité de cette requête. 

Ces dernières années , cette coutume passait quasi inaperçue car le chef  du gouvernement disposait d’une majorité absolue à  l’issue des législatives. Pour cette séquence électorale de juin 2022 , le ton est différent , pour ne pas dire , la composition de l’assemblée nationale est un peu plus complexe. 

Elisabeth Borne ressort au lendemain de ces législatives avec une majorité relative (245 députés ) pire que celle dont disposait Michel Rocard (275 députés). Depuis , les appels à démission de la  cheffe de gouvernement ne cessent de fuser des oppositions mais aussi de certains cadres de la majorité…

Une première ministre en sursie

Conformément à l’usage républicain , la première ministre a remis sa démission ce mardi matin au chef de l’Etat qui lui a opposé une fin de non-recevoir dans la foulée. Dans un gouvernement qui s’est vu dépécé de trois de ses membres battus dimanche dernier , un remaniement s'impose. C’est un fait. Mais une fois de plus , Emmanuel Macron souhaite temporiser. Selon l’Elysée , le président souhaite que le gouvernement reste à la tâche. Mais jusqu'à quand ?  Pour l’heure , le chef de l’Etat ne souhaite pas ajouter une crise institutionnelle à celle qui semble se présager au lendemain des élections législatives. Le président de la république opte à la fois  pour la continuité gouvernementale et l’ouverture au dialogue politique nationale. Emmanuel Macron s'apprête à recevoir durant deux jours( Mardi 21 et mercredi 22 juin)  les responsables des partis  politiques ayant vocation à constituer un groupe parlementaire au sein de l’hémicycle. 

Le refus du président Macron est également lié à un problème d’agenda. Accepter la démission maintenant aurait nécessité un remaniement dans la foulée. Or , le chef de l’Etat s'apprête à entrer dans une grande séquence internationale ce jeudi marquée par un conseil européen à Bruxelles , un sommet du G7 en Bavière , un sommet de l’Otan à Madrid et un sommet sur les océans à Lisbonne. 

Au niveau national ,  Emmanuel Macron ne veut pas donner l’impression  d’un chef d’Etat affaibli face à ses oppositions. Il souhaite malgré tout rester comme il a toujours été le maître des horloges.  Pour l’heure , Elisabeth Borne reste à Matignon et s'efforce de construire une majorité solide comme elle l'avait annoncée dimanche soir. Selon son entourage , la cheffe du gouvernement réunira les membres de son gouvernement (ministres battus et censées être démissionnaires y compris) à Matignon aujourd’hui à 14H.

Et après ?

Les lignes devront forcément bouger .  De retour de sa tournée internationale , le président de la république devra envoyer un message fort aux français. Elisabeth Borne pourra t-elle  prononcer son discours du politique générale le 5 juillet devant la nouvelle assemblée nationale ? 

L’opposition est déjà vent débout contre l’annonce de ce maintien de la première ministre. Pour Adrien Quatennens de la France Insoumise , “le chef de l’Etat n’a pas pris la mesure du message envoyé par  les français ce dimanche”. Les insoumis avaient déjà annoncé ce lundi qu’ils déposeraient une  motion de censure afin de renverser le  gouvernement de madame Borne. L’ex candidate des Républicains Valérie Pécresse avait appelé le président de la République à changer “de premier ministre et de gouvernement”. Cette position est partagée par certains cadres de la majorité comme François Bayrou. 

A l'issue des échanges avec les différents chefs des partis politiques  et après consultation des ténors de sa majorité , Emmanuel Macron procédera à un remaniement du gouvernement certainement avant l’automne. Cependant , une éviction brutale de la première ministre n’est pas pour l’heure envisagée. Le chef de l’Etat est soucieux de graver son nom dans les livres d’histoire. Il ne veut pas inscrire le nom de madame Borne dans la lignée d’une certaine Edith Cresson partie trop tôt…

 

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