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Point de vue

EMMANUEL MACRON PEUT-IL SE PASSER VRAIMENT DE TOUT DÉBAT AVEC LES AUTRES CANDIDATS?

"Ni notre Constitution, ni nos usages ne disent que le débat entre tous les candidats avant le premier tour serait la bonne idée de confronter les idées démocratiques.” déclarait Emmanuel Macron ce jeudi 17 mars où il présentait son programme présidentiel devant plus de 300 journalistes réunis à Aubervilliers. 

Il n ' y a plus de doute sur cette question . Le président-candidat ne débattra avec aucun candidat avant le second tour. Emmanuel Macron a mis en avant sa volonté de dialogue direct avec la presse et les citoyens , un format qu’il trouve “moins infamant et plus éclairant”.

Le président de la république en optant pour ce choix décide de s’inscrire dans la continuité des usages républicains à l’instar de ces prédécesseurs mais souhaite instaurer une autre forme de débat avec des interlocuteurs extérieurs au personnel politique.

Cependant, la question qui se pose est de savoir si le chef de l’Etat peut se passer vraiment de ces confrontations directes avec ses concurrents ? 

D’un point de vue juridique, comme Emmanuel Macron l’a rappelé lors de sa conférence de presse, rien n’oblige un président de la république candidat à sa propre réélection à débattre avec ses adversaires avant le second tour de l'élection présidentielle. Le président de la république en France est un monarque républicain , il faut protéger la fonction. Dans un premier tour qui connaît une plénitude de candidat , il serait difficile pour un président de la république d’avoir un débat clair , transparent et cohérent avec les différents candidats réunis sur un même plateau. Les débats à deux sont déjà des foires cacophoniques , un débat à plusieurs en présence d’un président-candidat censé rendre des comptes et présenter son programme serait difficilement maîtrisable.

Sur cet aspect , Emmanuel Macron a tout à fait raison. Toutefois, en s’inscrivant dans cette conception le chef de l’Etat s’oppose à sa conception du nouveau monde politique. Ce nouveau monde voulu par Emmanuel Macron devrait s’inscrire dans une idée de rupture avec les vieilles pratiques républicaines. Par exemple, le Macron candidat n’avait pas refusé un débat d’entre deux tours avec une candidate de l'extrême droite là où plusieurs s'y résignaient notamment Jacques Chirac qui avait refusé de débattre avec Jean Marie le Pen en 2002. Le président Macron alors qu’il venait d’ être fraîchement élu avait même envisagé une réforme de l’article 18 de la constitution lui permettant en plus du discours adressé au parlement réuni en congrès de débattre avec ces derniers.

Alors que s’est-il passé ?

Le chef de l’Etat esquive-t-il une confrontation directe pour se préserver lui-même des coups de ses adversaires en se réfugiant derrière les usages de l’ancien monde  ?

Emmanuel Macron peut se passer juridiquement de tout débat direct avec ses concurrents sans qu’il puisse être rappelé à l’ordre par quelconque juridiction ou autorité administrative indépendante. Le candidat-président laisse présager toutefois un avant goût du Macron 2 , un Macron en contradiction avec sa vision de 2017 , un Macron 2  , possible terre de résurrection de l'ancien monde avec ses us et coutumes…




 

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