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Point de vue

GUERRE EN UKRAINE : POUTINE COUPABLE MAIS L’OTAN RESPONSABLE ?


Ce n’est plus un mythe. La guerre a bien éclaté en Ukraine. Les ballets démocratiques de ces derniers jours ont été infructueux. Vladimir Poutine a opté pour la voie militaire.
 

Alors qu’Est et Ouest se renvoient la responsabilité du conflit, les candidats à l’élection présidentielle française tentent de se positionner. C’est dans ce contexte que le candidat de la reconquête, Éric Zemmour affirmait hier sur RTL que Poutine était coupable mais l’Otan était responsable.
 

Cette déclaration  d’Éric Zemmour doit être analysée avec beaucoup de lucidité si l’on se réfère à l’histoire des relations internationales.
 

En effet , selon certaines sources comme les documents révélés par le National Security Archive semblent démontrer qu’à de multiples reprises, les principaux représentants des Etats membres de l’OTAN ont garanti dans les années 1989-1991 à Gorbatchev que la zone atlantique ne s’étendrait pas plus avant en direction du territoire russe. Cependant, aucun document officiel n’assurait formellement le leader soviétique que l’Alliance atlantique n’étendrait pas son influence au-delà du territoire allemand réunifié. Il ne s’agit que de simples engagements moraux. Les Russes continuent de crier à la trahison tandis que les occidentaux pourfendeurs de la démocratie et de la souveraineté nient l’existence d’une telle promesse.
 

L’adhésion de l’Ukraine à l’Otan est un acte de provocation et de trahison selon le président de la fédération de Russie. Vladimir Poutine ne peut accepter la présence des occidentaux à ses portes.
 

Chaque Etat est certes souverain, mais le respect de la parole donnée en matière de relations internationales peut éviter des tensions dans le monde. La raison énoncée par Poutine ne justifie pas une invasion militaire susceptible d’engager la vie de plusieurs civiles ce qui de fait le rend coupable. Toutefois, les occidentaux devraient jouer la carte de la transparence en écartant pour l’heure toute idée d’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine, faute de quoi ces derniers se rendraient coupables de la permanence des tensions.
 

Comme le soulignait  Charles Thibout (chercheur associé à l’IRIS et chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique CESSP/CNRS, EHESS, Paris 1), la disparition de l’Union soviétique ne signifiait pas la rupture des engagements moraux pris par les membres de l’OTAN : la Russie ayant immédiatement été considérée comme l’héritière de l’Union soviétique, les promesses de l’OTAN vis-à-vis de l’URSS auraient dû naturellement bénéficier à la jeune Fédération de Russie.

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