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La fierté fait elle l’homme ou bien le détruit ?

Est-il homme de loi, de conviction ou d’ambition ?

 

Comment se construit un avocat ?

Comment se construit l'homme d'état ?

Deux environnements tellement différents et pourtant si pour certains, les valeurs et les engagements seraient même à l’opposé, l’un officiant pour le droit, agissant en vertu des lois, fondées par des hommes avec un grand H, l’autre au nom d’une institution, qui sera à chaque mandat dirigée par des hommes aux desseins précis, s’appuyant sur les règles de la vie en communauté dite démocratique par sa fondation en constitution, celle-ci possède des règles bien précises, avec des élections et des nominations, des schémas d’évolution de projets de société qui décident tant sur les budgets que sur les orientations politiques et donc territoriales appliquées à la nation toute entière, mais me direz-vous si tout ce brouhaha vieilli pourtant de jour en jour à l’image du code civil qu’en est-il des personnalités qui font l’état ?

 

La construction d’un homme

Comment se construit l'individu piégé dans les griffes d'une société tiraillée par les troubles et les violences et en même temps par l'esprit de justice ?

Comment se construit un jeune avocat à l’intime conviction ?

Comment bâtir une réputation et construire une carrière pour un homme du droit ?

La loi est-elle toujours la seule et unique boussole ?

L'argent aurait il le pouvoir de faire faillir l'homme de loi de ses intimes convictions ?

Ou serait-ce la clé de voûte de l'orientation rationnelle ou non des causes défendues

par l'homme de loi ?

À quel moment pouvons-nous faillir ?

Y aurait-il seulement le pouvoir et la certitude d’un guide qui existe, la loi ou la constitution, ou encore la puissance du serment qui serait au-dessus de tout et nous ramènerait à la réalité ?

Quand on trébuche, comment le sait-on ?

N'est-ce pas finalement la puissance de la fierté qui nous pousse à briser toutes nos plus belles promesses et nos plus sincères ambitions ?

 N'est-ce pas le mensonge le plus vil mais le plus efficace des stratagèmes pour l'homme d’état qui puise sa stratégie dans le choc ou dans l’impatience, dans ce cadre qu’en est-il pour l’homme de loi ?

La morale aurait-elle une variable d’ajustement ?

 

La parole d’un futur ministre

Cette séquence de 45 secondes prise sur le plateau de LCI, datant d’avril 2018 capture une partie de l’homme et de son état d’esprit à l’instant T, cet échange avec la journaliste Audrey Crespo-Mara, qui sur le plateau entame les échanges avec cette question qui reste évidemment dans toutes les mémoires.

  • Si on vous proposait un poste de ministre de la Justice vous l’accepteriez ?
  • Non
  • Sur ?
  • Sur, vous voulez que je vous le signe ?
  • Oui
  • Non, déjà personne ne me le proposera, ce serait un bordel mais alors, personne n’aurait jamais l’idée sotte mais alors totalement saugrenue, incongrue, invraisemblable de me proposer cela et moi franchement je n’accepterais jamais un truc pareil, non !
  • Pourquoi ?
  • Parce que c’est pas mon métier, faut en avaler des couleuvres pour faire de la politique, d’abord il faut être d’accord avec tous les copains du gouvernement, auquel on appartient soi-même, faut manger son chapeau de temps en temps, non c’est une discipline, c’est un exercice, je n’en ai pas les compétences et puis non, non pas du tout j’aimerais pas faire çà !

Avait-il déjà des ambitions concernant le système auquel il fût confronté dans sa vie d’avocat ?

Selon Maître Antoine Vey, ex-associé du futur ministre de la justice, qui pense que l’avocat Dupond Moretti ne voulait pas participer à un casting de marionnettes et qu’il avait des idées fortes et simples pour réformer le système judiciaire qui, objectivement, se porte mal.

Il pense qu’en fonction des échanges que l’avocat Dupond-Moretti aurait eus avec le Premier Ministre et le Président de la République et selon la feuille de route qu'il avait souhaité leur proposer a correspondu à leurs attentes.

Uniquement dans ce cadre il aurait finalement accepté la mission.*

 

Les séquences d’une carrière

Extrait de 59 secondes face au journaliste Laurent Delahousse, à l’époque le futur ministre commence sa joute verbale.

  • Et si le doute ne profite plus à l’accusé, alors on a basculé dans la barbarie !
  • Donc ça veut dire qu’il vous est arrivé de défendre voire parfois d’obtenir l’acquittement de quelqu’un dont peut-être vous pensiez qu’il était coupable ?
  • Bien sûr !
  • Ça, çà ne vous empêche pas de dormir ?
  • Pas du tout, quand je repense aux affaires que j’ai plaidé, je me dis que forcément il y a des gens qui sont passés au travers des mailles, bien sûr !

Moi je n’en ai jamais la certitude, ce que je me dis quand je repense à ces affaires-là, je me dis qu' il y avait quand même tel et tel élément à charge, mais en même temps il y avait ça qui permettait d’instiller le doute.

Qu’est ce que j’aurais fait, ce que j’aurais fait c’est que j’aurais acquitté, mais je ne peux pas avoir la certitude que le type était innocent et moi je vais très loin je me rappelle de ce que Voltaire écrivit à propos de l’affaire Calas c’est que « vaut mieux acquitter cent coupables que de condamner un seul innocent » et tant que la Cour d’assises de temps en temps acquitte un coupable ça signifie que les innocents peuvent être sereins vous comprenez ?

 A ces quelques mots du destin, du parcours d’un avocat devenu ministre de la justice comme fer de lance d’une carrière déjà puissante, il est à chacun de se faire son opinion des propos tenus et des points de vue évoqués.

 

Les promesses d’un ministre

5 janvier 2022, conférence de presse, tenue par le ministre de la Justice Eric Dupond Moretti

Il y a détaillé sa feuille de route, il y prévoit une augmentation par l’annonce d’un budget qui passera de 9,6 à 11 milliards d’euros en 2027.

Son plan se dessine sur les conclusions reçues des états généraux de la justice qui se sont tenus en 2021, lancés par le gouvernement.

Ses états généraux de la justice qualifie la justice française de «trop lente» et «trop complexe».

Selon le rapport d’octobre publié par la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) la France dépense 72,53 € par an et par habitant pour son système judiciaire (hors infrastructures pénitentiaires) l’Allemagne est quant à elle a (140,73 €), l’Autriche (137,99 €) ou la Suède (127,71 €). la France se situe encore au-dessus de la médiane (64,5 €), mais elle reste en dessous de la moyenne qui est de 78 €.

 

 Les propos du Garde des sceaux Eric Dupond Moretti seront les suivants :

« La justice a fait l’objet de plus de trente ans d’abandon politique, budgétaire et humain »

«Mon objectif est, quau terme du quinquennat, les délais de procédures en matière civile soient en moyenne divisés par deux» il appelle à opérer un « véritable changement de logiciel »

Les logiciels justement, parlons-en !

 

Comme le relate LA GAZETTE DU PALAIS

Le Plan de numérisation de la justice, serait plus un rattrapage qu’une transformation réelle !

(En effet le rapport présenté le 26 janvier 2022 à la commission des finances des Sénat, la Cour des comptes, pointe les difficultés du plan numérique initié par la Chancellerie en 2018 et formule nombre de recommandations pour le rendre plus efficace. ) *

 

Ce cours extrait de l’article très instructif de cette revue présente donc une réalité plus que jamais actuelle et décrivant les difficultés dans lesquels sont plongés les (artisans) de la loi.

Des conclusions qui dressent plusieurs constats plutôt généraux et implique les difficultés dans un schéma territorial autant que national.

Il existe des échantillons de projets qui naissent, sur lesquels se penche le sénat, il existe des portes de sortie qui ouvre des horizons nouveaux et des lectures différentes et des ouvertures où la technologie trouve toute sa place.

Selon les termes de la secrétaire générale du ministère de la Justice, Catherine Pignon

« Fin 2023, ce seront 81 % des procédures pénales qui seront dématérialisées »

Aura-t-on cependant pris la mesure de ce tournant et des dangers à éviter ?

 

Les conséquences d’un sinistre d’état

Un sinistre pourquoi ?

Puis je décrire un sinistre comme l’acte de trahir son éthique, sa déontologie ?

C’est ce que je décris plus loin, autant sur les réformes qui concernent les OPJ ,officiers de Police Judiciaire, que celles concernant la justice, il y a soudain ce grand fracas de la confiance brisée et celle-ci l’est d’autant plus au jour de l’affaire concernant le garde des sceaux.

 

Cette affaire Dupond-Moretti c’est cette décision de la Cour de justice de la République qui ordonne le renvoi en procès du garde des sceaux pour « prises illégales d’intérêts »

Il devient désormais le premier ministre en exercice à être renvoyé face à une telle juridiction !

Ses avocats ont annoncé se pourvoir en cassation… décrit un article du journal LE MONDE et signé par le journaliste Jean-Baptiste Jacquin en date du 03 octobre 2022

 

 

La confiance c’est ce lien tissé, pendant des années, des années de labeur, des années de silence, des années d’études, des années de doutes, des années de peur, des années d’erreurs et soudain c’est toute la république qui tremble, parce que sa justice semble avoir du mal à respirer…

Et quand la justice ne respire plus, que ses petites mains qui portent les destins des citoyennes et citoyens de ce doux pays de France, s’étouffent, lorsque l’oppression de cette confiance brisée anéantit des années, des heures de dévouement, c’est toute la justice qui se meurt, qui s’écroule non pas que ces hommes et ces femmes ne soient pas dévoués corps et âme, non pas qu’elles et qu'ils seront toujours debout pour soutenir les lois de la république et celle du vivre ensemble, mais que dans ce chaos ambiant, la justice peu à peu souffre de ne plus être vraiment entendue en haut, là où l’on fait les lois, là où l’on réfléchit soudain en apportant des solutions dit-on, peut-être de confort ?

Peut-être c'est trop déconnecté des réalités actuelles ?

Avocat, ministre, ce n’est pas un seul homme qui porte le sort d’une justice française, non !

 

Chaque serviteur de la Justice, avocats et magistrats, chaque robe de loi portée partout en France possède la puissance du symbole de la loi et de son application, chacune est là pour tenter de rendre justice à chaque citoyen français, n’est-il pas urgent de reconnecter les décisions avec les actions du terrain et les petites mains courageuses qui les font vivre ?

 

C’est ce que l’on entend sur les réseaux sociaux au travers de certains profils, d’hommes ou de femmes de loi, c'est ce cri de grande amplitude « non la justice a besoin de réalité et pas de fausse promesse et de pansement superficiel ! »

 

Une jeune avocate sur Twitter résume le 31 décembre, c’est peut-être l’un des plus flagrants témoignages de la réalité.

« 58 déferrements un 31. 13 dossiers en comparution immédiate.

Une suspension d’audience a été ordonnée pour la visite du ministre.

A 22H45, 7 dossiers devaient encore être jugés.

Notre ancien confrère n’a pas daigné saluer les confrères en CI #Vivement2023 »

 

@Fiass_ résume l’état d’esprit face à toutes les obligations qui s’imposent pour elle, ses confrères et ses consœurs, cette déconnexion entre les ministères et la justice française qui étouffe mais reste debout, pourvu seulement que la fierté d’un homme, ne brise pas la dignité d’une robe, que la grandeur d’un serment, ne soit pas anéanti par la trahison d’un homme.

Alors à un « Vivement 2023 » on y est déjà et soudain ne reste que les doutes…

Un remerciement à tous les avocats que j’ai pu rencontrer et avec qui j’ai eu la chance d’échanger et qui m’ont permise de comprendre de l’intérieur la beauté de ce métier.

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