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Point de vue

Les polémiques wokistes, auront elles la peau de la Nupes ?

Mélenchon à été l'auteur d'une des plus belles remontada politique que l'on ait vu. Après être tombé de cheval comme chaque fois sur la dernière haie présidentielle, il a cette fois magnifiquement triomphé des tendances acrimonieuses de son caractère, pour offrir aux tendances rivales une porte de sortie en forme de reconquête collective. J'ai assez critiqué sa campagne 《Terra Nova 》 quand Marine Le Pen gambadait la campagne sociale, pour dire : chapeau bas !

Mais la séquence ouverte vers un espoir social, et la dynamique qu'elle peut entraîner dans les milieux populaires, pâtit d'un brouillard de guerre, savamment entretenu par des médias macronnistes qui n'en demandaient pas tant. Les polémiques wokes s'enchainent, reléguant la nouveauté d'une alternative, au second plan, alors que le chronomètre tourne. Vont elles avoir raison de cet élan ?

Ce n'est ni la nomination d'une femme premier ministre, ni le nouveau gouvernement, qui ont fait de l'ombre à la campagne sur le Smic à 1500€, la retraite à 60 ans, en au parfum de 36 qui fleurissait avec le muguet. Mais un enchaînement de 《 questions de société 》 qui servent habituellement au pouvoir en place à disperser et éloigner la colère sociale, dans les polémiques fumeuses.

L'originalité, est qu'elles proviennent en grande partie des rangs de la Nupes elle-même. Les Verts avaient déjà réussi à brouiller, à leur habitude, le slogan clair d'Union Populaire en une addition confuse de noms de chapelles. Exercice qu'ils affectionnent. Par chance, l'acronyme latino sonne bien à l'oreille.

Rebelote avec un choix pas très heureux d'un candidat activiste qui serait impliqué dans des affaires de mœurs, et l'interminable polémique ouverte sur la cellule de vigilance féministe interne et son pouvoir.

Cedric Caron, avec ses mines de grande gigue, a bien tenté d'y aller de sa petite polémique bidon sur un permis de vote, qu'il se verrait bien délivrer, après que les virago de la FI ait délivrées un certificat de bonnes mœurs. Mais cela a fait long feu.

C'était sans compter sur Eric Piolle, le maire de Grenoble, qui est allé toucher le fond de la piscine en sortant l'improbable burkini (dont l'autorisation est à la gauche ce que l'interdiction du voile est au petit pull de Marine Le Pen), un solide totem d'échec.

Une semaine de perdue pour le débat social plus tard, Macron a compris la façon de ranimer la flamme nationaliste et d'enterrer de nouveau l'élan social, cette fois sous la fumée de la polémique du wokisme militant de son nouveau ministre. La couleur de peau du susdit aillant la vertu magique de faire oublier à la gauche woke sa seule couleur qui vaille, sa couleur politique.

Il reste moins de trois semaines avant les élections, et pour le moment, c'est bien le fantôme de l'esprit du PS et de Terra Nova, celui de Mitterrand au fond, qui agite l'actualité. D'interminables polémiques sur le racisme, les violences de genre, les musulmans etc... ont toujours plus de succès qu'une guerre, un effondrement climatique, un choc économique ou même une crise alimentaire.

J'ai pour ma part depuis lurette la conviction que la gauche mourra de son wokisme, d'avoir troqué le social contre le sociétal et la nation pour les plumes dans le cul. J'avoue qu'elle m'en bouche un coin de se tirer une balle dans le pied si vite, à peine ressuscitée des morts.

Langlois-Mallet

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