Rubrique
Point de vue

Lettre ouverte à Emmanuel Macron - Courrier à propos d’une France décadente

Monsieur le Président,

Les quelques lignes qui vont suivre représentent le constat amer et factuel d’une France décadente ; une nation malade, constituée d’une population ainsi que d’un patrimoine culturel et intellectuel que l’on abîme et qui se dégradent.

Notre peuple est la sédimentation de millions de personnes qui, avant de représenter des êtres pensants ou des citoyens capables d’alimenter une économie, sont des femmes et des hommes toutes et tous victimes et bénéficiaires d’une condition humaine dépendant d’un corps.

Pour prendre la température d’un peuple, pour en donner l’appréciation – un peu comme l’on pourrait le faire d’un œil contemplateur, d’un regard extérieur – dans un premier temps, il n’existe rien de plus efficient que d’en observer le corps, l’enveloppe, la mécanique, la carrosserie, la façade.

En 2021, qu’est-ce que le corps du français ?

Bien souvent – trop souvent, une éponge s’imprégnant des résidus de la seconde consommation la plus conséquente d’Europe de benzodiazépines – un filtre qui absorbe alcool et fumée non plus pour aider à penser mais, pour assister à la lourde tâche de l’oubli nécessaire.

Le corps du français, c’est aussi le logement d’une obésité morbide de plus en plus rependue, d’un diabète devenu l’étape banale et commune de la soixantaine ou encore de cancers se multipliant chez des sujets toujours plus jeunes.

Nous sommes presque des Américains mais, attention, pas ceux qui avaient la légitimité de nous faire rêver il y a un demi-siècle sur les écrans d’un cinéma qui n’était pas encore aussi spéculatif que pathétique.

Nous singeons un peuple déclinant, non pas pour lui ressembler mais, malheureusement, pour en être asservis ! L’asservissement ne fait pas exception à l’intensité du pouvoir de l’habitude ; insidieusement, on prend goût à la dépendance.

Alors, animé par la saveur de la soumission, plutôt que d’afficher sa puissance, la vraie, l’on se contente d’arborer un semblant de vertu pour, dans l’intervalle, se livrer à un degré de dépendance toujours ascensionnel.

L’on vend sa valeur à d’autres États, d’Asie ou d’ailleurs, comme une belle femme se donnerait à celui qui ne la désire même pas, mais qui sera tout de même ravi de la posséder.

Cessons de ruiner notre peuple ; fabriquons, pensons, faisons ! Confions tout ce que l’on peut confier à nos entrepreneurs français, pour qu’ils soient en mesure de payer convenablement leurs salariés et que ceux-ci consomment ce qu’il existe de meilleur !

Les Français sommes dignes de vivre dans le grand style Nietzschéen, sommes faits pour exister bien et récolter bon, pour regarder beau et se montrer splendide – pour mener une vie semblable à un revers suave ou à un sourire charmeur.

Monsieur le Président, je ne suis pas joueur mais je vais tout de même vous suggérer un pari ; lorsque nos concitoyens ne seront plus maintenus en vie en ingurgitant des aliments devenus aussi industriels que l’art populaire qui leur est servi sur le plateau des écrans, ce jour-là, ils n’accepteront plus de se divertir des programmes poubelles et dispendieux que l’on diffuse sur nos chaînes de télévision. Celles-ci, qu’elles soient publiques ou privées, doivent nécessairement être d’utilité publique.

Cessons de réduire les patrons à l’argent, les ouvriers à l’emploi, les Arabes aux musulmans et les femmes aux féministes ! Arrêtons de promouvoir des valeurs incompatibles à celles de la république mais, surtout, à celles constituant la grandeur de notre civilisation – une société qui aime les femmes qui sont libres sans avoir besoin de militer pour qu’on les regarde ou besoin de se voiler pour qu’on ne les voit pas !

Redonnons ses lettres de noblesse à un divertissement populaire dont le cinéma fut celui de Sautet ou d’Audiard, dont la musique fut celle de Ravel ou Philippe Sarde et la chanson celle écrite par Dabadie et chantée par des artistes qui ne s’exilaient pas en sortant d’une salle de spectacle comme certains s’enfuient après un hold-up.

Qu’il se vêtisse d’un gilet jaune, qu’il se suicide ou qu’il se gave d’un sucre trop raffiné ou d’un gras trop saturé, écoutons le mal-être d’un peuple qui soufre – entendons la souffrance d’un peuple qui la crie !

Alors, Monsieur le président, allez-vous apporter votre pierre à l’édifice pour juguler un massacre déjà bien entamé, pour entraver un déclin déjà bien consommé ?

Seriez-vous prêt à débattre dans le but d’envisager des mesures qui viseraient à faire un peu plus conséquemment refléter dans nos médias tous détenus par une poignée d’individus, la pensée et la lumière émise par le peuple de France – visant réellement à mettre un terme à l’exil fiscal exercé par des entreprises qui ponctionnent l’énergie de la nation – visant à ce que la presse soit dotée d’une concrète liberté d’expression et qu’elle soit de facto autorisée à donner la parole à tous ceux qui expriment des points de vue représentatifs d’une partie de la population – visant à interdire définitivement l’utilisation de plusieurs dizaines de substances mortelles que l’agriculture consomme sous le poids des lobbys – visant à bousculer la monarchie culturelle qui trône au-dessus de tous les divertissements publics de grande ampleur – visant à rappeler que notre république est laïque et qu’elle n’a sous aucun prétexte de raison de se coucher face à des pratiques religieuses allant à l’opposé de ce qui fait la grandeur de la France – visant à ce que le CSA se consacre à la seule tâche qui devrait être la sienne ; celle de contrôler la diffusion de programmes qui ne peuvent avoir sur le peuple pour seul effet, d’en amoindrir à terme les capacités intellectuelles ?

Avec toute ma considération, à votre endroit ainsi qu'à l'égard de la fonction que vous occupez.

Tom Benoit,

Philosophe, essayiste

Application Mobile

Téléchargez Encrage Media sur votre mobile pour ne pas manquer nos dernières publications !

Commentaires

Mais, d'où sort cette bouillie chat, entre café du commerce et logorrhée d'extrême droite ? Laissez donc la thématique de la France décadente aux militaires à la retraite ! Sortez de chez vous ! Si vous avez mal vécu le déconfinement, profitez-en ! C'est le moment. Vivez plutôt que nous servir cette soupe écrire dans un français approximatif.
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.