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Présidentielle 2022 : l’alternative de la droite conservatrice face à Zemmour !

Laissé pour compte par la droite traditionnelle, notamment à cause de non représentation parmi les candidats au congrès LR, que devient l’électorat de François Fillon ? Sans doute, la plupart migrent vers le polémiste dont la montée en puissance convainc plus d’un. Par faute de candidat, les fillonistes virent peu à peu vers Eric Zemmour.

La théorie d’une alliance entre la bourgeoisie conservatrice et les couches populaires

Alors que le 23 septembre passé, deux débats politiques pas les moins importants à l’approche de la présidentielle se déroulaient sur les chaines télé françaises, un dirigeant des républicains s’installe devant sa télévision. La prestation de Valérie Pécresse sur France 2 le séduit, mais plus encore, le choc entre Eric Zemmour et l’insoumis Jean-Luc Mélenchon le happe. Décidément, sa soirée va s’achever avec l’image du polémiste gravée sur son écran. « Ce débat réhabilite la politique, confie-t-il. La clef de l'élection présidentielle se situe là ».

Le choc idéologique qui prend le devant à la bataille des chiffres ; le récit national que l’on substitue aux propositions techniques, la droite conservatrice se trouve plus aisément dans ce schéma politique ; et son oreille se fait de plus en plus attentive aux discours de l’écrivain.

Invité à Versailles le 19 octobre passé par les Éveilleurs d’espérance, une association née sous l’égide de la Manif pour tous, Eric Zemmour y a réitéré son « conservatisme sociétal identitaire » en opposition à la « PMA sans père », à la GPA et au mariage pour tous.

« Je garde ma ligne stratégique : la France et l'identité pour rassembler un électorat disparate », a-t-il déclaré. L’auditoire s’extase. « Diriger un pays, ce n'est pas faire de l'intendance, de Gaulle était un militaire, pas un économiste », remarque Corentin, 26 ans.

Eric Zemmour qui maintient toujours le flou autour de sa candidature a développé une théorie de l’alliance entre la bourgeoisie conservatrice et les couches populaires. Et le premier ressort de cette théorie se trouve dans l’électorat de François Fillon, ces 7 millions d’électeurs toujours fidèles à l’ancien premier ministre. Parmi eux, 22 % seraient prêts à accorder leur suffrage au polémiste, si on s’en tient à un sondage réalisé par Odoxa pour L’Obs.

« Il n'y a pas de contradiction à soutenir François Fillon puis Eric Zemmour »

En s’autoproclamant héritier du RPR, Zemmour joue de cette filiation imaginaire. Lors de la « journée du conservatisme », le 26 septembre dernier, il accuse devant le public, la justice d’avoir volé la dernière élection présidentielle. Un coup d’œil plutôt efficace, à défaut d’être doux. Son chargé de communication, Samuel Lafont et ancien bénévole de la campagne de Fillon affirme : « Il n'y a pas de contradiction à soutenir François Fillon puis Eric Zemmour. Il est le candidat de la droite ».

Eric Zemmour a sans doute jeté les bretelles et la partie a commencé déjà. L’aile conservatrice de l’ancien sociétaire de Matignon n’est pas du tout représentée au congrès LR où sera désigné le champion de la droite.

Pendant ce temps, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand fustigent la droitisation de LR insufflée sous la présidence de Laurent Wauquiez. Michel Barnier, lui, un favori à la primaire jouit d’une image de centriste europhile.

« En 2016, Fillon était parvenu à être le barycentre des droites françaises, estime un proche de l'ancien Premier ministre. Il était bonapartiste sur le régalien, orléaniste avec son discours libéral et légitimiste sur les valeurs. Dans ce congrès, il manque cette aile, qui porte un projet de civilisation ». Un autre acquis au conservatisme et cadre de LR ajoute : « Cette ligne libérale-conservatrice correspond pourtant à l'aspiration majoritaire de l'électorat de droite ».

En l’absence d’un représentant digne, les anciens soutiens de Fillon se départagent entre les trois favoris, mais « le choix de soutenir l'un ou l'autre ne se fait pas sur des critères de programme, mais sur des affinités de personnes », analyse le député du Vaucluse Julien Aubert.

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