Rubrique
Point de vue

Présidentielle. Attention, l'épidémie nous ramène... « l'option Hollande » !

On s'attend à du très dur. Les médecins, urgentistes et réanimateurs ont prévenu, les choix incertains, sans cesser d'être autoritaires, d'Emmanuel Macron reviendront à trier désormais des vies.

Dans la grande partie de « Jacques à dit... » auquel joue le jeune banquier avec les Français depuis un an :

- « Jacques à dit, l'épidémie ne touchera pas la France » / « Jacques à dit, nous sommes en guerre ».

- « Jacques à dit les masques ne servent à rien » / « Jacques à dit les masques sont obligatoires. »

- « Jacques à dit, il est interdit de se promener dans les bois » / « Jacques à dit les hypermarchés restent ouvert. »

- « Jacques à dit les lieux de culte ne contaminent pas » / « Jacques à dit, les lieux culturels sont dangereux. »

- « Jacques à dit on dépense sans limites » / « Jacques à dit on rembourse sans frein. »

- « Jacques à dit enfermez-vous chez-vous » / « Jacques à dit enfermez-vous dehors. »

- « Jacques à dit il n'y aura pas de retour au monde d'avant » / « Jacques à dit, retour à la normale. »

- « Jacques à dit une attestation » / « Jacques à dit plus d'attestation. »

- « Jacques à dit vaccinez-vous » / « Ah... Jacques n'a pas de vaccins...»

etc.

Et donc désormais : « Jacques à dit : tu vis » / « Jacques à dit, toi, tu meures. »

Il y a peu de chose de cohérent, si ce n'est que Jacques continue à fermer des lits d'hôpitaux et que Jacques est d'abord, avant tout, surtout, jupitériennement (ou Juppéiquement), persuadé que Jacques à toujours raison... et vous le fait savoir par le SAV de tous les médias des dix milliardaires interposés.

Alors qu'il eut été si simple de dire : « Nous sommes confronté à une saloperie, nous ne savons pas grand chose de sa transmission et il convient de prendre les précautions et de mobiliser toutes les énergies pour inventer le moyen de continuer à vivre le moins anormalement possible. Ceux qui ont des inquiétudes sur leur santé, seront indemnisés pour rester chez-eux, ceux qui veulent prendre le risque de continuer de mener à une activité qu'ils jugent essentielle pour eux, le peuvent. Les restriction de déplacement se feront fonction de chaque territoire et dans le respect de leur singularité. Une personne ne peut être certaine seule, mais elle peut en revanche mettre en musique l'intelligence collective. »  Fin des polémiques.

Mais voilà, ce serait oublier la présidentielle...

Comme Macron est d'abord et avant tout un produit de communicants, l'urgence était de le positionner dans la gondole de 2022.

Première vague de com'. Des sondages. Des sondages... Faute de popularité du président, faute aussi d'opposant évident, l'objectif était d'inscrire au plus tôt dans les esprits l'inéluctable repoussoir :  un second tour Le Pen / Macron. Message subliminal, Macron est la seule voie possible face au retour des « pires moments de notre histoire »...

Deuxième vague de com'. Les Français en ayant raz le bol de la grande partie de Jacques à dit et d'un an de vie carcérale (sans motif de condamnation connu). Les communicants nous ont sorti un Macron tout neuf, le président « disruptif », qui seul contre tous, chevalier blanc des humeurs de l'opinion, disait non à tout ce que demandaient les professionnels de santé ou les experts. Bref, il s'agissait de nous vendre une sorte Bigard de l'Elysée, de Lalanne en costume Smalto bleu pétrole. C'était le moment des commandes des chansons aux influenceurs de Youtube et le temps de faire le kakou sur les réseaux d'ados.

Ratés de com' : mais que fait Mimi Marchand ?

Visiblement, ce nouveau produit de marketing politique — dont la mission réelle auprès des actionnaires reste inchangée : gagner du temps sur l'inéluctable effondrement environnemental   continuer de compresser le service public et fermer les lits d'hôpitaux et couvrir l'évasion fiscale, et jouant donc « en même temps » les rebelles, n'a pas produit l'effet escompté. Comme non plus le fait d'avoir installé trop tôt le duel Le Pen-Macron dans les esprits a aussi eu l'effet inverse de provoquer un « tout sauf ça » dans l'opinion. On pense autant à la bombe qu'à fait éclater Libération en donnant la parole à une gauche qui refusera de jouer les « Castors » en faisant barrage à Le Pen avec Macron, qu'aux réactions de ras-le-bol sur les réseaux sociaux d'être enfermé dans ce nouvel inéluctable avec cette hypothèse d'un second tour Le Pen-Macron au allure de énième confinement électoral...

C'est là qu'intervient «  l'option » Hollande

Hollande, vous vous souvenez ? C'était au temps d'autres émotions de rejet. Celle de l'allergie à Sarkozy. On voulait « tout sauf » revivre ça. Cet excitation permanente, ce bol de fiel et de honte à chaque nouvelles du matin. On aurait voté pour un pingouin. On l'a eu. Même si nous n'étions pas nombreux* à avoir compris dès la campagne, que la même politique, la fameuse « seule possible », allait continuer de plus belle au point de sortir un Macron de son chapeau.

Aujourd'hui, frémit dans une part de l'opinion un « tout sauf Macron / Le Pen », tout sauf la réédition du duel des jumeaux maléfiques. Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, l'a compris. C'est ouvert dans cette présidentielle, le créneau du 3e homme, celui dont personne ne veut vraiment, mais qui a le mérite d'être là. Une « option Hollande » qui ne parle pas du retour du président qui faisait pleuvoir,  mais répond à l'émotion du « n'importe qui pour éviter ça » sur le mode, de la jolie femme prête à coucher avec le premier venu pour oublier. Et la prime risque fort d'être non au meilleur, mais au plus rapide à installer cette alternative. Les gauches pulvérisées façon puzzle (voir billet précédent), la droite aura un coup à tenter en 2022 et l'assureur de Saint-Quentin s'est fort habillement rué dans la brèche, au meilleur moment, en déclarant une candidature qui, à défaut d'être une surprise, n'était pas espérée avec impatience par les foules en délire.

Reste à savoir si les Français ont envie de se faire balader éternellement de l'irritation à l'ennui et de l'ennui à l'irritation au bénéfice, assez mince, d'une seule et même politique...

Langlois-Mallet

* Je ne suis pas trop fâché de faire remarquer que sur ce coup-là, je me suis montré plus lucide en 2012 que, ceux qui, comme Montebourg ou Juan Branco, nous expliquent à pleins livres comment ils se sont fait avoir par Hollande.

Application Mobile

Téléchargez Encrage Media sur votre mobile pour ne pas manquer nos dernières publications !

Commentaires

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.