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Régionales 2021 : les enjeux du scrutin pour les différentes forces politiques

A quelques semaines du dénouement des élections régionales, les enjeux pour les partis politiques sont divers. Un seul semble néanmoins être commun : à un an de la présidentielle, les débats prennent une tournure nationale.

 

Les 20 et 27 juin prochains, les Français seront appelés aux urnes, pour élire leurs conseillers régionaux et départementaux. En ce qui concerne les régionales, les enjeux pour les différents partis sont divers et variés, mais tous veulent exister, dans cette élection qui arrive moins d’un an avant l’élection présidentielle. Faisons ensemble un tour global du paysage politique Français.

Modélisation des résultats par région. © OpinionWay pour Les Echos et Radio Classique

Une Gauche éparpillée

Éviter l’élimination dès le premier tour, c’est bien l’objectif commun qui unit tous les partis de gauche. Bien que certaines régions soient déjà presque gagnées par la gauche, comme en Bretagne ou en Nouvelle-Aquitaine, les résultats s’annoncent plus serrés dans d’autres. L’union des partis de gauche semble donc être la solution miracle, bien qu’elle ne soit pas pour autant mise en place dans toutes les régions. C’est même le contraire qui se produit puisqu’on observe la mise en place d’une seule union de la gauche, des insoumis aux socialistes, dans les Hauts-de-France, avec l’écologiste Karima Delli comme tête de liste. C’est presque le cas en Paca, avec l’écologiste Jean-Laurent Félizia, mais la France insoumise a été exclue de cette alliance.

Ailleurs en France, l'heure n’est pas vraiment à l’union. C’est même la désunion totale qui règne la plupart du temps (notamment en Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine ou Auvergne-Rhône-Alpes). On retrouve aussi des alliances à géométrie variable. En Normandie, par exemple, le Parti socialiste (PS) et Europe Écologie-Les Verts (EELV) sont alliés face à une liste regroupant communistes et insoumis. En Pays-de-la-Loire, les écologistes et La France insoumise (LFI) sont derrière un ancien député macroniste, Mathieu Orphelin, contre une liste PS-PCF menée par Guillaume Garot.

 

Majorité présidentielle : le défi de l’implantation régionale

La majorité présidentielle prend très au sérieux ces élections régionales, et pour cause, 13 ministres et secrétaires d'État sont présents sur une liste, parmi eux on en dénombre cinq dans les Hauts-de-France. Cette forte présence des membres du gouvernement démontre une volonté d’implantation régionale. C’est précisément ce qui manque au jeune parti qu’est La République En Marche (LREM). L’année dernière, les élections municipales ont été globalement très mauvaises pour la majorité présidentielle. Les rares victoires de LREM étaient portées par des alliances avec des sortants de gauche et de droite, bien implantés dans leur territoire. La majorité présidentielle a tiré les leçons de cet échec, résultat : il y aura, dans toutes les régions de France continentale, une liste LREM au premier tour. Exception faite en Provence-Alpes-Côte-d’Azur où après de nombreux rebondissements, une quinzaine de candidat(e)s et candidates macronistes seront présents sur la liste du président sortant Les Républicains (LR), Renaud Muselier.

Configuration la plus probable au second tour par région. © OpinionWay pour Les Echos et Radio Classique

Malgré cela, les chances pour LREM de remporter ne serait-ce qu’une région paraissent très faibles. Les derniers sondages nationaux ne donnent qu’autour de 15 % des voix à la majorité présidentielle. C’est dans les Pays-de-la-Loire (avec François de Rugy), en Nouvelle-Aquitaine (avec la ministre MoDem Geneviève Darrieussecq) et en Bretagne (région longtemps présidée par l’influent ministre Jean-Yves Le Drian) que les espoirs macronistes de bien figurer se concentrent.

 

A Droite : le test pré-présidentielle

A droite, un double enjeu se présente. Le premier concerne certaines personnalités de la droite traditionnelle, qui voient dans ces élections régionales une manière de s’imposer comme candidat légitime pour la prochaine présidentielle. Xavier Bertrand, le président sortant des Hauts-de-France, a déjà annoncé sa candidature mais Valérie Pecresse (présidente de l’Île-de-France) et Laurent Wauquiez (président d’Auvergne-Rhône-Alpes) pourraient aussi rêver d’Elysée. Ces trois présidents sortants, ne peuvent se permettre de perdre ce scrutin régional s’ils désirent faire partie du jeu pour la présidentielle de l’an prochain. 

Les présidents de droite sortants sont aussi menacés par le Rassemblement national (RN) dans les Hauts-de-France, où les scores de Xavier Bertrand et Sébastien Chenu (RN) sont dans la marge d’erreur. C’est aussi le cas en Paca, Renaud Muselier est distancé par le candidat RN Thierry Mariani. La question des fusions au second tour avec LREM posera problème : difficile de se forger une image de leader de la droite pour la présidentielle en devant sa survie à la majorité présidentielle.

La droite française, qui détient six des onze présidences de région de France continentale, doit aussi veiller à garder ces régions et à ne pas en perdre. Quelques espoirs de victoire dans le Centre et en Bourgogne-Franche-Comté, deux régions perdues de justesse en 2015 sont possibles, mais elle peut surtout perdre des plumes. La droite peut être menacée par la gauche dans les Pays-de-la-Loire et dans une moindre mesure en Île-de-France.

 

Rassemblement national : « enclencher une dynamique »

Gagner une ou deux régions est capital pour le RN : à moins d’un an de la présidentielle, elles peuvent devenir des vitrines pour la campagne de Marine Le Pen. « L'objectif est d'enclencher une dynamique » explique Guillaume Daret, journaliste à France télévision, « dans le viseur du parti, plus particulièrement, Provence-Alpes-Côtes d'Azur avec Thierry Mariani, et les Hauts-de-France avec Sébastien Chenu, qui parie notamment sur la fin du front républicain » poursuit-il.

Lors des élections régionales de 2015, le parti d'extrême droite avait obtenu des résultats à la hauteur de leurs attentes : presque 28 % au premier tour. Pour le moment, aucun sondage national n’a mis le RN à ce niveau-là. Le danger pour eux est le second tour. Comme cela avait été le cas dans les Hauts-de-France en 2015,  les partis candidats à la région pourraient faire bloc contre le Rassemblement national et ainsi bloquer ces chances de victoire.


 

Antonin Albert

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