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Point de vue

Bienvenue à Sugarland !

Sugarland : c’est le titre de ce film documentaire australien de Damon Gameau sorti en 2014. Il traite de l’importance du sucre dans l’industrie agro-alimentaire et de son impact sur notre santé. Le parcours historique du sucre, présent dans 80% des aliments de notre société actuelle, permet de comprendre sa quasi-omniprésence dans nos vies. Pourtant, le sucre a tout d’un petit vicieux. Non seulement il se cache sournoisement dans notre alimentation, mais en plus, son action particulière au niveau de notre cerveau crée un sentiment d’addiction. L’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) alerte sur la consommation excessive des sucres, notamment chez les enfants à partir de 4 ans. À travers ce texte documenté et surtout argumenté, s’opérera peut-être un changement de regard et quelques pistes pour diminuer la consommation de sucre.

Histoire et décadence

 

Historiquement, si nous remontons quelques décennies en arrière, le gras était considéré comme l’ennemi public de notre alimentation. Jugé néfaste à la santé, on lui faisait la chasse tandis que le sucre prenait la place du gentil aliment doux et réconfortant. Tellement réconfortant, au final, que sa consommation a crû de manière exponentielle pour atteindre le chiffre record de 35 kg par habitant et par an en France. Un siècle plus tôt, ce chiffre était 7 fois moins élevé…

Selon l’OMS, nous devrions nous contenter de 50 g de sucre par jour, là où plus du double est atteint aux États-Unis avec une moyenne de 126 g par jour (cela représente 500 kCal au quotidien et environ 46 kg de sucre par an et par habitant !).

Petit rappel nutritionnel

 

La famille des glucides

On parle communément « du sucre », qui appartient à la famille des glucides. Ces derniers forment, avec les protéines et les lipides, les 3 grandes catégories de macronutriments indispensables pour l’organisme. 

Au sein des glucides, il faut distinguer les glucides simples et les glucides complexes. Pour faire bref, la grande différence réside dans leur taille ou poids moléculaire. Les sucres correspondent à des glucides simples constitués d’une unité (monosaccharide comme le glucose, le fructose, le galactose) ou de 2 unités (disaccharide comme le saccharose, le lactose et le maltose). Lorsqu’on désigne un sucre, cela ne veut pas forcément dire qu’il est associé à un goût sucré. 

Les différentes formes de sucres

Les sucres se présentent sous plusieurs formes :

  • les sucres naturellement présents dans les aliments (fruits, légumes, produits laitiers, etc.) ;
  • les sucres ajoutés qui sont, comme leur nom l’indique, les sucres additionnés aux aliments et aux boissons (que ce soit par les fabricants, les industriels, les cuisiniers et restaurateurs mais aussi par nous-mêmes dans les préparations que nous consommons) ;
  • les sucres « libres »  qui regroupent tous les sucres ajoutés et les sucres naturellement présents dans les jus de fruits, le miel et les sirops.

Ainsi, l’OMS préconise que la consommation de sucres libres ne doit pas dépasser 10 % de notre ration calorique totale, soit environ 50 g/j pour un adulte dont la ration énergétique journalière est de 2000 kCal. Pour rappel, 1 g de glucide correspond à 4 kCal.

Le sucre : berceau de l’obésité

 

Vers 2010, un lien de cause à effet a été mis en relief entre la consommation de sucre et l’obésité. De manière plus globale, les changements très marqués relatif à notre alimentation ont un impact désormais démontré sur le taux exponentiel d’obésité.

Notamment, les produits transformés issus de l’industrie, renferment des quantités astronomiques de sucres ajoutés dont le vice réside dans leur dissimulation. Leur présence croissante au sein de nos rayons de supermarchés depuis les années 60 témoigne d’un marché qui a le vent en poupe et qui s’est malheureusement adapté à l’évolution et l’accélération de nos modes de vie. Saviez-vous qu’une cuillère à soupe de ketchup contient 4 g de sucre ? Une canette de soda, c’est 10 fois plus ! Cette forte concentration en sucres ajoutés, notre organisme n’y était pas vraiment préparé.

Par ailleurs, au-delà de l’impact sur la probabilité d’une obésité, l’autre effet néfaste concerne la survenue de caries dentaires.

Dépendance en ligne de mire

 

Le sucre coche de nombreuses cases d’une substance addictive. Aussi, par définition, l’addiction entraîne de la dépendance.

Là où nous pouvons commencer à nous inquiéter, c’est que des études ont montré que le sucre a un potentiel addictif aussi fort que certaines drogues. Et il semblerait aussi que, tout comme ces drogues, le sucre entraîne sur le long terme des modifications biologiques durables au sein du cerveau…

Qui dit addiction dit sevrage. Eh oui, se sevrer du sucre peut s’avérer être un vrai challenge. D’ailleurs, dans les médias, vous trouverez de plus en plus de contenus consacrés à la détox en sucre.

Les produits transformés : ennemi public numéro 1 à combattre pour nos enfants

 

Les biscuits, pâtisseries et gâteaux industriels

Trop riches en sucres et surtout sans intérêt nutritionnel particulier, ces produits (plutôt que des aliments) gagneraient à être remplacés par d’autres aliments de meilleure qualité et plus riches en calcium comme les laitages sans sucre ajouté, mais aussi les fruits frais pour un apport en fibres, bien trop pauvre dans notre alimentation actuelle.

Les sodas

Il n’y a aucun bénéfice à tirer de la consommation de sodas, encore moins pour nos enfants. Savez-vous qu’un enfant qui boit un soda par jour augmente son risque d’obésité de 60% à l’âge adulte ?  

Avez-vous entendu parler de la « maladie du soda » ? Encore désignée sous le terme NASH, acronyme anglais se traduisant en français pas stéatose hépatique non alcoolique, elle se caractérise par une inflammation et une augmentation de la taille du foie pouvant dégénérer en cirrhose voire en cancer.

Des idées pour instaurer le changement 

 

Alors, comment faire ? Ce n’est pas simple. La plupart d’entre nous ont un rythme de vie effréné. Pour le goûter à emporter à l’école, il y a l’embarras du choix dans les rayons : pourquoi s’en priver ? En plus, les industriels savent séduire leurs jeunes consommateurs : des packagings alléchants, des cartes ou des magnets à collectionner, un goût très sucré qui satisfait le palais de nos petits (et de nos grands…).

Il n’y a pas de recette miracle à proposer. Mais pourquoi ne pas commencer par la technique des petits pas. Il faut casser le cercle vicieux du « sucre qui appelle le sucre ».

À table, il faut instaurer le « tout le monde à l’eau » : pas de boissons sucrées, pas d'eau aromatisée, pas de sodas. Si c’est la coutume chez vous, alors ce sera déjà un pas de géant ! Rien n’empêche de se faire plaisir de temps en temps (une sorte de version pédiatrique de l’apéro du week-end…) mais l’exception doit rester la règle.

Concernant les goûters, l'amélioration est également envisageable. L’idéal est d’avoir recours aux préparations dites « maison » c'est-à-dire ce que nous fabriquons nous-mêmes. Mais là encore, se montrer vigilant sur les quantités de sucre proposées dans les recettes semble être un bon réflexe. Bien souvent, on peut diviser par 2 la quantité de sucre d’un gâteau maison et cela ne le rend pas immangeable pour autant… Faites le test ! 

Le côté sympa de la fabrication maison tient au fait que, le week-end (si c’est compatible avec l’emploi du temps), l’activité pâtisserie peut faire partie du programme avec les enfants. Les intérêts sont multiples : ils sont mis à contribution, ils peuvent choisir la recette qui leur plaît, c’est un très bon exercice pour manipuler, s’organiser. Les biscuits maison se conservent très bien pendant plusieurs jours, idem pour un cake maison. Vous avez déjà 2 jours de goûters tout près et en plus, c’est économique !

Sources :

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