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Covid-19 : Tout ce qu’il faut savoir sur le variant Indien

Plusieurs cas de variant Indien ont été détectés sur le territoire français ces derniers jours, chez des personnes revenant d'un voyage en Inde. Beaucoup d'interrogations demeurent autour de ce variant encore récent.

 

Ce vendredi, la France comptait cinq cas du variant Indien, en Gironde, dans le Lot-et-Garonne et les Bouches-du-Rhône. Ce chiffre, dévoilé en fin de semaine par les agences régionales de santé et le ministère de la Santé, inquiète puisque le nombre de personnes contaminées pourrait vite devenir plus nombreuses. Ce variant fait peur car il est dévastateur en Inde, et débarque à peine en France.

 

Ou a-t-il été détecté pour la première fois ?

Le nom scientifique du variant Indien est B1617. Il a été détecté, pour la première fois, en octobre dernier, à Ngapur, dans l'État du Maharashtra, au cœur de l’Inde. Pour l'instant, il est loin de s'imposer par rapport aux autres variants, puisqu'il ne représente aujourd'hui en Inde que 15 à 20% des échantillons séquencés. Depuis son apparition, il a provoqué plus de 200.000 décès dans le pays , et s'est répandu sur tous les continents.

Mais son côté "double mutant" préoccupe les scientifiques. On l'appelle ainsi car il est porteur d'une double mutation. La première mutation pourrait le rendre résistant aux vaccins existants, hypothèse non prouvée pour l'instant. Quant à la seconde mutation, elle pourrait être associée à une augmentation de la transmission. Il serait donc plus contagieux, mais sans doute moins que le variant britannique. C'est la première fois que l'on observe ensemble ces deux mutations connues sur un variant avec une diffusion importante.

 

Est-il particulièrement dangereux ?

Du côté des symptômes, pas de différence notable avec ceux du Covid originel : maux de tête, congestion nasale, maux de gorge, douleurs musculaires. «On en voit (des malades, NDLR) atteint de diarrhée, comme ce fut le cas à New York l'an dernier, a précisé au Figaro Anurag Agarwal, directeur de l'Institut de génomique et de biologie intégrative de Delhi. Et le climat étant chaud et sec cette saison, certains saignent du nez ou de la gorge parce qu'ils toussent ou éternuent davantage».

Taux de reproduction du Covid-19 par pays. © Our World in Data

Au niveau de la contagiosité, le constat est plus alarmant. Un simple coup d'œil sur le schéma ci-dessus suffit pour constater un taux de reproduction particulièrement élevé en Inde.

«Le B.1.617 a un taux de croissance plus élevé que les autres variants en circulation en Inde, ce qui suggère une plus grande contagiosité.»

Organisation mondiale de la santé ce jeudi.

Selon l’OMS, il faut toutefois être prudent quant à la contagiosité. D’autres facteurs entrent en compte dans l’explosion de ce variant en Inde, comme le non-respect des restrictions sanitaires et les rassemblements de masse par exemple. Pour le moment, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne l'a donc pas encore classifié comme «préoccupant», mais simplement comme «variant d'intérêt», précisant que «des recherches supplémentaires» notamment sur la contagiosité, la sévérité et le risque d'une réinfection du variant indien «sont (...) urgemment nécessaires».

 

Peut-on facilement le détecter ?

Le variant Indien présente le point commun avec les souches plus anciennes qu'il reste détectable par les tests PCR, même si des médecins du Rajiv Gandhi Cancer Institute de Delhi confient avoir remarqué que celui-ci évoluait rapidement vers les voies respiratoires. Cela signifie que dès lors qu'il a infecté les poumons, il peut donc ne plus être présent dans le nez ou la gorge, et passer inaperçu. «La possibilité de détecter le virus par test PCR est plus importante avant l'apparition des symptômes. Après, cette probabilité diminue au bout de sept jours», a indiqué le médecin Indien Anurag Agarwal. 

 

Est-il résistant aux vaccins ?

Le Conseil scientifique estime qu’aucune donnée solide ne permet encore de statuer sur l'efficacité des vaccins sur le variant indien. Néanmoins, «La mutation L452R pourrait diminuer la sensibilité de ce variant aux anticorps», précise toutefois  le Conseil scientifique, déclarant également que «la mutation E484Q est proche mais différente de la mutation E484K qui facilite un échappement partiel aux vaccins». «On peut donc s'attendre à une efficacité vaccinale conservée mais diminuée», concluent-ils. Interrogé jeudi sur RTL, l'un de ses membres, Bruno Lina, s'est pourtant voulu rassurant, affirmant que «pour l'instant, les premières données qu'on a de la part des Indiens, c'est que les vaccins protègent contre ce virus».


 

Ou est-il présent dans le monde ?

Le variant indien a été détecté à ce jour dans «au moins 17 pays» selon l'OMS. Il est présent sur les cinq continents. Au niveau de l’Europe, le variant Indien à été détecté Belgique, Suisse, Espagne, Grèce, Italie et en France. La plupart des cas viennent de l'Inde, du Royaume-Uni, des États-Unis et de Singapour.

 

Le variant Indien  B1617 a été classé par Santé publique France, dans la catégorie des variants “à suivre”, nécessitant une surveillance renforcée.

 

Antonin Albert

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