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Crise sanitaire et blessure du lien social

La santé mentale des français ne cesse de se détériorer depuis le début de la crise sanitaire. D’après le dernier bilan de l’observatoire en santé publique en France les chiffres sont alarmants.

En effet, un tiers des français  souffrirait soit de troubles  anxieux, soit de dépression. Ces chiffres ne peuvent que nous alerter sur l’impact de la pandémie sur la souffrance psychologique. 

Initialement cette situation inédite, fût un choc collectif, nous confrontant à l’impuissance, malheureusement nous n’imaginions pas que deux ans plus tard elle perdurerait. Cette crise dépasse les pires scenarios de films catastrophiques impactant  le monde entier.

La crise sanitaire se prolonge, nous assistons à sa cohorte d’inquiétudes réalistes, irrationnelles parfois, engendrant  phobies, accroissement des comportements addictifs et autres signes de souffrance non s’en rappeler les symptômes  du stress post traumatique. 

Cette crise nous touche dans  notre dimension humaine et sociale,  la succession de confinement, de couvre feux impacte sur nos besoins  fondamentaux relationnels et émotionnels. Ne plus pouvoir s’embrasser, s’enlacer,  se serrer, se toucher, danser porte atteinte à nos sens qui participent à notre vivance et notre humanité. 

Comment allons nous dépasser cette blessure du lien infligé par un virus?

De nombreux auteurs nous ont démonté l’importance du toucher, des interactions  sociales  qui contribuent à notre développement harmonieux et l’installation  d’attachement sécure.

Nous sommes des êtres  biopsychosociaux, la qualité des liens fonde et conditionne notre bien-être.

Il n’y a qu’à porter notre regard sur les structures  accueillant les personnes âgées pour constater  les effets  délétères de ces ruptures de liens successives et leur triste conséquence : un accroissement des syndromes de glissement.

Sans compter différents  troubles dont souffrent  de nombreux français adultes sur le plan physique psychique,et comportemental : trouble du sommeil, céphalées, fatigue chronique, perte de l’appétit,  inquiétudes,  peurs anticipatoires, phobies, découragement, difficultés  de concentration,irritabilité non sans nous rappeler  les symptômes  de la dépression, de l’anxiété voire du syndrome de stress post traumatique.

Il est inquiétant  et regrettable qu’être en lien soit dorénavant associé au danger.

Tous les jours dans notre pratique en cabinet, nous observons en qualité  de psychologue  des patients  terrifiés à l’idée d’avoir la covid, inquiets d’être  porteurs du virus et de le transmettre à leur proche  à risques et je les cite :de les "tuer". 

Comment naviguer entre conscience,  rationalité,  peurs légitimes, inquiétudes irrationnelles et maintenir , entretenir des liens vitaux  pour notre santé?

La relation à l'autre ne cesse de pâtir de toutes ses carences affectives et sociales  et touche  toute génération confondue.

Tout comme notre corps  physique a besoin de calories qu’il trouve dans  notre alimentation pour se maintenir en santé, notre corps psychique et émotionnel a besoin de recevoir des calories  affectives et sociales qu’il satisfait au travers des partages amicaux, de sourires, de regards tendres,de sorties,de renforcement des liens...

Je crois que plus que jamais  il est vital de prendre soin de soi et de sa relation aux autres. 

Nos attaches participent à notre immunité  psychologique. 

Je ne peux qu’inviter chacun à nourrir sa relation aux autres de quelque forme que ce soit en respectant  ses valeurs, ses besoins de sécurité. Restons créatifs,  aujourd’hui  les réseaux sociaux  nous permettent  d’entretenir ce lien, de partager dans la bonne humeur, de rire en utilisant l’humour qui est un facteur de croissance positif.

Une piste et non des moindres serait de porter un regard qui focalise moins sur ce qui manque ou ne convient pas, à l’instar portons notre regard sur ce qui nous fait du bien.

Renforçons quand celà est possible notre gratitude d’être en santé, de poursuivre nos activités.

En ces temps mortiféres, favoriser la croissance post traumatique semble être une voie à emprunter. Ceux sont tout simplement nos adaptations pour prendre soin de nous, accueillir l’inconfort face a nos incertitudes, nos pertes de contrôle, de maîtrise.

Renforçons notre flexibilité  cette force mentale  qui  participe à accueillir nos pensées, nos émotions , tout en poursuivant nos objectifs, notre chemin de vie .

Chaque épreuve nous confronte à un avant et un après. Nous possédons  en nous et autour de nous les ressources pour faire face,  s’adapter, rebondir.

Stimulons ces belles énergies et ressources pour maintenir notre homéostasie. 

 

Carine Hernandez 

Psychologue Clinicienne, Auteure du livre de Tais toi à t’es toi 

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