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Panne des numéros d’urgence : on vous explique la polémique

Hier, entre 18 et minuit, une panne sur le réseau téléphonique d’Orange est survenue. Les numéros fixes et d’urgence ont été injoignables de longues heures sur tout le territoire, et à la mi-journée des dysfonctionnements persistaient dans certains départements. Pour pallier à l'inaccessibilité des numéros d’urgence, des numéros de substitution ont été établis dans la nuit. Cet incident a coûté la vie à au moins trois personnes, qui n'ont pu contacter les secours. On parle alors de “perte de chance”, un retard à l’intervention en cas de détresse vitale. Une enquête a été ouverte par le parquet de Vanves, à la demande de Darmanin, qui ne peut cependant pas  “dire si le temps [avant l'arrivée des secours] a été particulièrement long et s'il est imputable à ce numéro d'urgence. Ce qui est sûr, c'est que les personnes ont témoigné qu'ils ont essayé d'appeler plusieurs fois et qu'ils n'ont pas réussi tout de suite à avoir des opérateurs.” Une seconde enquête administrative a également été ouverte.

Ce midi, le PDG d’Orange Stéphane Richard était l’invité du 13 heures de TF1. Il a présenté ses excuses les plus vives, et fait un point sur la situation. "A l'heure où nous parlons, l'ensemble du trafic sur les numéros d'urgence est normal sur l'ensemble du territoire national. (...) Par précaution, les numéros de substitution sont maintenus mais la situation est sous contrôle. Pour une raison que nous ne connaissons pas aujourd'hui, plus probablement une défaillance logicielle, [la panne a] touché l'intégralité des six sites en même temps. Ce n'est jamais arrivé. C'est très rare.” Il a été convoqué ce matin à 9h par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pour s’expliquer. Le problème serait imputé à un routeur, un incident “prévisible” pour l’association des médecins urgentistes de France. Christian Prud’homme, porte-parole de l’association, a manifesté sa colère aujourd’hui sur FranceInfo. “Depuis de nombreuses années, nous insistons sur le fait qu'avec la multiplication des opérateurs, la libéralisation des télécommunications, nos systèmes ne sont pas sécurisés. D'autre part, ils ne sont pas dimensionnés à la hauteur de ce qu'on souhaite. En 2015, lors des attentats, les standards avaient été saturés. On nous avait promis des améliorations qui n'ont pas été mises en œuvre. Nous n'avons plus d'opérateurs d'État unique, et on n'a absolument pas géré le fait qu'en cas d'incident, il nous fallait un système de secours. Ce système de secours n'existe pas aujourd'hui, donc il va falloir investir. Il y a un sous-investissement dans les services publics essentiels que sont le 15, le 18 et le 17. Entre l'Etat qui nous demande des économies et des opérateurs téléphoniques qui ne pensent qu'à gagner les parts de marché, on ne sécurise pas les numéros essentiels pour la sécurité de la population. Et ça, c'est scandaleux.

Pour la Fédération nationale des Sapeurs-Pompiers de France, ce problème ancien doit être traité au plus vite. Le porte-parole de la Fédération a indiqué que “notre résilience passe par une rénovation majeure de notre système d'alerte et de communication, que demandent les sapeurs-pompiers de France depuis longtemps. Cette panne montre le besoin de rénover "notre système d'alerte" et de créer un numéro unique dédié aux appels d'urgence, le 112.
A l’heure actuelle, tout le service a été rétabli sur l’ensemble du territoire.

Maud Baheng Daizey

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