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EMBRYONS SINGE-HOMME : LE MELANGE DE TROP ?

A sa sortie en 1968, nombreux avaient été ceux à frissonner devant le film de Franklin Schaffner, La planète des singes. Si la fiction devenait réalité, combien seraient prêts à accueillir le primate comme un égal ? Le 15 avril 2021, des chercheurs européens, américains et chinois parviennent à incorporer 25 cellules d’Homme à 132 embryons de macaques. L’enjeu est d’éviter la pénurie d’organes humains en les produisant chez l’animal. Ce n’est pourtant pas la première fois que de tels embryons sont créés : en 2017, le public avait déjà assisté à la création de cellules homme-porc. La controverse issue de ce mélange avec le singe vient alors de la correspondance de nos patrimoines génétiques, allant jusqu’à 96% de similitude. Par ces expériences, la ressemblance de l’Homme et du primate pourrait aller au-delà de la simple apparence physique…

 

« Des singes à l’intellect et à la conscience de vraies personnes »

Il est difficile de savoir comment gérer le fait que l’animal ressemble de plus en plus à l’être humain. Dans une vision binaire de la nature, les droits de l’individu priment sur les droits animaliers. Cette avancée scientifique pose pourtant la question de savoir jusqu’à quel point la part d’humanité de ces hybrides doit être prise en compte. Les lois bioéthiques ont donc tenté d’éviter un maximum de confusions en dictant certaines limites. L’embryon macaque doit garder une apparence bestiale : prélever des organes à des êtres humanoïdes serait trop bouleversant. Les résultats de ces croisements ne doivent pas non plus générer de cellules sexuelles humaines, pour contrôler leur descendance. La principale inquiétude reste que la part d’homme atteigne le cerveau, créant des singes à l’intellect et la conscience de vraies personnes. Le projet deviendrait impossible du point de vue éthique. Ces embryons singe-Homme pourrait également conduire à la transmission d’une nouvelle infection du macaque à l’individu.

Les défenseurs du bien-être animal n’ont de cesse de rappeler la morale douteuse d‘engendrer des êtres dans le seul but de servir la société. Tout le système serait alors à revoir, à commencer par l’élevage, où les animaux naissent pour nourrir l’humain. Une partie de la communauté bioéthique insiste par conséquent sur l’importance du caractère médical et non lucratif de ces expérimentations. Les scientifiques assurent en effet respecter autant que possible ces recommandations.

Séduits par l’idée de vivre toujours plus vieux, beaucoup applaudissent les progrès biomédicaux nés de ces recherches, notamment en termes de médecine régénérative. Il s’agit maintenant de savoir si le bien-être humain constitue un motif suffisant pour prendre le pas sur l’éthique animale.

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