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Quand les scientifiques "sursautent"

Depuis quelques années, un phénomène encore largement inexpliqué passionne de plus en plus les astronomes : les « Sursauts radios rapides ».

Aussi présentés sous leur diminutif FRB (pour Fast Radio Burst), ces signaux se manifestent par de brèves, violentes et puissantes rafales de particules élémentaires de lumière (photons) émettant aux longueurs d'onde radio. La plupart du temps, ils ne durent que quelques millisecondes et ne se manifestent qu'une seule fois et, lorsqu'ils se répètent dans le temps, ce n'est que de manière aléatoire, ce qui rend leur observation extrêmement complexe. À titre de comparaison, il faudrait une journée entière au Soleil pour libérer autant d’énergie qu’un FRB peut produire en une fraction de seconde.

Observés pour la première fois il y a plus de 10 ans, ces évènements ne cessent de passionner les astronomes. En 2015, les scientifiques de l’université de Swinburne observaient pour la première fois en direct ces ondes, un signal capté en temps réel mais qui demeurera un mystère, tout comme ses origines. En effet, sa source semble prendre place à 5,5 milliards d’années-lumière de la Terre, soit en dehors de notre galaxie, plutôt vers la constellation du Verseau.

Un phénomène d’actualité

Des mystères d’ailleurs, il n’y a pas que 2015 qui nous en procure. Voilà maintenant quelques années que 2 signaux (parmi les 75 découverts depuis 2007) intéressent particulièrement les scientifiques de par leur répétitivité. Le premier, découvert en 2012 et baptisé FRB 121102 (R1) a été braqué par le Westerbork Synthesis Radio Telescope (WSRT) de l'Institut néerlandais de radioastronomie pendant pas moins de 130 heures. Le second quant à lui, observé pour la première fois en 2018 et baptisé FRB 180814.J0422+73 (R2), s’est vu subir le même sort pendant 300 heures. Cependant, les scientifiques ont certes aperçu 30 sursauts du côté de R1, mais n’en ont pas observé un seul du côté de R2.

Le Westerbork Synthesis Radio Telescope / Source image : Wikimedia Commons

Plusieurs explications sont envisagées par les astronomes. La première : que R2 ait tout simplement cessé d'émettre des sursauts radio rapides. La deuxième : qu’il n'émet pas aux longueurs d’onde auxquelles WSRT observe. Un peu comme s'il émettait dans le rouge alors que le télescope ne voit que du bleu. Ou encore, la troisième : que R2 ait continué d'émettre des sursauts radio rapides, mais trop faibles pour être détectés. Quoi qu’il en soit, ces signaux n’ont pas cessé de surprendre et permettent même à certaines théories excitantes de naître.

L’imminence d’une découverte

Le célèbre chercheur de la prestigieuse université de Harvard, Abraham Loeb, a récemment défrayé la chronique en évoquant le cas du FRB 189016.J0158+65. En effet ce sursaut radio rapide identifié début février par des astronomes de l'équipe Chime/FRB, présente un cycle de 16 jours. Et personne ne sait vraiment, pour l'heure, quel phénomène en est à l'origine. Mais dans une interview à Cnet, l’astrophysicien estime que tout est possible, y compris qu'il s'agisse de la trace d'une activité extraterrestre : « Une civilisation pourrait chercher à propulser des engins à l'aide de voiles solaires. Pour cela, elle aurait besoin d'un puissant faisceau de lumière. Ce sursaut radio pourrait correspondre à la fuite de ce rayonnement en dehors des limites de la voile ».

Véridique ou pas, cette phrase soulève cependant un point très sensible dans le monde contemporain, celui de la potentialité d’une vie extra-terrestre.

Arsène Gay

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