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Thomas Pesquet : l’étoile filante de l’astronomie française

Ça y’est. Pour la deuxième fois de sa vie, et à seulement 43 ans, l’astronaute français le plus connu de l’histoire vient de décoller avec trois autres membres d’équipage ce vendredi 23 avril dans le but de rejoindre la Station spatiale internationale (ISS) pour une durée de six mois. La mission, baptisée Alpha, ne fera que fournir encore un peu plus le palmarès déjà impressionnant du toulousain.

A trop regarder le ciel, il semblerait qu’on puisse y habiter. Dixième Français à être parti dans l'espace. Premier Européen à décoller à bord du Crew Dragon (capsule de SpaceX). Premier Français à décoller depuis le sol américain depuis dix ans. Premier Français de l’histoire à devenir commandant de bord de l’ISS. Cette mission serait un tournant dans la carrière de n’importe quel autre être humain normalement constitué. Pourtant, même si elle lui donne plus de responsabilités que jamais, elle n’est que la suite logique de la carrière de Thomas Pesquet.

Portrait officiel de Thomas Pesquet. / Source image : Wikipédia

Parcours parfait

Né à Rouen le 27 février 1978 et baignant dans les sciences depuis petit (fils d’un professeur de mathématiques-physique et benjamin d’un frère ingénieur et enseignant), c’est tout logiquement qu’il valide un bac scientifique et obtient rapidement un diplôme d'ingénieur aéronautique à Supaéro, à Toulouse. Et si son métier le rend toujours plus proche du monde de l’espace, Thomas Pesquet va s’autoriser un « petit » détour par les airs.

Passionné par le pilotage, c’est Air France qui lui donnera sa chance en l’intégrant suite à un concours entre pilotes cadets du groupe. Son métier d’astronaute lui-même ne l’empêchera pas de continuer à exercer sa passion, puisque le Français a toujours continué à voler chez Air France de 2010 à 2016, puis chez Novespace sur A310 et au sein des essais en vol d'Airbus sur A320 et A350 depuis 2018, accumulant des milliers d’heure de vol jusqu’à aujourd’hui.

Cependant, le petit garçon qui construisait des navettes en carton dans sa chambre rêve plus grand et surtout, plus haut. Lors de l’année 2008, il tente sa chance pour faire partie du Corps européen des astronautes. Cette opportunité, il la doit à la campagne de recrutement de l’Agence spatiale européenne. Et c’est un an plus tard, en mai 2009, qu’il apprendra être l’un des six candidats retenus parmi les 8 413 postulants. Entamant une formation homogène intensive, il finira par travailler comme responsable des communications avec les astronautes en vol (Eurocom).

En dehors du cadre professionnel, Thomas Pesquet pratique sept sports (et est ceinture noire de judo), parle six langues, aime la lecture, joue du saxophone et la liste ne s’arrête pas là… De quoi faire tourner la tête ! / Source image : Paris Match

Objectif ISS

Très vite, le normand va avoir un nouvel objectif : une mission à bord de la Station spatiale internationale. Pour se faire, il va entamer un long programme d'entraînement et d'apprentissage principalement dispensé en Allemagne, en Russie et aux États-Unis. Pilotage du vaisseau Soyouz (qui l’emmènera à la station), mises en situation, familiarisation avec les équipements et les systèmes, manipulation de toutes les technologies, la formation est vaste et n’omet aucun détail. Une fois cette dernière terminée c’est sûr : Thomas sera paré au décollage.

C’est en 2014 qu’il apprend qu’il fera partie de la mission Proxima, qui l’enverra en orbite du 17 novembre 2016 au 2 juin 2017. Le jour du décollage, il devient donc le dixième Français à voler dans l'espace et le second à effectuer un séjour long (après Jean-Pierre Haigneré lors de la mission PERSEUS en 1999). Durant les six mois qu’il passera là-bas, il contribua à 62 expériences coordonnées par l'Agence spatiale européenne et le Centre national d'études spatiales ainsi qu'à 55 autres expériences des agences spatiales américaine, canadienne et japonaise. Thomas Pesquet effectua des expériences précieuses pour l’Europe dans le laboratoire européen Columbus qui feront avancer la connaissance du corps humain, de la physique et de la biologie et apporteront des informations utiles pour les futures missions d’exploration spatiale.

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Un retour tonitruant

Lors de son retour, qui marque le début de son apogée médiatique qui dure encore aujourd’hui, le spationaute reçoit devant la caméra un premier appel de son épouse Anne Mottet. Le second, ce sera un échange de quelques minutes avec le Président de la République Emmanuel Macron lui-même qui lui avouera que « quelques choses ont changé » durant son absence, le chef d’Etat ayant été élu alors que Thomas Pesquet était à bord de l’ISS.

Ce retour est également marqué par le classique contre-coup que subissent les astronautes lors de leur retour sur Terre. Pourtant très sportif, il n’arrive même plus à marcher et expliquera avoir eu de nombreuses nausées. Et malgré tout cela il ne connaîtra pas le blues de l’espace et avouera très vite son envie d’y retourner.

Pendant le temps qui séparent les deux missions, il va surtout se servir de sa notoriété grandissante pour faire de la communication et de la représentation, notamment auprès des plus jeunes. Parmi les thèmes qu’il défend, il y a l’éducation, l’écologie, la parité, la coopération internationale et bien d’autres. Participant à de nombreuses émissions, répondant à des dizaines d’interview et se montrant très présents sur les réseaux sociaux, il ne tardera pas à se faire une place dans le cœur des Français. En 2018, il en devient la quatrième personnalité préférée, ex-aequo avec Kylian Mbappé.

Au-delà de sa mission scientifique, Thomas Pesquet a révélé son côté artistique durant son premier séjour dans l’espace par la photographie, en créant son premier livre appelé « TERRE(s) ». / Source image : Amazon

Pourtant tout cela ne l’empêche pas de continuer à travailler. Il reprend le pilotage, écrit deux livres, participe à des documentaires, films, reportages et continue bien évidemment de nombreuses tâches techniques. Thomas va également beaucoup œuvrer pour les associations, lui qui deviendra ambassadeur et parrain de plusieurs d’entres-elles, tout en continuant de s’impliquer dans d’autres (Restos du Cœur).  Et alors qu’il retrouve un rythme de vie terrien, sa vie va à nouveau basculer dans l’espace.

La même chose, mais en mieux

Le 22 janvier 2019, la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Frédérique Vidal annonce qu'il retournera dans l’espace très prochainement, une annonce confirmée par Thomas Pesquet, qui affirmera qu’il embarquera probablement à bord d’un vaisseau d'origine américaine (SpaceX ou Boeing). En juillet 2020, il est officiellement confirmé pour participer à SpaceX Crew-2 pour la mission baptisée Alpha, dont le décollage est prévu au 22 avril 2021 à 12h11 heure française, mais qui aura finalement lieu le lendemain à 11h49, faute de mauvaises conditions météorologiques.

Le Français va alors reprendre intensément du service et entamera rapidement son entraînement pour cette mission, en partageant sa préparation sur les réseaux sociaux. Une année compliquée, puisqu’en raison de la crise sanitaire, l’isolation fut de mise. Une situation que ce dernier critiquera avec humour : « Je ne suis pas sûr qu’un an d’isolation soit la meilleure façon de préparer six mois d’isolation. » Malgré tout ça le Français connaît bien sa mission, puisqu’il s’agit de la même qu’en 2016 : un séjour de six mois à bord de l’ISS, mais avec une saveur particulière cette fois-ci.

En effet, lors d'une conférence de presse donnée le 16 mars 2021, le directeur général de l'Agence spatiale européenne Josef Aschbacher annonce que Thomas Pesquet deviendra commandant de bord de la Station spatiale internationale pendant la 2e moitié de son séjour à bord, faisant de lui le 1er Français et le 4e Européen à la commander.

Thomas Pesquet est donc un Français au destin incroyable, mais à qui tout le monde peut s’identifier. Le petit garçon qui rêvait la tête dans les étoiles a beaucoup aurait admirer l’adulte qu’il est devenu. Son parcours, il le doit à son travail, sa détermination, mais surtout à lui-même. Et même s’il est à nouveau parti, nous pouvons nous rassurer en nous disant que même loin de nous, il continue à nous inspirer : « Je me dis qu’au final, j’ai eu tellement de chance et que ce n’est pas le cas de tout le monde. Il y a des gens qui n’ont pas de chance et qui sont dans des situations hyper-galères, donc si ceux qui ont énormément de chances ne se décident pas à les aider, à ce moment-là ça ne sert à rien. »

Arsène Gay

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