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Afghanistan : le chef de la résistance Ahmad Massoud affirme que le pays peut encore être sauvé des Talibans

Lorsque les Talibans ont repris le pouvoir l’été dernier, les femmes n’étaient pas les seules à faire de la résistance. Ahmad Massoud, chef des rebelles, a tenu durant des semaines la vallée du Panjshir, qui a été la dernière région à tomber entre les mains des terroristes.

Une résistance qui perdure

La vallée du Panjshir est une des 34 provinces du pays et abrite toujours le fils du célèbre commandant Massoud, Ahmad Massoud. Il n’a pas la célérité de son père mais il tient tête aux Talibans jusqu’au bout. Le commandant Massoud avait fait de la vallée son fief lors du conflit avec l’ex-URSS et les Talibans de 1996 à 2001. Le commandant, surnommé le “lion du Panjshir”, a été tué par Al-Qaïda le 9 septembre 2001 pour avoir dénoncé les crimes des Talibans et d’Oussama Ben Laden. Il s’était rendu quelques jours plus tôt aux Etats-Unis pour les prévenir d’une attaque imminente de Ben Laden, en vain. Considérée comme imprenable, la vallée était aux mains du fils l’été 2021, avec plusieurs milliers de femmes et d’hommes à ses côtés.

Les Talibans affaiblis par des divisions internes

Si les Talibans ont repris le contrôle de tout le territoire national, Ahmad Massoud continue de lutter contre leur idéologie. Lors d’une interview accordée à Euronews le 13 septembre dernier, il a réitéré son appel à la communauté internationale, l’implorant de résister. “La communauté internationale doit rester ferme face aux Talibans et à leurs exigences” et inclure “toutes les parties afghanes” dans les négociations pour la “mise en place d’un gouvernement afghan légitime.” Lors de la prise de Kaboul puis du reste du pays à partir du 15 août 2021, Ahmad Massoud tente de négocier avec les Talibans pour obtenir un véritable gouvernement inclusif. “Tout d'abord, je me suis dit qu'auprès des Talibans - puisqu'ils parlaient de la charia, de l'islam, de religion -, les universitaires d'Afghanistan pourraient être de bons ambassadeurs, des médiateurs. J'ai demandé aux universitaires, d'être des ambassadeurs, des médiateurs. Et ils ont fait tout leur possible, mais malheureusement, les Talibans ne les ont pas écoutés. Deuxièmement, je me suis dit que peut-être les universitaires n'étaient pas très diplomates, très efficaces. Alors, une délégation politique a été envoyée auprès des Talibans. En vain. Ils ont refusé de discuter. Ensuite, j'ai pensé que je devrais agir moi-même directement. J'ai parlé avec différents membres des Talibans dans l'espoir de trouver une manière de faire cesser la violence et d'installer la paix”, sans réussite.

Lui et ses alliés n’ont pourtant pas abandonné le combat, loin de là. “À l'heure où nous parlons, la résistance est une chose que les Talibans refusent continuellement. Nous voyons que nous avons réussi à les capturer, nous avons même réussi à abattre leurs hélicoptères, à supporter les rudes hivers de l'Hindou-Kouch et à survivre sans aucune aide extérieure. Après une année au pouvoir, les Talibans ont montré qu'ils étaient incapables de gouverner. Au début, beaucoup de gens avaient de l'espoir, ils les appelaient même "les Talibans 2.0", "les Talibans modérés". Mais on a vu que tout cela était faux. Ce sont les mêmes qu'avant. Il y a des divisions internes au sein des Talibans, il existe des groupes qui ne sont pas satisfaits de la situation, mais ils sont en minorité. C'est pourquoi il existe une opportunité de réussite. Nous allons l'emporter, nous allons réussir, mais nous avons besoin de l'attention et du soutien de la communauté internationale maintenant, avant qu'il ne soit trop tard.

Maud Baheng Daizey

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