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Birmanie : de multiples crimes contre l’Humanité de la junte

Le Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar, mis en place par l’ONU en 2018, publie chaque année un rapport faisant l’état des lieux des violences en Birmanie. Et pour le président du Mécanisme, Nicholas Koumjian, les preuves de crimes contre l’Humanité sont “de plus en plus nombreuses” en Birmanie.

Les femmes et les enfants particulièrement visés

De nombreux éléments indiquent que depuis la prise du pouvoir par les militaires en février 2021, des crimes ont été commis en Birmanie à une échelle et d'une manière qui constituent une attaque généralisée et systématique contre une population civile”, selon un communiqué des Nations-Unies. De la déportation aux viols en passant par la torture et les meurtres, la violence inouïe en Birmanie ne semble pas connaître de limite selon le Mécanisme d’enquête. “Les crimes contre les femmes et les enfants font partie des crimes internationaux les plus graves, mais ils sont aussi historiquement peu signalés et font l'objet d'enquêtes insuffisantes”, déplore Nicholas Koumjian, le Mécanisme étant lui-même entravé par les autorités birmanes. “Des crimes sexuels et fondés sur le genre, notamment des viols et d'autres formes de violence sexuelle, ainsi que des crimes contre les enfants ont été perpétrés par des membres des forces de sécurité et des groupes armés. Les auteurs de ces crimes doivent savoir qu'ils ne peuvent continuer à agir en toute impunité. Nous recueillons et préservons les preuves afin qu'ils soient un jour tenus de rendre des comptes.” 

Des violences de groupes armés et la junte au pouvoir

Des centaines d’enfants seraient torturés, enlevés et enrôlés de force dans des groupes armés. En janvier 2022, le chef du Mécanisme d’enquête estimait que 1 000 personnes pouvaient avoir été tuées lors de perpétration de crimes contre l’Humanité. Selon les chiffres officiels, 2 100 civils auraient été tués depuis le coup d'État du 1er février 2021, et 15 000 autres auraient été emprisonnés. Fin juillet, la junte avait exécuté 4 hommes politiques, les premières mises à mort dans le pays en 30 ans. Enfin le sort des Rohingyas, qui avaient été traqués et tués par milliers en 2017, est toujours aussi incertain. 850 000 d’entre eux vivent toujours dans des camps de réfugiés au Bangladesh et ne peuvent retourner dans leur Birmanie natale.

Maud Baheng Daizey

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