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Point de vue

GARDIENNE DE LA DIGNITE

Linda, le livre d'une femme, d'une mère, d'une policière au service du peuple

 

Comment parler de ce livre "Gardienne de la paix et de la révolte" sans penser a toutes ces heures que moi-même engoncée dans mon rôle de presse j'ai accompli auprès de ces manifestantes et manifestants mais aussi auprès de ces policières et policiers, comment dissocier cette longue histoire de femme, de mère à celle de ces pères, de ces frères, de ces soeurs, de ces filles et fils de France, de ces enfants dont le sang bouillonnant défend avec vigueur les valeurs d'une FRANCE de l'évolution par l'esprit d'humanité, d'une France qui veut croire dans le pouvoir de la fraternité, dans le savoir par l'égalité et dans l'avenir par la liberté...une devise qui au regard de cette femme, de cette mère, de cette policière est expliquée concrètement avec ses côtés puissants d'idéaux qui la transportent, mais qui aussi la dévorent par cette faculté de l'humanité à négliger les bravoures pour ne vouloir entrevoir que les défauts d'une institution ou d'un individu.

 

Alors oui Linda est une femme, une mère, une employée de l'état, avec ses qualités et ses défauts, avec ses ambitions personnelles et ses quêtes délibérées d'ouvrir une parole qui trop souvent écrasée sous le poids du silence tue encore trop...

Comment moi simple reporter de terrain puis-je décrire un ouvrage qui parle du destin d'une enfant de notre monde, d'une enfant de l'humanité, comment puis-je décrire cet esprit de corps qui l'habite ?

 

Peut-être au travers de ce jeune lieutenant qui dans la nuit, dans le chaos de la violence quotidienne, insuffle à cette jeune mère le retour éthique aux idéaux qui vont la convaincre d'endosser la responsabilité sociale et humaine probablement l'une des plus difficiles, servir le peuple pour sa sécurité.

 

J'entends au travers de ses mots de la réalité, un cri ultime, un hurlement de ces femmes et de ces hommes, dans les commissariats, dans les casernes de celles et de ceux qui oeuvrent en silence face à la misère, aux violences, aux meurtres atroces, celles et ceux qui recueillent les crimes et les cadavres avec leurs mains et dans leurs crânes ces images qui restent fixes, le regard de cette victime, morte qui a fini seule, pendue dans nos campagnes ou celle de cette ado violée, qui ne sait plus tellement si la mort est en vérité déjà du passé ou si elle l'attend quelque part dans son sommeil avec ses vieux démons de l'agression et de la violence subie.

Ces femmes et ces hommes qui écoutent ces enfants victimes du pire, dans la prison de leurs silences, face à une institution vieillissante qui oublie trop souvent que des femmes et des hommes même sous un uniforme restent des êtres humains !

L'esprit de corps c'est tous ces flics de France : Lui qui se suicide sur son lieu de travail, elle qui décide de partir, dernier adieu dans son nouvel appartement, c'est aussi cette chape de plomb, ce silence assourdissant qui accompagne les cercueils et les flots de larmes, la police en France, cette police du 21ème siècle, c'est Bruno, Linda, Maggy, Vincent, Max, Baptiste, Karim, Leila.

Le fleuron de la police nationale, se sont ces nuiteux, ces jeunes adjoints de sécurité, dits ADS et ces brigadiers, ce sont celles et ceux qui ont les yeux embués par les efforts fournis et la haine subie, tant par une hiérarchie parfois aveugle ou complice d'une cécité voulue, on s'arrange souvent avec ces réalités quand on parvient à se persuader qu'elles n'existent pas !

Surgi lors des élections le fantôme du dernier jugement, celui des citoyens sur d'autres citoyens, car tout autant flics il n'en demeurent pas moins citoyens de France !

Les flics votent à droite trop à droite...?

Il y avait des étincelles dans leurs yeux avant que la balle de leur propre arme ne mette fin à leurs vies.

Il y avait des rêves dans leurs cœurs avant que les plaies béantes de la société ainsi exposées ne leur explosent à la figure !

Ils ont les cauchemars de ces quelques secondes où ils ont dû tirer ...le devaient-ils vraiment ?

Comment nous loin de ces secondes d'effroi pourrions nous juger du bien fondé d'une action en pleine nuit, où la proie est un homme, où la peur est tenace parce que nous sommes humains !

Qui peut réclamer, faire mieux, agir dans une perfection face aux injustices et aux violences quotidiennes !

 

Être flic c'est aussi subir la violence de la mort, celle de l'injustice !

Il y avait des vies avant que la mort ne décide de se saisir de toutes leurs pensées !

Il y avait des hommes et des femmes avec le sourire aux lèvres, avec les yeux pétillants avec l'envie de donner le meilleur d'eux même.

Mais la société les a plongés dans la solitude de la violence et de la haine quotidienne en fermant les yeux sur la vérité, en les persuadant qu'il faut savoir assumer ces métiers sinon on en change...

 

Mais on change quoi ?

Des hommes et des femmes sous uniforme ?

On met des robots ?

Parce que subir constamment les invectives et les insultes c'est plus vivable pour des robots ?

Parce que les robots sont parfaits et qu'ils ne tirent pas quand il ne faut pas ?

C'est quand le (IL NE FAUT PAS TIRER ?)

Quand quelqu'un refuse d'obtempérer (j'entends tellement de gens se faire des films dès que ces situations dégénèrent) "Ils ont visé la tête" non factuellement non, donc avant de faire un film, sans rien connaître de la réalité et en déformant les faits, venons donc accomplir le quart de ce qu'impose ce métier face aux complications actuelles, ensuite nous verrons si ces gens si forts dans les conclusions hâtives seront si exceptionnels sur le terrain en matières de retenue et de self contrôle, pour en avoir vu bosser certains je peux vous garantir que niveau self contrôle ils seraient bien les derniers à pouvoir donner des leçons !

 

Mais en vérité aucun être humain au monde ne peut supporter la mort, les agressions, les détails du sort de ces gosses abusés, dont l'enfance est foutue en l'air par l'inconséquence d'un système politique qui ne protège pas les enfants de la république des prédateurs !

Personne au monde ne peut supporter sur ses épaules les horreurs d'une société qui ferme les yeux pour avancer sans se soucier ni des victimes ni de celles et de ceux qui portent leurs voix !

 

La limite de l'être humain c'est d'être Humain !

 

 

Nos compartiments de vies sont autant de pages d'un livre dont les tomes sont autant de traumatismes traversés, Linda décrit ces traumatismes de vie, dont elle va faire des chapitres d'accomplissements personnels, malgré les épreuves et les blessures !

Faire corps ici c'est tenir ensemble face à la tempête de la haine et de la violence !

Faire corps ce sont ces hommes et ces femmes qui tiennent debout face aux mortiers d'artifice quand même leurs utilisateurs n'ont pas conscience des dangers qu'ils provoquent pour eux même tant que pour les policiers en face !

Trop jeune pour comprendre les enjeux pris dans l'effet de groupe, le tourbillon de la violence et de la haine qui ne vous permet pas de rentrer indemne de cette expérience d'un côté et de l'autre, aiguisée par les affrontements, la nature humaine fait grandir la défiance !

 

Dans ce livre elle nomme les imperfections, les douleurs du quotidien et les maux de nos corps en souffrance, de nos espoirs éperdus de liberté et de justice, mais aussi les fractures sociétales, celles qui d'hier à aujourd'hui prouvent que certains malgré les blessures de leurs parcours ne sombreront pas dans les chemins de la haine !

 

 

Il y avait Mélanie morte par devoir

Devoir de protection de la population

Devoir d'exemplarité

Devoir d'engagement

Quand au crépuscule de notre vie nous disons adieux à notre luxueuse bien-pensance pour ouvrir les yeux un jour particulier sur Bruno l'agent de la BRAV qui rigole mais aussi œuvre dans l'ombre pour protéger une société de son pire visage en donnant des conseils à cette jeune femme

Surtout "quand tu rentres, éloigne toi des tours et des portes" parce qu'il en a vu passer des victimes qui furent piégées dans les hall d' immeuble et ont été violées ..

Alors oui il rigole avec vous mais vous demande d'être prudente parce que voilà face à la violence une charge reste une charge et ils ne peuvent pas trier...des réalités factuelles !

Il y a le distinguo entre des violences volontaires ayant pour but de défouler les hommes et par définition illégitimes et celles utilisées pour mettre fin à des violences concrètes !

 

 

Les flics qui en crèvent c'est Éric Monroy, j'ai ici une pensée spéciale et affectueuse pour sa fille

Cette adolescente que j'ai vu s'approcher du cercueil de son père !

C'est Aurélie Fouquet, j'ai ici une pensée spéciale et pleine d'amour pour ses parents, pour qui la haine et la violence contre les policières et policiers est un coup de poignard dans le coeur face à la mémoire de leur défunte fille aux idéaux pourtant si digne !

C'est Xavier Jugelé, j'ai ici une pensée pleine d'humanité et d'espoir pour ce policier croisé lors d'une manifestation qui a expliqué être le collègue de ce CRS abattu sur les Champs Elysées.... en accomplissant son devoir.

 

Chacune de ces rencontres vous forge en tant que femme, en tant que reporter et vous oblige, non pas à fermer les yeux sur des violences illégitimes, bien au contraire, elles vous obligent à défendre celles et ceux qui font bien leur travail pour que celles et ceux qui salissent l'uniforme de leurs collègues ne nuisent pas une seconde de plus, non pas à l'image de la POLICE NATIONALE ou à celle de la GENDARMERIE NATIONALE, mais n'entache pas la mémoire héroïque de celles et ceux qui ont donné leurs vies en leur âme et conscience pour défendre, protéger, soutenir et faire grandir les valeurs de la France et l'esprit d'humanité.

 

Au travers des lignes de son livre on comprend les attentes d'hommes et de femmes de partout identiques entre citoyens, ils rêvent d'être des bons pères de famille, elles rêvent d'être des mères aimantes avant d'être des flics, mais flics c'est dans leurs gènes dans leurs sang, elles et ils veulent servir le peuple, cela fait d'eux la cible et des critiques et des assassins des valeurs républicaines

 

Parce que nous sommes à ce tournant démocratique qu'il faut expliquer la parabole la plus importante d'un monde où les hommes et les femmes ont besoin de centraliser les foudres des injustices sur du concret, alors je vais vous expliquer la mission d'un paratonnerre c'est celui qui par sa force et son emplacement se prendra la foudre si elle tombe, c'est la loi de la nature domptée par l'homme !

 

Et la loi de l'humanité c'est d'avoir des humains qui endossent ce rôle pour assumer les erreurs politiques, qu'elles soient nationales ou régionales, ce sont des hommes et des femmes qui vont être la soupape de sécurité d'un système démocratique contre lequel un peuple peut tout à fait légitimement se révolter mais en face d'eux se sont des citoyens juste des citoyens avec le rôle de protéger l'équilibre.... Fragile d'une démocratie.

 

Ces femmes et ces hommes prennent les coups et les insultes pour d'autres faits qui ne sont pas de leurs responsabilités directes...

 

Car enfin si votre coiffeur vous fait une coupe que vous n'aimez pas vous n'allez pas cracher sur tous les coiffeurs de France et de Navarre, vous garderez en tête avec justesse que c'est un métier de professionnel et qu'avec cette responsabilité il y en a quelques uns qui agissent mal mais pas la totalité, vous garderez en tête qu'on ne fait pas d'amalgame avec des situations uniques, même si vraiment celui là était nul, soyons honnêtes !

 

Il n'y a pas de démocratie sans sacrifice !

 

L'esprit de corps face aux erreurs commises par certains ne doit pas nous donner l'opportunité de croire que le silence et la surdité du problème le réglera mais bien au contraire nous obliger à prendre nos responsabilités et saisir les personnes ayant commis des erreurs et leur donner les leçons qui feront grandir l'homme, le citoyen et l'engagement de celui ci !

 

Qu'il soit policier mais aussi citoyen, parce que trop souvent on apprend que l'injure, l'insulte, ce n'est pas si grave, alors que si, à l'ère d'internet et du fléau du harcèlement on veut nous faire croire que la haine est une variable d'ajustement avec des victimes acceptables !

 

On veut se convaincre que le refus d'obtempérer, 1 toutes les 20 min mais auparavant 1 toutes les 30 minutes et qui tue des citoyens et des policiers et/ou gendarmes dans l'exercice de leurs fonctions, ce ne serait pas si grave ....quand vous traînez un corps sur 20 mètres c'est pas seulement grave non, c'est mortel et inhumain !

 

Donc il faut savoir se remettre en question en tant que citoyen sur nos devoirs pour réclamer des droits tout aussi légitimes soient-ils !

 

Certes il y a des injustices et face à elles notre droit et devoir est de lutter activement mais dans le respect et pas dans le refus d'obtempérer, par exemple !

 

Résister à la haine c'est défendre l'humanité avec dignité, elles et eux sont là pour vous défendre quand bien même vous leur crachez à la figure, ils et elles exposeront leurs vies pour défendre la votre, en cela notre seul pouvoir est de comprendre que citoyen sans uniforme, nous avons le devoir de regarder les citoyens portant un uniforme comme des ÊTRES HUMAINS décemment, de ne pas juger toute une profession, qu'elle a des valeurs, mais que ces hommes et ces femmes sont des mères, des filles, des pères, des frères et des fils, des cousins et que cette grande famille de l'humanité, c'est celle d'une nation toute entière, c'est celle des enfants de la république qui s'engagent pour majorité pour défendre et protéger les enfants de ce grand pays, mais qu'il existe un pouvoir politique qui trop souvent se fourvoie dans des mesures antidémocratiques voire totalement contraires à l'intérêt du peuple et du pays, en cela les responsabilités politiques sont purement politiques et seuls les hommes et femmes de pouvoir doivent être amenés à répondre de leurs actes, de leurs silences et de leurs décisions, y compris dans la hiérarchie des institutions !

 

Pour y résumer l'entrée dans ce monde à part qu'explique Linda Kebbab, il n'y a rien de facile, mais à coeur vaillant rien d'impossible, nous acceptons la mort comme nous prions pour que la vie l'emporte

 

Et la vie l'emporte ici... !

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