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George Floyd : 1 an après sa mort, la situation stagne aux Etats-Unis

Il y a 1 an, jour pour jour, l’afro-américain George Floyd mourait, étouffé sous le genou d’un policier blanc de Minneapolis. Un an plus tard, le sujet est au cœur de la politique américaine, et une volonté de changer les choses se dégage.

 

Sa mort avait choqué la terre entière, et déclenché un mouvement social de défense des droits de la communauté noire, rassemblé derrière les militants de Black Lives Matter. Le 25 mai 2020, George Floyd, habitant afro-américain de Minneapolis, mourrait étouffé sous le genou de Derek Chauvin, un policier blanc de la ville. La ville de Minneapolis à commémoré la mort de George Floyd ce dimanche, regroupant environ 1 500 personnes.

Un an après l'événement, le sujet de la situation de la communauté afro-américaine est plus que jamais un sujet de préoccupation des Américains, et du président Joe Biden. En théorie, une dynamique positive est en marche dans le pays, bien que celle-ci soit, en pratique, lente et progressive. Les morts récentes d'Andrew Brown et de Daunte Wright, deux hommes afro-américains non armés, illustrent parfaitement ce faux semblant de progrès. La journaliste et chercheuse à L'institut Français de Géopolitique, Charlotte Recoquillon, résumé la situation chez France Culture : « Aujourd'hui 24 mai, on compte déjà depuis le début de l'année 424 personnes tuées par la police, dont 28% de personnes noires - alors que la population noire Etats-Unis ne pèse que 13%. Cette disproportion continue donc, et les violences se perpétuent .. plus de mille personnes par an sont tuées par la police. »

 

Du symbolique mais pas de concret

Ce mardi 25 mai, le président des États-Unis Joe Biden reçoit à la Maison Blanche les proches de  George Floyd, comme un symbole de soutien du président et du pays. En réalité, ce soutien cache une défaite, sur le plan législatif, du président récemment élu. Joe Biden n’a pas réussi, comme il l’espérait, à faire voter un texte contre les violences policières.

Joe Biden a prononcé son tout premier discours devant le Congrès, entouré de la vice-présidente Kamala Harris et la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. © AFP / CHIP SOMODEVILLA

Lors de son premier grand discours devant le Congrès, fin avril, Joe Biden avait dressé le tableau d’une Amérique de nouveau debout, après une série de redoutables crises. C’est tout le système de l’institution policière que Joe Biden, devenu entre-temps président, avait promis de réformer, avec un vaste projet de réforme de la police portant le nom de George Floyd. Le texte, adopté par la Chambre des représentants, prévoit notamment l’interdiction des prises d’étranglement et vise à limiter la large immunité dont jouissent les policiers américains. Cette modification est le point de blocage, les républicains se posant en défenseurs des protections légales des forces de l’ordre. Le « George Floyd Justice in Policing Act » est toujours en débat au Sénat. « Il y a peu de chances pour l'instant que le Sénat vote le George Floyd Policing Act. C'est un sujet très partisan avec des clivages politiques très forts » juge Charlotte Recoquillon.
 

Des évolutions mineures

Marie-Cécile Naves, directrice de l'Observatoire Genre et Géopolitique à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), dresse un bilan très mitigé : « Les pratiques policières n'ont pas beaucoup évolué » et le sentiment d'impunité demeure. La police américaine est toujours « surarmée » et baigne encore dans « une culture héritée de l'époque de la ségrégation raciale ». 

Le procès de Derek Chauvin, le policier blanc qui a tué George Floyd, suscite de grands espoirs. Le 25 avril, le tribunal de Minneapolis a reconnu l'homme de 45 ans coupable de l'homicide involontaire de George Floyd. Mais Marie-Cécile Naves prévient : « Il s'agit du procès d'un homme, pas de celui du système entier. Réformer les structures du système policier et judiciaire va prendre beaucoup de temps. » 

L'avocat de la défense Eric Nelson (à gauche) et son client, l'ex-policier Derek Chauvin, écoutent les remarques du juge Peter Cahill le 11 mars 2021, lors du procès de Derek Chauvin, dans la ville de Minneapolis, au Minnesota. © Associated Press

Des avancées sont tout de même à signaler, à l'échelle locale. Les municipalités de Minneapolis et Seattle ont, par exemple, interdit le recours à la prise d'étranglement. La ville d'Austin réduit le budget de sa police, il représentait 40% de l'enveloppe budgétaire municipale.

 

L'opinion publique change

Le réel changement à noter concerne plutôt le positionnement de l'opinion publique américaine sur la question raciale. « Le clivage n'est pas aussi net qu'on pourrait le croire, » observe la chercheuse. « Certes, une partie de l'électorat conservateur ne comprend pas les violences policières. Mais la question des violences faites aux Noirs est devenue un enjeu électoral qui dépasse largement le cadre de la communauté afro-américaine ». Le sujet des violences policières est désormais sur le devant de la scène, et chaque interpellation houleuse, ou mort tragique d’un afros-américains est relayée par les médias. La classe politique, démocrate comme républicaine, ne peut plus donc plus l'ignorer. 

 

Antonin Albert

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