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La Ligue des Droits de L'Homme s'inquiète d'une éventuelle dérive autoritaire en France

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) s'est réunie en convention nationale annuelle le 19 juin 2021 dernier. A cette occasion, elle a dressé un bilan inquiétant du début de l'année 2021 marqué par la gestion de la pandémie de la Covid-19, la désagrégation de l’État, l'affaiblissement du fonctionnement démocratique (avant même les chiffres d'abstention record du premier tour des Régionales 2021) et les tensions sociales croissantes sur fond d’injustices et d’inégalités accrues; par exemple, le nombre d'allocataires du RSA a passé la barre des 2 millions (+4,8% en un an) et le nombre de chômeurs a augmenté de 6,3% (sources INSEE).

La Ligue alerte également sur un débat public délétère et de surenchère qui attise les passions irrationnelles, les violences et les divisions au sein de la société française notamment par une lecture dévoyée de la laïcité et l’enfermement des politiques dans les thèmes, les mots et les boucs émissaires de l’extrême droite.

La LDH s’alarme de réponses des pouvoirs publics toujours plus autoritaires et sécuritaires qui s’accompagnent d’une grave remise en cause de l’état de droit, du mépris des contre-pouvoirs institutionnels et civils comme des libertés publiques. Une avalanche de lois liberticides sont votées sans coup férir, au nom de la santé publique, de la lutte contre le terrorisme ou de l’insécurité, oubliant toute prévention ou action correctrice au fond des sujets en cause. Elles multiplient au contraire les mesures d’exception et les sanctions, déploient une surveillance généralisée et des contrôles banalisés de la population au risque d’arbitraire, de discrimination et de nouvelles tensions. La loi confortant le respect des principes de la République encore en discussion au Parlement (mais déjà durcie par le Sénat, très ancré à droite) en est le dernier avatar; elle vise en effet entre autres à mettre sous tutelle et à museler l’ensemble des associations avec un « Contrat d’engagement républicain », véritable acte de défiance envers des acteurs qui ont montré leur place essentielle de solidarité et de citoyenneté active durant la crise sanitaire — on pense aux associations qui sont venues au secours des étudiants précarisés.

Refusant ces impasses mortifères comme toute colère désespérée dans la perspective des échéances présidentielles de 2022, la LDH a rappelé son souhait de s’appuyer sur les mobilisations positives, notamment de la jeunesse, contre le racisme, les inégalités sociales et la précarité, celles en faveur des libertés, de la culture, de la défense des services publics, des biens communs et des enjeux climatiques pensés à l’échelle de l’humanité.

Elle concluait son communique de presse ainsi : "Dans sa vision universaliste et indivisible des droits, la LDH appelle à un sursaut démocratique et social avec toutes les forces syndicales et associatives volontaires pour travailler ensemble aux conditions d’un avenir apaisé répondant aux légitimes aspirations d’égalité réelle, de justice et de solidarité."

Alors, quel sursaut dimanche et dans les mois à venir ?...

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