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Les pays nordiques renouvellent leur domination en matière de liberté de la presse

Dans son rapport annuel intitulé Classement mondial de la liberté de la presse 2021, l’ONG Reporters Sans Frontières (RSF) a une nouvelle fois plébiscité les pays nordiques. De son côté la France stagne, alors que les situations problématiques se font de plus en plus nombreuses.

Comme l’explique très bien l’ONG elle-même, ce classement sert à rendre compte « de la situation de la liberté de la presse » à un instant précis. Cette photographie, « fondée sur une appréciation du pluralisme, de l’indépendance des médias, de la qualité du cadre légal et de la sécurité des journalistes dans ces pays et régions » n’est donc pas un classement des Etats les plus totalitaires ou réfractaires du monde, même si ces derniers ont leur part de responsabilité. De plus, l’étude ne représente pas non plus « un indicateur de la qualité de la production journalistique dans un pays. »

Carte représentative de la liberté de la presse en 2021. / Source image : RSF

Réalisée à l’aide d’un questionnaire en ligne de 87 questions, traduit en 20 langues et envoyés à des experts dont les réponses constitueront une partie du « score » obtenu par les différents pays (à noter que plus ce dernier est faible, meilleur il est). Un score qui évolue également en fonction du nombre de violences commises contre les journalistes sur la période prise en compte.

Une domination sans pareille

Respectivement placés 1ers (Norvège), 2es (Finlande), 3es (Suède), 4es (Danemark) et 16es (Islande) sur les 180 pays évalués par l’ONG cette année, les pays nordiques ont une nouvelle fois maintenu leur domination de ce classement. Forts de certains de leur score en baisse par rapport à l’année précédente, ces derniers s’érigent une fois encore en exemple à suivre en termes de liberté de la presse. Également tous placés parmi les huit premiers au classement des pays les plus heureux du monde, les pays nordiques continuent donc d'impressionner le reste du monde de la qualité de vie qu'on leur gratifie.

La Norvège, première du classement depuis plusieurs années maintenant, a pourtant dû faire face à de nombreux changements sur la dernière année. Avec la pandémie, les relations entre journalistes et gouvernement ont été mises à rude épreuve avec par exemple le renforcement de la confidentialité de nombreuses informations, qui plus est avec l’augmentation des réunions à distance, qui empêchaient d’une certaine façon le principe d’accès du public à l’information.

Aftenposten est le deuxième journal le plus important de Norvège en nombre de tirages. / Source image : Courrier International

De plus, une loi sur la responsabilité des médias est rentrée en vigueur cette année. Présentée comme la plus importante depuis des années pour les rédacteurs en chef norvégiens, cette dernière précise à la fois leur responsabilité et leur liberté. Toutefois, encore trop récente, elle s'est révélée jusqu'à présent fragmentaire et confuse, du fait de la dispersion du cadre juridique. Malgré tout, si tous ces éléments ont pu être vivement critiqués par la presse norvégienne, le pays reste au plus haut niveau mondial en matière de démocratie et de liberté d’expression.

Les réseaux sociaux, l’unique obstacle

En Finlande, ainsi qu’en Suède, les principaux problèmes rencontrés par les médias restent les réseaux sociaux. Dans ces deux pays, les journalistes se trouvent être la cible de menaces et de haine. En Finlande, le gouvernement a récemment proposé une loi qui pourrait permettre de mieux protéger les médias de cela, même si la réussite d’un tel projet semble utopique. En Suède, ce sont des problèmes d’ordres financiers qui sont venus jouer les trouble-fête puisqu’au cours de la dernière année, la perte de revenus publicitaires a entraîné des difficultés pour plusieurs médias, et les subventions publiques ont plus que doublé.

La pandémie quant à elle, a eu des conséquences négatives sur le principe suédois d’ouverture, les autorités ayant empêché les médias de consulter les documents publics concernant la Covid-19. En Finlande, cette dernière a également posé problème puisque certaines rédactions ont dû se séparer de collaborateurs en raison des problèmes économiques du pays, et les journalistes freelances peinent à poursuivre leur activité. Enfin, cette pandémie n’a pas eu que des impacts négatifs car les Finlandais ont augmenté leur confiance aux principaux médias du pays en période pandémique, tandis qu’en Suède les habitants ont salué un journalisme factuel et pertinent, avouant avoir accru leur intérêt pour l’actualité.

Une situation stable

Du côté du Danemark et de l’Islande c’est la stagnation qui est de mise puisque les deux pays n’ont eu que très peu d’événements importants à déclarer sur cette année 2020 en rapport avec le journalisme. La pandémie n’a pas entraîné de conséquences majeures sur la presse et la population continue à accorder leur confiance aux médias.

Jyllands-Posten est l'un des principaux quotidiens danois. Il s'est fait connaître à l'International le 30 septembre 2005 lorsqu'il publia 12 caricatures de Mahomet. Un évènement qui sera le point de départ d'une crise bien connue en France... / Source image : Kiosko.net

Il est peut-être simplement important de préciser qu’au Danemark, une discussion est en cours au sein des médias danois qui aimeraient mettre en place un « code de conduite » garantissant une éthique dans ce domaine tandis qu’en Islande, c’est une nouvelle loi sur le financement des médias qui pourrait bientôt arriver, ces derniers n’étant pas assez aidés par la législation.

Arsène Gay

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