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Procès de Valérie Bacot : sa personnalité analysée

Valérie Bacot a tué son mari qui la battait et la prostituait d’une balle dans la nuque en mars 2016. Aujourd’hui était étudié son profil psychologique, alors qu’elle comparait pour meurtre. Pour le psychiatre Denis Prieur, “Valérie Bacot est une femme qui parle facilement de ce qu’elle a vécu mais de manière plaintive." Elle n’aurait aucune pathologie psychologique mais des "carences éducatives et affectives. Les mécanismes de base de la fondation de sa personnalité n'existent pas.” Elle ne ferait pas de distinction entre les générations du fait de son premier viol, perpétré par son beau-père 25 ans plus âgé. Elle ne ferait pas non plus la différence entre danger et protection, vie et mort. Le médecin pense également que si Valérie avait tenté de fuir son mari abusif, les violences auraient augmenté.Il était le tyran domestique qui incarnait une toute puissance, ayant droit de vie et de mort sur son entourage.” Il était impossible pour elle d’appeler à l’aide : “son libre-arbitre est réduit à néant. Dans sa pensée, elle n’est pas seule. Son mari est toujours présent. L’emprise est permanente. L’injonction persiste.” Alors pourquoi ce geste envers son mari, qui avait demandé à Valérie comment leur fille de 14 était “sexuellement” ? “De mon expérience, c'est toujours la projection de la propre souffrance de la mère adulte sur l'enfant qui lui permet de sortir de l'engrenage dans lequel elle est enfermée.” Il ne recommande pas d’injonctions de soins pour Valérie, qui ne représenterait pas un danger pour la société.


La psychologue Laurence François appuie ce diagnostic, ajoutant qu’on “exclut les plaintes de par la fragilisation. Elle savait très bien ce qui allait se passer. Les moyens de défense étaient réduits. Elle s'est habituée très tôt à subir. Progressivement, elle se fragilise mais s'endurcit en même temps. Il faut bien supporter les maltraitances.” Elle explique le geste de Valérie ainsi : “il y a eu une tension interne telle, que Madame Bacot a réagi comme pour sauver sa peau à ce moment-là. Il y a eu un tel mouvement de panique qu'il n'y a pas de réflexion avant d'agir.” La psychologue ajoute que Valérie serait victime du syndrome de Stockholm : “Elle a dû s'accrocher à de très rares moments d'apaisement pour tenir. Cela correspond à une forme d'auto-défense pour ne pas mourir. On trouve un compromis d’acceptation pour ne pas vivre quelque chose de pire que ce qu’on a déjà subi.”

Maud Baheng Daizey

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