Rubrique
Actualités

Sciences Porcs : de quoi s'agit-il ?

Depuis le début du mois de février, un nouveau hashtag a fait son apparition sur les réseaux sociaux. Dénonciateur de graves problèmes de sécurité dans les hautes écoles françaises, le hashtag SciencesPorcs a pris une ampleur considérable et jusque là insoupçonnée.

Les origines du mouvement

C'est à Toulouse que Juliette, une étudiante de l'Institut d'études politiques a porté plainte pour viol, des faits remontant à 2018. Elle raconte également, dans une lettre ouverte, comment son agresseur, se sentant tout-puissant, n'a pas tenu compte de ses refus répétés. Le cas pourrait être isolé, mais un tout autre scénario se dessine. Les langues se délient, d'autres femmes osent prendre la parole et le mouvement devient national. Bordeaux, Aix, Lille, Paris, Lyon, Grenoble, Rennes, Strasbourg, Saint-Germain-en-Laye, toutes les écoles Sciences-Po de ces villes sont l'affreux théâtre d'ignobles agissements.

Les témoignages

Pas moins de 150 témoignages, d'après Le Point, rien qu'à l'IEP de Bordeaux. Le chiffre fait froid dans le dos. Tous dénoncent des violences subies par les jeunes étudiantes dans un climat banalisé de sexisme, d'humiliations publiques et d'agressions sexuelles en tous genres. Anna Toumazoff, ex-étudiante à l'IEP de Toulouse et à l'origine du hashtag avec Juliette, affirme dans son tweet du 8 février : « Les écoles Sciences Po couvrent les violeurs, font taire les victimes … ».

Dès lors, les témoignages glaçants affluent, relayés, entre autres, par la page Instagram « Mauvais genre ». Zoé Faucher, étudiante en 3ème année à Sciences Po Lille, évoque avec regret, dans la Voix du Nord, sa première année de harcèlement sexuel, qui l'a conduite à une abyssale détresse psychologique. Charles, un étudiant de la même école, affirme que le bizutage est monnaie courante lorsqu'on arrive en première année : « Les plus grands prennent l'ascendant. Cela favorise les comportements déviants ».

La loi du silence

Alors que de nombreux étudiants sont pointés du doigt, un point commun émerge de tous les récits des victimes : les institutions ont fait la sourde oreille. « A Sciences Po Aix, on a des cas comme ça. Des profs qui agressent sexuellement des étudiantes en soirée. Quand l'administration est prévenue, ils décident de le muter », affirme une étudiante de cette école, dans une interview donnée à France 3 PACA.

Un article de 2017, paru sur le site d'informations Rue89 Strasbourg, révélait déjà une affaire similaire se déroulant à Sciences Po Strasbourg. Une quarantaine de témoignages à l'époque, dénonçaient les propos sexistes discriminants d'un professeur. La direction de l'établissement l'écarta de l'enseignement, prétextant une longue maladie, et l'affaire s'arrêta là.

Alors, vers qui les victimes peuvent-elles se tourner si ces prestigieuses écoles, soucieuses de préserver leur belle image, refusent de saisir la justice et de punir les coupables ?

Quelles conséquences ?

Les associations fleurissent sur les campus, recueillant des témoignages, accompagnant les étudiantes dans leur démarche et réclamant plus de transparence dans le traitement des plaintes. La justice, enfin saisie, ouvre des enquêtes. Des services d'écoute sont mis en place par les écoles. Mais n'est-ce pas trop tard ? Les victimes, abandonnées par les institutions, ne leur accordent plus confiance.

Les administrations des écoles visées réagissaient sur les réseaux sociaux assurant prendre très au sérieux les accusations des violences et en mettant en place rapidement des plans de lutte, de formation et de prévention. Les étudiants demandent des changements profonds et dénoncent la culture sexiste des établissements qui a permis toutes ces violences. 

Bien que ciblé sur les IEP, #SciencesPorcs reste dans la même veine que #metoo et #balancetonporc, et contribue à lever l'omerta qui règne en maître sur les agressions sexuelles. Beaucoup de personnalités politiques ont par ailleurs réagit en soutien des victimes. 

 

Application Mobile

Téléchargez Encrage Media sur votre mobile pour ne pas manquer nos dernières publications !

Commentaires

Nicole (non vérifié) , jeu 11/03/2021 à 14h55
Vivement que ça change ! Hashtag #SciencesPorcs, hashtag #metoo,... Combien d'autres on aura encore ???
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.