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Une délégation inuit réclame un prêtre français dans le cadre d’affaires d’abus sexuels

Une délégation inuit a débarqué aujourd’hui du Canada et restera en France jusqu’au 15 septembre. Elle a pour objectif de faire pression sur le gouvernement pour la remise d’un ancien prêtre français, Johannes Rivoires, accusé au Canada d’abus sexuels entre 1960 et 1970.

Des milliers d’autochtones victimes

Nunavut Tunngavik est une structure chargée de répertorier et faire remonter les plaintes et accusations d’abus sexuels des Inuits de la région de Nunavut et d’être leur porte-voix. Elle traque à travers le monde les prêtres et laïcs vivants au Canada au siècle dernier et accusés de pédophilie, la raison de la présence de la délégation sur le sol français aujourd’hui. Sa présidente Aluki Kotierk va tenter de rencontrer l’ancien prêtre, déclaré fugitif au Canada, et de pousser le président Emmanuel Macron, la Première ministre Elisabeth Borne et le Garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti à l’arrêter. “Une décision sur l’extradition de l’ex-prêtre est attendue de la part du ministre de la Justice français, Éric Dupond-Moretti, et que la pression du public français pourrait aider la cause. Nous n’avons pas beaucoup de temps, car M. Rivoire est très âgé”, détaille Nadia Debbac, avocate mandatée par l’organisme.

Une procédure d’extradition peu probable

Parmi les membres de la délégation figurent des victimes de Johannes Rivoire, notamment Steve Mapsalak qui avait été enlevé et placé de force dans l’un des nombreux pensionnats catholiques canadiens. En 1960, Johannes Rivoire l’aurait molesté et abusé de lui alors qu’il venait d’arriver au Canada. Il ne reviendra en France qu’en 1993 et un premier mandat d’arrêt canadien est émis en 1998. D’autres membres sont également victimes mais pas du prêtre français. Aujourd’hui âgé de 92 ans et vivant à Lyon, Johannes Rivoire nie les multiples accusations à son égard et refuse de se rendre au Canada. La France et le Canada n’étant pas obligés d’extrader leurs ressortissants réciproques, la délégation devra convaincre l’Elysée d’entamer une procédure d’extradition.

Maud Baheng Daizey

 

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