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Point de vue

Arsenal, début d'une nouvelle ère ?

Un an pratiquement jour pour jour après cette chronique : https://www.encrage.media/sport/qui-peut-sauver-le-soldat-arsenal-1608936692, qui illustrait les grandes difficultés des pensionnaires de l’Emirates Stadium à surmonter la période post-Wenger, on peut dire qu’aujourd’hui, le ciel londonien s’est quelque peu dégagé. 

Le redressement des Gunners

 

Est-on sur le point de retrouver le vrai Arsenal ? Les canonniers ont apparemment retrouvé la poudre et ne sont plus en danger au classement. Mieux : avant le traditionnel Boxing Day - un temps menacé en raison de l’explosion des cas de covid au sein de l’élite anglaise et finalement maintenu - les Gunners refont leur apparition dans le Top 4. Inespéré par rapport à la situation de l’an dernier où à la veille de se frotter aux Blues, Arsenal venait de s’incliner sur la pelouse des Toffees d’Everton et commençait sérieusement à s’enfoncer dans les tréfonds de la Premier League. La victoire acquise face aux hommes de Franck Lampard ce fameux 26 décembre 2020 (3-1) avait sauvé la tête d’un Mikel Arteta sans réelle inspiration mais se montrant optimiste malgré tout, multipliant les signes d’encouragements à ses joueurs. Aujourd’hui, on peut dire que les événements ont donné raison au technicien espagnol.

Un mercato réussi et des choix forts

 

Depuis cette période compliquée, l’effectif a été remodelé dans les grandes largeurs : entre les départs des anciens, les quelques prêts de jeunes de l’académie et surtout le départ forcé de Mesut Ozil, le board des Gunners a décidé de faire peau neuve. Terminé les transferts onéreux des Top Players façon Alexis Sanchez ou justement de l’ex international allemand, et bonjour la nouvelle génération. Du new-look pour repartir sur de nouvelles bases. Aaron Ramsdale (23 ans), Emil Smith Rowe (21), Bukayo Saka (20) et Kieran Tierney (24), considérés par les tabloïds comme les nouveaux “Wonderkids”. 

Quatre noms faisant partie intégrante des plans d’Arteta. Le premier, qui a coûté 28 millions d'euros en provenance de Sheffield United, a gagné ses galons de titulaire dans les cages. Le second, de retour de prêt en juillet de Huddersfield Town, joue le rôle de joker de luxe et les deux autres sont titulaires indiscutables, incarnant clairement l’avenir du club.

Seulement, il est de bon ton de temporiser : les exemples Theo Walcott et Kieran Gibbs sont là pour nous rappeler qu’il ne vaut mieux pas s’enflammer tout de suite. Au rayon des bonnes surprises, Martin Odegaard, transfuge du Real Madrid pour la rondelette somme de 35 millions, a fait son trou dans le onze type malgré les doutes qui accompagnaient sa venue. On peut également citer Takehiro Tomiyasu, arrivant de Bologne, qui a snobé cet été les Spurs de Tottenham pour venir s’installer sur le flanc droit des Gunners, séduit par la philosophie de jeu d’Arteta. Pour le jeune nippon, la direction londonienne a dépensé une petite vingtaine de millions d'euros.

Sans oublier Benjamin White, défenseur rugueux de Brighton, pour ce qui est la plus grosse dépense du club sur le marché (58M€).

Au total, ce sont près de cent-vingt millions investis par les Gunners afin de renforcer un effectif qui en avait bien besoin. Arsenal suit donc la logique des grandes écuries européennes depuis quelques saisons, à savoir un investissement massif sur plusieurs jeunes pépites de façon à rebâtir un collectif sur le long terme. Au-delà de cela, le coach ibère doit surtout le maintien de son poste par rapport aux choix qu’il a effectués. Le cas Pierre-Emerick Aubameyang en est la parfaite illustration. Sa récente mise à l'écart du groupe professionnel dûe au non-respect du protocole covid drastique imposé par le club fait de lui aujourd’hui un joueur plus que jamais sur le départ.

Encore trop tendre pour rivaliser avec le Big 3

 

Si la progression est réelle depuis ces derniers mois, tout n’est évidemment pas parfait. La défaite cinglante à City en début de saison (0-5) avait montré l'étendue du travail restant à accomplir. Le récent déplacement à Old Trafford, le mois dernier, s’est soldé par un revers moins lourd (3-2), mais le doublé d’un certain Cristiano Ronaldo a eu le don de révéler les limites récurrentes que le club du Nord de Londres affiche depuis plusieurs années. Car aussi incroyablement réussi que fut ce mercato estival, sans aucun doute le meilleur depuis des années, il manque toujours à cet Arsenal-là un joueur d’expérience capable de gérer les temps faibles, calmer la fougue des plus jeunes et instaurer une plus grande rigueur défensive. Il manque donc toujours ce relais si précieux à l'entraîneur. Si on regarde le haut du classement, les Citizens de Guardiola, le Liverpool de Klopp et le Chelsea de Tuchel sont tous pourvus de patrons sur le rectangle vert, évoluent dans une autre dimension et il sera bien compliqué pour les Gunners d’aller chercher le podium cette saison. Comme la hiérarchie de la Premier League s’avère tronquée en raison du report de plusieurs rencontres, il faudra attendre les prochaines semaines pour avoir une idée plus nette de la position des protégés d’Arteta, mais personne ne viendra se plaindre si les blancs arrivent à boucler l’exercice 2021-2022 parmi les quatre premiers.

L’ambiance retrouvée de l’Emirates

 

Autre paramètre qui souligne le renouveau des Gunners : son public et son stade, évidemment. Comment oublier le douzième homme… Cette saison, le stade du quartier de Highbury and Islington chante, gronde et applaudit sans cesse son équipe. Beaucoup savent, habitués ou non, que ce ne fut pas toujours le cas. Public exigeant, fin connaisseur et parfois légèrement capricieux, mais surtout silencieux à tel point que le surnom péjoratif de "bibliothèque" lui fut attribué. Il fait place aujourd’hui à une ambiance plus chaleureuse. Peut-être les supporters légendaires du club se sont-ils aperçus du changement de cap de leur club favori ? Plusieurs arguments pourront être avancés par les différents médias, il n’empêche le stade inauguré en octobre 2006 par le Prince Philip n’a jamais été aussi bruyant et les bons résultats des Gunners n’y sont sûrement pas étrangers. Arsenal a donc repris des couleurs et c’est une excellente nouvelle pour les amoureux du beau jeu et du football anglais plus généralement.

 

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