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Bilbao, l’ovni basque

Pas grand monde aurait misé sur eux, mais c’est bien « l’Atleti » qui a soulevé la Supercoupe d’Espagne, dimanche soir dernier au Stade Olympique de Séville.

A l’issue d’un match à rebondissements, les Basques ont fini par l’emporter, faisant la différence en prolongations sur une sublime frappe de Inaki Williams.

Barcelone, logique favori et emmené par son génie argentin Lionel Messi, n’a pas su tenir à cause d’une défense fébrile qui aura cédé par trois fois, dont une sur un coup franc de Iker Muniain reprit victorieusement par Asier Villalibre qui a envoyé les basques disputer trente minutes supplémentaires.

Douchés, les catalans ont pourtant mené dans ce match par Antoine Griezmann (auteur d’un doublé), mais n’ont jamais su conserver le score et ont même perdu leur numéro 10 en toute fin de match, expulsé pour un geste d’antijeu.

L’Atleti, qui avait battu le Real Madrid en demi-finale, accroche donc à son palmarès la troisième Supercoupe d’Espagne de son histoire, six ans après sa dernière victoire, déjà face au FC Barcelone à l’époque.

 

Bilbao, l’exception à la règle

 

Alors que l’Europe du football vit sous le joug d’une guerre géostratégique entre les Emirats et le Qatar, avec autour de ça divers entrepreneurs et investisseurs, s’il y a un club qui se détache, c’est bien l’Athletic Bilbao. Le club basque, voisin de la Real Sociedad, fondé par des anglais à la fin des années 1800, jouit aujourd’hui d’un statut très particulier et même exceptionnel : celui d’avoir su cultiver sa tradition malgré l’arrivée massive de la mondialisation.

En effet, au vu de sa politique nationaliste, le club mise depuis très longtemps sur son vivier local pour alimenter son centre de formation et ensuite l’équipe première.

Le mot d’ordre est clair : il faut impérativement être natif de Bilbao, de sa région ou avoir des racines basques pour espérer percer.

Sur ce dernier point, on peut citer le défenseur français Aymeric Laporte, arrivé à 15 ans en provenance du club de l’Aviron Bayonnais dont le grand-père est d’origine basque.

Par le passé, un autre défenseur, l’ancien champion du Monde Bixente Lizarazu a porté le maillot Rojiblanco, entre 1996 et 1997.

Aujourd’hui, il n’y a gère qu’un seul joueur étranger à évoluer a l’Athletic : il s’agit de l’international bosnien Kenan Kodro, cependant né au Pays Basque…

Toujours chez les français, l’ancien entraineur du Paris SG, Luis Fernandez, a passé quatre saisons sur le banc entre 1996 et 2000 sans remporter de trophée mais en terminant deuxième de l’édition de la Liga 1997-1998.

S’il en garde un bon souvenir, il relève que « le pouvoir de l’institution prend le dessus sur le palmarès du club. »

L’ancien coach du FC Nantes, Raynald Denoueix – passé par la Real Sociedad entre 2002 et 2004, ne dit pas le contraire - « Quand je suis arrivé ici, on m’a clairement fait comprendre que le Pays Basque, ce n’était pas l’Espagne » .

Jérémy Lequatre-Garat, spécialiste du football basque, continue : « Quand on porte le maillot, on ne représente pas uniquement Bilbao. C’est pour ça qu’on ne dit pas le nom de la ville quand on parle du club. On représente le Pays basque dans son ensemble. C’est une fierté d’y jouer. »

C’est ainsi que malgré les années et une société capitaliste bien ancrée, les Rojiblancos ont su préserver leur idéologie et surtout conserver ses meilleurs éléments dont l’attaquant Iker Muniain et le milieu Oscar De Marcos, formés au club et éléments indispensables de l’effectif mais également Inaki Williams, dont le contrat a été prolongé jusqu’en 2028.

Ainsi, les dirigeants de l’Atleti se donnent corps et âme pour conserver leurs meilleurs joueurs, de façon a continuer à exister au plus haut niveau du football espagnol.

Petite anecdote : Bilbao n’est jamais descendu en deuxième division.

C’est le fruit d’un travail de longue haleine et cela se révèle être le plus grand trophée de l’équipe à l’heure actuelle.

En plus de celui glané dimanche soir, qui a généré un feu d’artifice dans la ville basque, précédé d’un concert organisé par les joueurs eux-mêmes et diffusé en direct sur la chaîne de télévision locale Euskal Irrati Telebista, tout cela malgré la pandémie.

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